Morte la peinture ? -Billet n° 524

Dans les années 1960 / 1970, un grand nombre de peintres abstraits se sentirent obligés d’arrêter de peindre. Déjà dans les années 1950 des artistes peignent sans pinceaux. Notamment le dripping = le pouring = le Pulling = le scraping = le body printing =

Bien plus tôt en 1839, le peintre Paul Delaroche 1797-1856 en découvrant les premiers daguerréotypes, déclara  » : « A partir d’aujourd’hui, la peinture est morte «  Il fut vite démenti et au contraire l’art pictural explosa dans tous les sens.

Ce qui motive les peintres de chevalet il y a des raisons sociologiques et politiques : Mai 68, la guerre du Vietnam, la société de consommation, évolution du marché de l’art. Certains appartiennent au mouvement du Auto-destructive art .Cette attitude doit aussi à l’apparition de nouveaux modes d’expression : installations, performances, body art, land art, interactivité, l’art conceptuel . De peinture il ne resta alors que le minimalisme monochrome.

De nombreux peintres au cours de cette décennie brisèrent leurs pinceaux . Parmi les artistes qui cessèrent de peindre ou modifièrent leur approche il y a notamment :
Martin Barré= Pierre Buraglio = Daniel Buren= Marcia Hafif =John Latham =Lee Lozano, =Agnès Martin = Fabio Mauri =Gustav Metzger = Olivier Mosset= Hélio Oiticica = Michel Parmentier= Charlotte Posenenske (+) = Martial Raysse =Ad Reinhardt =Eugen Schönebeck =Niele Toroni

Mais comme le phénix la peinture renait à l’orée des années 1980. Rétrospectivement Antoine Perrot s’est posé, à propos de Steven Parrino, la question « Peindre après la mort de la peinture » de même Le critique d’art Jason Farago se demande si « Is painting dead  » La réponse est non : elle connait maintenant un renouveau majeur.

Des artistes déjà cités repeignent comme Martin Barré = Pierre Buraglio (+) =Marcia Hafif= Agnès Martin = Fabio Mauri= Martial Raysse. C’est aussi l’arrivée dans les années 1980 de la Figuration libre en France = du bad-painting notamment de Jean-Michel Basquiat = des Neue Wilde en Allemagne et Autriche.

En 2007 le Centre Pompidou s’est posé la question « Où en est la peinture ? »
En 2008, à la Chapelle de la Visitation de Thonon est présentée  » Les années 1980 « un renouveau du paysage artistique français » en présentant des œuvres de Jean-Michel Alberola = Jean-Charles Blais = François Boisrond =Etienne Bossut = Gérard Collin-Thiébaut = Robert Combas= Hervé Di Rosa = Philippe Favier = Gérard Garouste = Jean-Pierre Giard = Patrice Giorda = Christian Lhopital = Georges Rousse = Jean-Marc Scanreigh= Gérard Traquan

En fin 2014 début -2015 le MoMa a présenté Forever Now , l’oeuvre peinte de 17 artistes : Richard Aldrich = Joe Bradley = Kerstin Brätsch = Matt Connors = Michaela Eichwald = Nicole Eisenman (+) Mark Grotjahn = Charline von Heyl = Rashid Johnson = Julie Mehretu = Dianna Molzan = Oscar Murillo = Laura Owens = Amy Sillman = Josh Smith = Mary Weatherford = Michael Williams.

Récemment le Mudam – Musée d’Art Contemporain du Luxembourg a proposé « Peintures des années 1980-1990″ Faisaient partie de la sélection du Mudam : Helmut Federle = Günther Förg = Bernard Frize = General Idea = Tina Gillen = Guillermo Kuitca = Jonathan Lasker = Michel Majerus =Albert Oehlen = Fiona Rae = Julian Schnabel = Juan Uslé

Bien qu’elle ne soit plus le seul moyen d’expression des artistes, force est de constater que « la peinture n’est pas morte » Le philosophe Patrick Vauday nous l’annonce « La peinture ne revient pas, elle devient » La peinture revient en force constatait en 2005 le Courrier international alors que Charles Saatchi revend ses installations pour acheter des tableaux + et un article d’ Encyclopaedia Britanica titré “return to painting”

Hervé Di Rosa
Jean-Michel-Meurice_Ludius-1_1984
Jean-Michel Basquiat, – Untitled +- 1982,
Robert Combas
Gérard Garouste
François Boidond
Joe Bradley
Laura Owens – Untitled