Les mouvements artistiques de 1800 à aujourd'hui +Les arts visuels depuis l'Antiquité jusqu'à l'orée du 19ème siècle.LesTechniques, manifestations, artistes, biographies, répertoires , carnets de liens + et bien d'autres choses
Le numéro 185 du magasine Pratique des Arts est disponible.Il débute avec la vie artistiques dans les expos, salons et musée en France et au-delà Suit un reportage exclusif de 8 pages, de Alexandre de Broca, fils de Marthe Keller,, ‘Cela ouvre des portes),dans les coulisses de la Comédie-Française.
Au XIXᵉ siècle, alors que l’Europe occidentale associe le romantisme à la ruine, au sublime alpin ou aux tempêtes maritimes, la Russie développe une vision singulière du paysage. Immense, contrasté, souvent hostile, le territoire russe devient un miroir moral et spirituel. Chez les peintres paysagistes romantiques russes, la nature n’est pas un simple décor : elle est mémoire, mélancolie, promesse, parfois même personnage.
Le romantisme pictural russe émerge plus tardivement qu’en France ou en Allemagne, principalement entre les années 1830 et 1870. Il se nourrit de plusieurs influences : le paysage classique hérité de l’Académie impériale, la peinture allemande (notamment Caspar David Friedrich), et la littérature russe, marquée par Pouchkine, Lermontov ou Gogol.
Mais à la différence du romantisme occidental, souvent centré sur l’individu face à la nature, le romantisme russe inscrit le paysage dans une conscience collective. La steppe, la forêt, la rivière ou la neige ne parlent pas seulement du moi intérieur : ils évoquent l’âme nationale, le temps long, la destinée historique.
Longtemps restée dans l’ombre des grandes écoles française, anglaise ou allemande, la peinture de paysage romantique espagnole occupe pourtant une place singulière dans l’histoire de l’art du XIXᵉ siècle. Elle se développe à la croisée de plusieurs tensions : héritage du Siècle d’or, traumatisme de la guerre d’Indépendance contre Napoléon, redécouverte du territoire national et dialogue intense avec les courants européens. Le paysage y devient un espace chargé d’émotion, de mémoire et parfois de mélancolie politique.
En Espagne, le romantisme pictural s’affirme plus tardivement que dans le nord de l’Europe, principalement à partir des années 1830–1840. Cette temporalité décalée n’est pas un simple retard : elle reflète une situation historique spécifique, marquée par l’instabilité politique, l’exil de nombreux artistes et la lente modernisation des institutions artistiques.
Le paysage romantique espagnol se nourrit d’une double source. D’un côté, l’influence étrangère — notamment britannique et française — introduit une vision du paysage comme expérience sensible et subjective. De l’autre, les peintres espagnols puisent dans leur propre territoire : montagnes arides, plaines castillanes, ruines médiévales, monastères isolés et sites chargés d’histoire deviennent des motifs privilégiés.
Un trait distinctif du romantisme paysagiste espagnol réside dans l’importance accordée à la ruine et au paysage historique. Là où les romantiques allemands méditent sur l’infini et la spiritualité, les Espagnols inscrivent souvent la mélancolie dans une temporalité nationale.
Les ruines gothiques ou islamiques ne sont pas de simples motifs décoratifs : elles incarnent la stratification culturelle de l’Espagne et les fractures de son histoire. Cette sensibilité rejoint celle des voyageurs romantiques étrangers — écrivains et artistes fascinés par l’Espagne — mais elle est ici vécue de l’intérieur.
Le romantisme allemand, qui s’épanouit entre la fin du XVIIIᵉ siècle et le milieu du XIXᵉ, accorde au paysage une place centrale et inédite. Loin d’être un simple décor, la nature devient un miroir de l’âme, un espace de méditation métaphysique et un lieu de confrontation avec l’infini. Chez les peintres paysagistes romantiques allemands, le paysage est chargé d’émotions, de symboles et de silence : il est une expérience intérieure autant qu’une vision du monde.
Le romantisme allemand naît dans un climat intellectuel marqué par la philosophie idéaliste (Kant, Fichte, Schelling), la redécouverte du Moyen Âge, la poésie de Goethe et de Novalis, et une réaction contre le rationalisme des Lumières. La nature y est perçue comme un organisme vivant, traversé par une dimension spirituelle.
Contrairement à la tradition classique, qui privilégiait un paysage ordonné et souvent idéalisé, les artistes romantiques allemands s’attachent à des sites sauvages, solitaires, parfois inquiétants : forêts profondes, montagnes escarpées, ruines envahies par la végétation, mers brumeuses. Le paysage devient l’espace du sublime, au sens philosophique : ce qui dépasse l’homme, l’élève et l’angoisse à la fois.
Philipp Otto Runge = Paysage forestier avec rivière Carl Gustave Carus -Matin brumeux-+Johan_Christian_Dahl_-Danish_Winter_Landscape_with_Dolmen-_Ernst Ferdinand Oehme – Procession in the fogCarl Blechen – Paysage de dunes
Adrian Ludwig Richter -Un berger et ses moutons
Johann Martin von Rohden – Italian Landscape Christian Friedrich Gille – Paysage en Suisse
Au tournant du XIXe siècle, la Grande-Bretagne occupe une place centrale dans le renouveau de la peinture de paysage en Europe, dans un contexte pleinement marqué par la sensibilité romantique. Longtemps considérée comme un genre mineur, cantonné à l’arrière-plan ou à la topographie descriptive, la représentation du paysage devient alors un champ d’expérimentation esthétique majeur. Les peintres britanniques du début du XIXe siècle transforment la nature en véritable sujet artistique, porteur d’émotion, de mémoire et de réflexion sur le monde moderne.
Plusieurs facteurs expliquent cet essor spectaculaire du paysage en Grande-Bretagne. D’une part, la Révolution industrielle bouleverse profondément les territoires, les modes de vie et les rapports à la nature. Face à l’urbanisation rapide et à la mécanisation, le paysage devient un lieu de refuge imaginaire, un espace de contemplation et parfois de résistance symbolique.Le paysage n’est plus seulement observé : il est vécu, ressenti, interprété. Enfin, la tradition de l’aquarelle et du dessin sur le motif, très développée en Grande-Bretagne, favorise une observation directe du réel et une grande liberté d’exécution.
Le paysage britannique du début du XIXe siècle ne se contente pas de refléter son époque : il en façonne durablement l’imaginaire visuel. En affirmant la valeur expressive du paysage ordinaire, en explorant les effets atmosphériques et en revendiquant une subjectivité assumée, ces peintres ouvrent la voie à des évolutions majeures de l’art européen.
William Turner – Storm at the Mouth of the Grand Canal, Venice,Thomas Girtin – Kirkstall Abbey, YorkshireJohn Sell Cotman – Mountainous Landscape, North WalesPeter DE Wint – LandscapeAnthony_Vandyke-Copley- Fielding – Richmond Hill
Au début du XIXᵉ siècle, le paysage cesse progressivement d’être un simple décor. Il devient un espace de projection intérieure, un lieu où se mêlent la contemplation, l’inquiétude, l’élan spirituel et parfois la solitude. En France, le romantisme transforme en profondeur la peinture de paysage : la nature n’y est plus ordonnée selon des règles héritées du classicisme, mais ressentie, vécue, traversée par l’émotion humaine.
Les paysagistes romantiques français s’inscrivent en réaction contre le paysage académique des siècles précédents, dominé par l’idéalisation à la manière de Claude Lorrain ou de Poussin. Là où le paysage classique proposait une nature stable, harmonieuse et intemporelle, le romantisme introduit le mouvement, l’instabilité et le sublime.
La nature devient changeante, parfois menaçante. Les ciels se chargent de nuages, les arbres se tordent sous le vent, les montagnes et les forêts imposent leur grandeur silencieuse. Le paysage romantique est moins un lieu qu’une expérience.
Par ailleurs voici la liste d’un certain nombre d’organisations pour lesquelles je ne trouve pas d’information sur leur prochain salon ou sa disparition. Car comme chez les humains des structures naissent et d’autres disparaissent.