La nourriture et les arts -16/20 – Au 20ème siècle

Le 20ème siècle a été une période de bouleversements et d’innovations dans de nombreux domaines, notamment en ce qui concerne la nourriture et les arts.

Le 20ème siècle a vu d’importantes évolutions dans les pratiques alimentaires, influencées par la mondialisation, les progrès technologiques et les changements sociaux.L’industrialisation a transformé la production alimentaire, avec l’émergence de grandes entreprises agroalimentaires, la production de masse et la distribution à grande échelle. Après le seconde guerre mondiale les occidentaux ont voyagé à la découverte du monde. Les cuisines du monde entier ont commencé à se mélanger.

Des chefs célèbres ont commencé à expérimenter avec des ingrédients et des techniques de différentes cultures, créant des cuisines fusion innovantes. L’essor de la société de consommation a modifié les habitudes alimentaires. La restauration rapide et les plats préparés sont devenus des éléments courants de la vie quotidienne. : À la fin du siècle, des mouvements tels que le bio, le végétarisme et le véganisme ont gagné en popularité, réclamant des pratiques plus durables et éthiques.

En littérature dans les années 1950 s’installe le nouveau roman. En philosophie on peut citer notamment, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir,, Raymond Aron,, Michel Foucault, Jacques Derrida, Hannah Arendt

Le 20ème siècle a été marqué par une explosion d’innovations artistiques et de mouvements artistiques d’avant-garde, le fauvisme, le cubisme, le futurisme, le surréalisme, l’expressionnisme,l’école de Paris, l‘abstraction lyrique Nouvelle_figuration ou encore le pop-art ou l’arte povera

Georges Braque – Nature morte aux citrons
Pablo Picasso – Nature morte à la cafetière
Robert Delaunay – Nature morte
Balthus 1908-2001 – Nature morte aux fruits
Pierre Tal Coat (1905-1985)- Nature morte a la coupe de fruits
Edvard Munch – Nature morte
Chaïm Soutine – Bœuf écorché
Nicolas de Staël 1913-1955 – Nature morte aux bocaux
Lucian Freud (1922-2011) – Nature morte au citron
Evgenia Antipova (1917-2009)– Nature morte aux fraises
Boris Kustodiev La femme du marchand de thé
André Masson 1896-1987 – Nature morte
Roy-Lichtenstein – Hot Dog
Salvador Dali 1904-1989 – Nature morte aux citrons

La nourriture et les arts -15/20 – au 19ème siècle

Le 19ème siècle a été une période riche en transformations culturelles, artistiques et intellectuelles. Il a notamment connu des changements significatifs dans les pratiques alimentaires, notamment grâce à l’industrialisation et à l’urbanisation. Ces transformations ont conduit à l’émergence de la gastronomie moderne, avec des chefs célèbres comme Auguste Escoffier, Les restaurants et les cafés ont proliféré, devenant des lieux de rencontre sociale. Les livres de cuisine ont commencé à se populariser, avec des recettes qui reflétaient les tendances de l’époque, intégrant des ingrédients exotiques et des techniques modernes. La nourriture est devenue un symbole de classe sociale, et des mouvements comme le végétarisme ont commencé à apparaître.

Le 19ème siècle a connu plusieurs mouvements artistiques. Le romantisme où les artistes mettent l’accent sur l’émotion, la nature et l’individualité. Des peintres comme Eugène Delacroix et Caspar David Friedrich ont exploré des thèmes romantiques. Puis vient le réalisme qui représente la quotidienne et les classes sociales inférieures sans embellissement. L’un des tenants du réalisme est Gustave Courbet. A la fin du siècle, avec l’invention de la peinture en tubes et le développement du Chemin de fer, les artistes impressionnistes sortent de leur atelier Ils privilégie le mouvement et la lumière. Parmi ces artistes il y a Claude Monet, Pierre Auguste Renoir et bien entendu Édouard Manet, même s’il n’a pas formellement appartenu à ce mouvement novateur. Sans oublier les naturalistes

Le 19ème siècle a été une période prolifique pour la littérature, avec des auteurs marquants tels que :Victor Hugo, Gustave Flaubert, Émile Zola, Charles Dickens, Baudelaire et Verlaine.. Il y a aussi des philosophes comme Karl Marx, Friedrich Nietzsche ou Auguste Compte fondateur du positivisme.

Antoine Vollon 1833-1900, Nature Morte aux Oeufs
Jean-François MIllet – Avant le repas
Honoré Daumier – La soupe
William Turner – Table dans un restaurant
École de Barbizon – Nature morte aux fruits
Anonyme – Frédéric Delair découpant un canard à la Tour d’agent
Frederic Leighton (1830–1896 – Fruits
Gustave Caillebotte – Gibier
Berthe Morisot – la salle à manger
Albert Anker (1831-1910) – Stillleben mit Kaffee
Jules-Bastien Lepage – Ramassage des pommes de terre
Rosa Bonheur – Poires
Paul Gauguin – Le repas (ou les bananes)
Danquart Anthon Weggeland (1827-1918) -Nature morte aux pommes
Dominik Skutecky – le repas du forgeron
François Bonvin (1817-1887)- Nature morte aux asperges
Émile Bernard – La moisson à Pont-Aven

L’empire des lumières de René Magritte adjugée par Christie’s New-York 121 millions de $

Le célèbre peintre surréaliste belge René Magritte (1898-1967) a peint en 1953 et 1954 une série de toiles sous le titre de l’Empire des lumières. Le titre est inspiré d’un poème de Paul Nougé. Le tableau est connu pour son jeu d’ombres et de lumières, représentant l’image paradoxale d’une maison de nuit, éclairée seulement par un lampadaire, sous un ciel bleu de jour.

C’est l’une des 17 versions qui, lors de la vente aux enchères de la collection de l’architecte d’intérieur d’origine roumaine Mica Ertegun (1926-2023) et de son mari Ahmet Ertegun (1923-2006) et organisée le 19 novembre 2024 à New-York par Christie’s,, a été adjugée pour 121 millions de Dollars.

René Magritte – L’empire des lumières

La nourriture et les arts- 14/20 – Au 18ème siècle, le rococo

Le 18ème siècle dit « siècle des Lumières, (1715-1789) est une période marquée par des transformations profondes dans la culture, la philosophie et les arts. L’art de ce siècle a été influencé par la montée des idées rationalistes et humanistes, et la nourriture, en tant qu’élément central de la vie quotidienne, a également joué un rôle significatif dans les expressions artistiques.

Au cours de ce siècle, la gastronomie a connu un essor impressionnant avec l’évolution des techniques culinaires et l’introduction de nouveaux ingrédients. Les cours royales, en particulier en France, ont commencé à célébrer la haute cuisine, transformant les repas en de véritables spectacles. Les chefs, tels que Marie-Antoine Carême, ont commencé à populariser la cuisine raffinée et élaborée, qui a également inspiré les artistes.

En peinture, le 18ème siècle voit l’apogée du genre de la nature morte née au siècle précédent. Des artistes comme Jean-Siméon Chardin, reconnu pour ses œuvres réalistes, ont représenté des scènes de la vie quotidienne, à l’image de tables chargées de fruits, de légumes et de plats cuisinés. Beaucoup d’artistes appartiennent au mouvement rococo ou baroque tardif.

La Littérature a également été influencée par les thèmes culinaires. Des écrivains tels que Jean-Jacques Rousseau (*) et Voltaire(*) ont exprimé leur amour pour la bonne cuisine et ont souvent intégré des réflexions sur la nourriture dans leurs œuvres. La cuisine devient un symbole de culture, de classe sociale et de mode de vie, reflétant les changements sociétaux de l’époque. Les salons littéraires, où l’on discutait d’idées, de philosophie et d’art, étaient souvent accompagnés de mets raffinés. Ces rassemblements mettaient en valeur non seulement l’intellect, mais aussi l’art de recevoir, où la nourriture jouait un rôle central dans les interactions sociales.

Dans le domaine de la sculpture et de la décoration, la nourriture a également trouvé sa place. Des sculptures en marbre représentant des aliments et des scènes de banquet ont été créées pour orner les palais et les jardins. Les artistes, inspirés par le mouvement rococo, ont souvent intégré des motifs alimentaires dans leurs œuvres, symbolisant l’abondance et le plaisir.

Jean-Baptiste Chardin – La raie
Jean-Baptistes Chardin – Nature morte au gibier
Jean-Baptiste Chardin – Nature morte au melon coupé
Jean-Baptiste Chardin – Nature morte au verre d’eau
Alexandre- François_Desportes (1661-1743)- nature_morte de fruits dans un paysage
Henri-Horace Roland de La Porte (1724-1793) – Nature morte avec fruits, pain, pot de confiture
Johann Amandus Winck (1748-1817) – Nature morte aux légumes
Luis Meléndez (1716 – 1780)– Nature morte aux tomates, oignions, et aubergines
Anne Vallayer-Coster (1744-1818) – Panier de prunes
Antoine Berjon (1754-1843)– Nature morte aux coquillages
Isaac Soreau (1604-1644) – Nature morte aux fruits

La nourriture et les arts 13/20- Au 17ème siècle, période baroque

Le 17ème siècle est une période riche en histoires et en évolutions artistiques, surtout en Europe. Les artistes, notamment les peintres de cette époque, ont capturé non seulement les paysages et les portraits, mais aussi la nourriture, qui tenait une place importante dans la vie quotidienne et la culture des sociétés de l’époque. Cette période marque l‘apogée du baroque, un mouvement artistique qui se caractérise par son expressivité, sa richesse et son dynamisme.

Les peintres néerlandais, en particulier, se sont illustrés dans la représentation de natures mortes. Ces œuvres mettent souvent en avant des fruits, légumes, viandes, poissons et produits laitiers, symbolisant non seulement l’abondance et la prospérité, mais aussi des messages moraux sur la fugacité de la vie et l’importance de l’hédonisme. Beaucoup de peintres et notamment Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda ont créé des compositions délicates et harmonieuses, utilisant la lumière et l’ombre pour donner vie à leurs sujets, tout en soulignant les textures et les couleurs des aliments. Et l’on citera aussi La Laitière le fameux tableau de Johannes Vermeer

Dans la peinture espagnole, des artistes tels que Francisco de Zurbarán ont également exploré des thèmes liés à la nourriture. Ses représentations de moines et de saints, souvent entourés de simples repas, reflètent une spiritualité qui se mêle à la vie quotidienne. La nourriture, dans ces œuvres, devient une métaphore de la foi et de la modestie.

En France, le 17ème siècle voit également l’émergence de la peinture de genre, illustrant des scènes de la vie quotidienne. Des artistes comme Lubin Baugin , Georges de la Tour, Nicolas Poussin, s’inscrivent dans cette tradition en représentant des tables garnies ou des enfants en train de manger, capturant l’essence même de la convivialité et du partage autour de la nourriture.

La gastronomie elle-même évolue durant ce siècle, avec l’avènement de nouveaux ingrédients importés des colonies, ce qui influence également les artistes. Les peintures deviennent des fenêtres sur les pratiques culinaires de l’époque, révélant des détails sur les habitudes alimentaires, les festivités et les coutumes sociales.

Willem Claeszoon Heda (1594-1680) – Nature morte au citron
Juan van der Hamen y Leon (1596-1631 ) Ntaure morte aux fruits secs
Adriaen_Coorte_ (1665–1707) – Nature morte aux asperges
Alexandre-François Desportes (1661-1743) – Nature morte au gibier et légumes
Balthasar van der Ast (1593-1657) – Nature morte avec Coquillages
Pieter Claesz – Nature morte aux poissons, à la cruche et à la bière
Francisco de Zurbarán (1598-1664) – Grenades
Diego Vélasquez 1599-1660 – Nature morte aux poissons
Jacques Linard (1597-1645) – Nature morte aux coquillages et corail
Jean-Baptiste Monnoyer (1636 -1699) – Nature morte avec fleurs et fruits.
Cornelis de Heem (1631-1695) – Nature morte aux fruits

La chaine YouTube « Art d’Histoire »

Au cours de mes recherches j’ai redécouvert la Chaine YouTube Art d’Histoire .
Cette chaine Art d’Histoire a été fondée en 2017 par une société du même nom.
Son le but est de partager des conférences universitaires d’histoire de l’art
à l’intention d’un large public. Elle a rencontré depuis 2018 autour d’un million d’auditeurs.
Plus de 50 vidéos présentées par sa fondatrice une française qui vit au Chili à Las Condes
Lise Martinot , ancienne Trader elle s’est formée au Courtauld Institute of Art de Londres.
Un exemple de conférence

La nourriture et les Arts 12/20 A la Renaissance

La Renaissance est une période d’intense renouveau culturel et artistique liés souvent aux Grandes découvertes. La nourriture jouait un rôle symbolique important. Il met en valeur le statut social et le pouvoir politique des familles riches. C’est la découverte des terres lointaines et l’arrivée en Europe du maïs, des tomates et du chocolat

Les banquets et festins somptueux étaient des occasions de montrer la richesse, et ces événements ont été représentés dans la peinture, la sculpture et la littérature. Ces banquets et festins aristocratiques vont être peints par Paolo Veronese et Titien. On sait par ailleurs de Liénard de Vinci était gastronome et spécialiste de la vigne

C’est aussi le début des natures mortes très réalistes qui reforgent de fruits exotiques , d’épices , gibier. Comme celles de Pieter Aertsen. Ceci pour souligner la richesse et l’influence du commanditaire de l’œuvre. L’artiste démontre sa maîtrise de la lumière, des détails et du rendu des textures.

L’aspect symbolique de la nourriture est aussi présent dans les œuvres religieuses avec le pain et le vin qui renvoient au Christ et à l’Eucharistie.

Par ailleurs en ces périodes de découvertes les botanistes, les anatomistes et les explorateurs vont ramener des spécimens de plantes à usage médical ou culinaire. Leurs herbiers seront illustrés de dessins très convaincants. C’est le cas de Leonhart Fuchs et son « traité des herbes »
Les artistes de la Renaissance ont souvent intégré des références mythologiques dans leurs œuvres, et la nourriture est un élément central dans de nombreuses scènes allégoriques. Dans les « fêtes des dieux » et les « allégories de la saison et de l’abondance. Tout le monde connait les portraits faits de légumes et de fruits de Giuseppe Arcimboldo,

Léonard de Vinci – La cène
Pieter_Aertsen – Scène de marché
Jérôme Bosch – Repas du moine
Adriaen van Utrecht (1599-1652)_Nature morte de poissons a l’étalage –
Frans Hals – Le buveur joyaux
Joachim Beuckelaer – Intérieur de cuisine
Hieronymus_Francken – Les gras et les maigres
Jan Davidsz de Heem – Nature morte – Nature au homard, fleurs et agrumes
Un petit banquet », Lucas van Valckenborch
Giuseppe_Arcimboldo_-_Rudolf_II_of_Habsburg
Osias Beert – Nature morte
Pieter Brueghel l’ancien –La_Moisson
Leonhart Fuchs – Cotonea malus

La nourriture et les arts -11/20- au Moyen Age.

Au Moyen Âge, la nourriture et les arts jouaient des rôles fondamentaux dans la vie quotidienne, mais leur expression et leur importance variaient beaucoup en fonction des classes sociales, des régions et des saisons.

Les paysans, consomment du pain de seigle ou d’orge des choux,des pois, des navets, du millet et de l’avoine. La viande n’est à table que les jours de fête.

Les nobles, qui sont chasseurs, ont aux menus du sanglier, du chevreuil, des volatiles , du poisson qui accompagnent les légumes, les fruits et le pain. Ils disposent du poivre, du safran et de la cannelle. Les banquets qu’ils organisent, avec musique, danses, leurs permettent d’affirmer leur importance, leur fortune face à leurs semblables.

Les manuscrits médiévaux , notamment les livres d’heures sont souvent richement décorés de miniatures Les illustrations vont représenter par exemple des scènes de la vie quotidienne, travail, des champs, métiers, repas, ou fêtes.

Paysans mangeant le pain – Livre du roi Modus et de la reine Ratio
Mars – les labours –Les Très Riches heures du Duc du Berry
La boucherie – Anonyme
Conservation du vin – Anonyme
La fabrication du verjus – Anonyme
Boulangerie – Anonyme
La préparation du fromage – Tacuinum sanitatis
Banquet aristocratique
Banquet royal
Cuisine médiévale
Scène de chasse médiévale – Livre de Gaston Phébus
Repas quotidien chez des nobles
Récolte du poivre – Livre des merveilles de Marco Polo
Pietro_Lorenzetti – Nonnes mangeant en silence
Récolte du chou

La figure du fou et les arts. 5/5 dans l’Époque contemporaine

En Suisse au milieu du XIXe siècle sont construits en Suisse les grands hôpitaux dédiés au traitement des patients psychiques. Notamment le Burghölzli, le Préfargier ,la Waldau le Cery . Y sont appliqués des traitements à la fois plus scientifiques et plus humains : la psychologie, l’ergothérapie, les médicaments calmants. Les grands aliénistes suisses sont Eugène Bleuler, Auguste Forel, Jean Piaget, Hermann Rorschach, Adolph Meyer. En France Jean-Martin_Charcot donne à la Salpêtrière ses lecons-sur-lhysterie. A la mi-carême était dans le cadre de son service le « Bal des folles » où était conviée toute la bonne société parisienne. La célèbre danseuse du Moulin rouge, Jane Avril, muse d’Henri de Toulouse-Lautrec6, , a pu s’en échapper.

Au 20ème siècle Sigmund Freud fonde à Vienne la psychanalyse. Son approche est en partie controversée par l’un de ses élèves le suisse Carl_Gustav_Jung. Les thèses du lyonnais Alexis Carrel vont nourrir le programme euthanasie du régime Nazi des débiles mentaux.

Il faut aussi citer l’histoire de la folie de Michel Foucault et la démarche de son précurseur Thomas_Szasz promoteur de l’ antipsychiatrie de . Au fil du temps a été pratiqué la Psychochirurgie et particulièrement la controversée lobotomie. Mais surtout l’on est passé de la camisole de_force à la camisole chimique c’est à dire à l’usage des neuroleptiques

Le thème de la folie a inspiré un certain nombre d’écrivains, par exemple avec la Folie Almayer de Joseph Conrad,, là il ne s’agit pas de maladie mais d’une villa,  » une folie » On peut aussi citer Caligula d’ Albert Camus = Le_Baron perché d’Italo Calvino = La_Folle de Chaillot de Jean Giraudoux = Le_Festin_nu de William S. Burroughs= ,Le-peintre d’aquarelle du québécois Michel_Tremblay = L’intranquille autobiographie de Gérard_Garouste = Viviane Elisabeth Fauville de Julia_Deck, = Shining de Stephen King = les fous littéraires de Raymond_Queneau sans oublier Folie d’André Breton le théoricien du surréalisme et aussi Chez-les-fous d’ Albert Londres Ainsi que les expériences hallucinogènes d‘Henry Michaux

Pour certains artistes contemporains, la folie est perçue non pas comme un trouble, mais comme une source d’inspiration, un vecteur pour exprimer les émotions profondes et complexes qui échappent à la conscience ordinaire. C’est le cas de Jean Dubuffet , fondateur de l’art brut, qui a mis en lumière le travail de malades mentaux les élevant au rang d’artistes authentiques.

La japonaise Yayoi Kusama , célèbre pour ses petits pois, souffre de Schizophrénie et vit, à sa demande, depuis 1973,à Tokyo, dans l’hôpital psychiatrique Seiwa Elle utilise ses hallucinations et ses obsessions comme matériaux de création. Les installations de Louise Bourgeois, façon d’exorciser les traumatismes.L’art-thérapie est un autre domaine où l’art et la folie s’entrecroisent.

Il faut parler aussi du documentaire « San Clemente » de Raymond Depardon et Sophie Ristelhueber, et de Vol au dessus d’un nid de coucou de l’américain Miloš Forman avec Jack Nicholson.

Des artistes peuvent aussi être victimes d’internement en hôpital psychiatrique sans consentement , obtenus en applicantion d’une loi de 1838 . C’est le cas de la géniale sculptrice Camille Claudel qui fut interné pendant trente ans à la demande de sa mère et de son frère le dramaturge Paul Claudel (cf. les rapports entre Paul et Camille ?)

Des œuvres de Damien Hirst ou de Cindy_Sherman par exemple, posent des questions sur l’obsession de la société moderne pour l’image, la performance, et le contrôle, des préoccupations qui peuvent mener à une forme de dérangement intérieur, une folie de masse.mise en lumière par Hermann Broch.

Par ailleurs de 7ème Art c’est largement emparé du thème de la folie(+)

Wihelm von Kaulbach, La maison des fous
Le bal des folles à la Salpêtrière
‘Henri de Toulouse-Lautrec – Jane Avril dansant
Jean Béraud – Les fous
Pablo Picasso – Le fou
Pablo Picasso – Le fou – sculpture
Egon Schiele – Autoportrait
Gérard Garouste -Pinocchio et la partie de dés – série Le bal des fous
Roger_Toulouse– Le jeune homme de l’hospice
Cindy Sherman – -Untitled-659
Henry Michaux – Dessin effectué sous mescaline
Henry Hering – Edward Oxford – Tentative de meurtre de la Reine Victoria
Adolf Wolfli– Figure majeure de l’Art brut
Aloïse Corbaz Figure emblématique de l’Art brut
Documentaire de Raymond Depardon et Sophie Ristelhueber,

Anne Delbé – Biographe de Camille Claudel à l’émission d’Antenne 2 Apostrophe en 1982

La figure du fou dans les arts- 4/5 Chez les romantiques

A l’époque romantique la folie devient un affaire des aliénistes à la suite de Philippe Pinel, précurseur de la psychiatrie. Il veut humaniser le traitement de la folie qui devient une maladie mentale à traiter. Le 30 juin1838, est promulgé une loi qui institue dans chaque département, un asile , établissement spécialisé dans le traitement des troubles psychiatriques.
La folie est un thème central dans la littérature et l’art du mouvement romantique. Elle est explorée pour sa richesse émotionnelle et pour ce qu’elle révèle des profondeurs humaines. Les romantiques, fascinés par l’irrationnel et les extrêmes de l’expérience humaine, voyaient dans la folie une échappatoire à la raison rigide des Lumières et une porte ouverte vers des états d’âme intenses et des vérités plus profondes.

Dans la littérature romantique, la folie est souvent une conséquence de passions trop intenses, d’amours impossibles ou d’une quête existentielle poussée à l’extrême. Le poète allemand Heinrich von Kleist, par exemple, évoque des personnages tourmentés par des contradictions intérieures, qui finissent par sombrer dans la folie.

Chez Victor Hugo, qui a connu la folie de ses proches,les personnages se retrouvent parfois dans des situations où la folie est une forme de résistance contre une société injuste ou répressive. Chez Gérard de Nerval, la folie est explorée à travers la sensibilité exacerbée du poète lui-même.

La folie n‘est pas non plus étrangère au domaine musical romantique. Que ce soit qu’elle touche le compositeur, comme Robert Schumann.’. Hector Berlioz, compose la Symphonie fantastique, la Rapsodie espagnole de Franz Liszt inspiré de la Folia

Plusieurs opéras ont pour thème la folie. La Somnambula ou la Norma de Vincenzo Bellini Anna Bolena, Lucia di Lammermoor  deGaetano Donizetti, ou encore Macbeth Giuseppe Verdi.

Le peintre anglais William Blake, quant à lui, représente des visions mystiques et spirituelles qui frôlent la folie. Son œuvre dépeint souvent des personnages en proie à des passions mystiques, où la folie devient une forme d’illumination. D’autres artistes comme Eugène Delacroix explorent le désordre émotionnel à travers des œuvres dynamiques et intenses, comme *La Liberté guidant le peuple*, où la frénésie collective et la rébellion sont à la fois un acte de liberté et de rupture avec la raison. On parle de Romantisme noir.D’autres se sont également emparé du sujet comme Gustave Courbet, Théodore Géricault et d’autres.

Gustave Courbet – Le désespéré
Tony Robert Fleury – Philippe Pinel à la Salpêtrière
Johann Heinrich Füssli – La folie de Kate
Odilon Redon – La folie
Eugène Delacroix – Médée assassine ses deux enfants dans une grotte
Gustave_Courbet – l’homme rendu fou par la peur
Eugène Delacroix – La folie d’Ophélie



La figure du fou dans les arts – 3/5 A l’époque moderne

L‘époque dite moderne 1492-1789 est marquée par des transformations profondes. A la Renaissance, la figure du « fou » prend une dimension symbolique, surtout avec Érasme et son célèbre Éloge de la folie publié en1511. Le Baroque exploite les thèmes de la confusion et de l’illusion,souvent associés à la folie avec Shakespeare et Hamlet ouLe Roi Lear. Chez les peintres l’excès est abordé, par exemple, avec la dramatisation et les jeux de lumières d’un Caravage. Dans le même temps les démentes font l’objet d’une Chasse_aux_sorcières.C’est le hollandais Jean Wier Jean Wier (1515-1588),qui a démonté que les sorcières étaient des malades mentales. Elles devaient être soignées par des médecins au lieu d’être interrogées et brûlées par des ecclésiastiques.

Par un décret de 1656 de Louis XIV est créé à Paris l’Hôpital Général qui regroupe notamment la Salpêtrière, Bicêtre. la Pitié.Ils sont dotés de poteaux ; carcans, prisons et basses-fosses.

Au siècle des Lumières le folie est désormais considérée comme un phénomène physique organique et non plus une cause morale ou spirituelle.Les philosophes comme Diderot, dans *L’Encyclopédie*, dénoncent les traitements barbares, inhumains réservés aux « fous » dans les institutions. Le célèbre aliéniste Philippe Pinel va s’employer a adoucir leur sort.

Dans l’art, des peintres comme Francisco de Goya commencent à s’intéresser à la représentation de la folie de manière plus psychologique,

Hans Holben – Éloge de la folie
Jan Moreelse, Démocrite, le philosophe rieur
Goya – La folie bien connue
Goya – La folie féminine
Goya – Quelle folie !
Goya – Folie furieuse
Goya – La maison des fous
Moine parlant à une vieille femme

Le figure du fou dans les arts- 2/5 Au Moyen Age

Le « fou » au Moyen Age est une figure fascinante, symbolique, et souvent ambivalente. Dans les œuvres d’art et la littérature du Moyen Âge, le fou (ou le bouffon) représentait une figure complexe qui oscillait entre la critique sociale, le divertissement, et le symbole moral ou spirituel, l’incarnation du péché. Les fous sont tour à tour objets de tourment et d’attachement,d’hostilité et de pitié, de dérision et de vénération. Tantôt on les redoute et on les maltraite. Tantôt on les plaint et on les soigne.

L’aliénation mentale est expliquée en grande partie par la théorie des humeurs (bile.,sang, flegme, atrabile) et des tempéraments humoraux qui en découlent : bilieux, sanguins,flegmatiques et mélancoliques. La maladie (mentale) résultant d’un déséquilibre humoral, le tempérament en conditionne les manifestations.
Parmi les traitements il y avait les bains froids, les purges, l’isolement et la spectaculaire extraction de la Pierre de folie. Des manifestations collectives de folie appelées Manie dansante sont observées en Allemagne et en Alsace

Le fou dans l’art médiéval est souvent représenté de manière exagérée et grotesque, avec des attributs qui symbolisent la folie et l’inversion de la norme. Il porte fréquemment des vêtements bariolés, un bonnet à grelots, et parfois une marotte (une petite poupée ou un sceptre qui représente souvent une caricature de lui-même).Ces caractéristiques vestimentaires distinguent le fou et le rendent immédiatement reconnaissable, servant d’indicateur visuel de son rôle à la fois comique et critique. Au Moyen Âge, le fou jouissait d’une certaine liberté d’expression qui lui permettait de se moquer de la noblesse, du clergé, et même de la royauté, chose que peu de gens pouvaient se permettre. Les bouffons et les fous pouvaient souligner les faiblesses et les défauts de la société et des puissants.Dans certains manuscrits enluminés et œuvres d’art, le fou est parfois associé aux vices humains, ce qui en fait un outil de critique morale de la corruption et des excès.

Dans les livres d’heures et les marges des manuscrits médiévaux, les marges enluminées contiennent fréquemment des scènes avec des fous, accompagnées de créatures imaginaires ou d’animaux symboliques. Ces scènes font parfois référence à l’univers des « folies » et des carnavals, où l’ordre social est inversé, une notion très présente dans les fêtes populaires médiévales comme le Carnaval. L’un des textes les plus célèbre de cette époque, bien que plus tardif est é La Nef des fous de Sébastien Brant (1494) qui a inspiré les peintres flamands et allemands

Maître d’ Horres-Plampinet, Guérison d’un possédé
Fou grotesque
David_Teniers – Le Jeu des singes dans le monde
Bruegel – Manie dansante
Cornelis Saftleven, Allégorie de la folie humaine
Jheronimus_Bosch – La nef des fous

Quentin Metsys – Une allégorie de la folie
Illustration du Grand fou Luthérien de Thomas Murnier
Pieter Huys – Extraction de la pierre de folie
Maerten Van Cleve – Kermesse villageoise,.
Jérôme Bosch – Le portement de croix