Les mouvements artistiques de 1800 à aujourd'hui +Les arts visuels depuis l'Antiquité jusqu'à l'orée du 19ème siècle.LesTechniques, manifestations, artistes, biographies, répertoires , carnets de liens + et bien d'autres choses
A la fin du XIXᵉ siècle, l’espace germanique – principalement l’Allemagne impériale – a développé une interprétation originale du mouvement impressionniste. Les innovations françaises, ont influencé des peintres d’outre-Rhin nourris par la tradition romantique
L’impressionnisme allemand apparaît plus tardivement que son homologue français. Les artistes allemands découvrent les innovations parisiennes grâce à leurs séjours d’études en France, mais ils ne se contentent pas d’en reproduire les formules. Ils associent la peinture en plein air, les effets fugitifs de lumière et la touche libre à une sensibilité héritée du romantisme germanique, plus contemplative et souvent plus mélancolique.
Le mouvement se développe notamment autour de la Sécession berlinoise, fondée en réaction au conservatisme académique.
Dès les années 1880, un ensemble de peintres britanniques s’approprie les innovations françaises pour les adapter à la sensibilité insulaire. Sans constituer un mouvement aussi homogène que l’impressionnisme français, ces artistes développent une approche originale du paysage fondée sur l’observation directe de la nature, les variations atmosphériques et les effets fugitifs de la lumière.
L’impressionnisme britannique naît de plusieurs influences convergentes. De nombreux artistes se forment à Paris, fréquentent l’Académie Julian ou l’École des Beaux-Arts, et découvrent les œuvres de Monet, Manet ou Degas. D’autres puisent dans une tradition nationale plus ancienne, héritée de Turner et de Constable, déjà attentifs aux phénomènes météorologiques et aux changements de lumière.
Le mouvement s’organise notamment autour du New English Art Club, fondé en 1886 comme alternative aux institutions académiques conservatrices.
L’impressionnisme britannique ne fut jamais une simple imitation du modèle français. Il se distingue par son attachement aux paysages côtiers, aux ambiances brumeuses et à une palette souvent plus retenue. Les artistes britanniques cherchent moins l’éclat des couleurs que la vérité atmosphérique d’un lieu.
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la peinture française connaît une transformation profonde avec l’apparition de l’impressionnisme. Né dans les années 1870, ce mouvement rompt avec les conventions académiques et propose une nouvelle manière de représenter le monde.
Parmi les sujets privilégiés des impressionnistes, le paysage occupe une place centrale. Plus qu’une simple représentation de la nature, il devient un laboratoire d’expérimentation où les artistes cherchent à saisir les effets fugitifs de la lumière, les variations atmosphériques et les impressions visuelles de l’instant.
Le paysage impressionniste est ainsi l’expression d’une nouvelle sensibilité qui marque durablement l’histoire de l’art moderne.
Avant l’impressionnisme, le paysage était souvent considéré comme un genre secondaire. Les peintres académiques privilégiaient les scènes historiques, religieuses ou mythologiques. Toutefois, dès les années 1830, les artistes de l’École de Barbizon, installés à proximité de la forêt de Fontainebleau, commencent à peindre directement dans la nature.
Des peintres comme Théodore Rousseau, Jean-François Millet ou Charles-François Daubigny abandonnent progressivement les paysages idéalisés pour observer la campagne française telle qu’elle est réellement. Leur démarche influence profondément la génération impressionniste.
L’invention des tubes de peinture métalliques vers le milieu du XIXe siècle facilite également le travail en extérieur. Les artistes peuvent désormais transporter facilement leur matériel et peindre « sur le motif », c’est-à-dire directement devant le paysage observé.
Les impressionnistes ne cherchent plus à reproduire fidèlement les détails du paysage. Leur objectif est de saisir une impression visuelle immédiate.Pour eux, la nature est en perpétuelle transformation. La lumière change selon l’heure du jour, les saisons ou les conditions météorologiques. Le paysage devient alors le théâtre d’une observation attentive des phénomènes lumineux.
Les artistes utilisent des touches rapides et fragmentées, des couleurs pures juxtaposées et des contrastes subtils. Les contours s’effacent au profit de vibrations colorées qui restituent l’atmosphère du moment.
Cette approche révolutionnaire suscite d’abord l’incompréhension du public et de la critique, habitués à une peinture plus précise et plus finie.
La Seine constitue l’un des motifs favoris des peintres avec les bords du fleuve, les ponts, les villages et les activités nautiques, notamment à Argenteuil.
La Normandie offre des paysages maritimes particulièrement propices à l’étude de la lumière.Les changements rapides du ciel normand permettent aux artistes d’explorer les effets atmosphériques avec une grande liberté. Avec notamment les falaises d’Étretat, les ports du Havre, de Honfleur ou de Trouville.
Les environs de Paris fournissent également de nombreux sujets. Les promenades dominicales, les jardins, les guinguettes et les rives de la Seine deviennent des thèmes récurrents.La nature n’est plus isolée de l’activité humaine : elle est désormais intégrée à la vie moderne.
Christo et Jeanne Claude avait emballé le Pont Neuf en 1985. L’artiste contemporain J.R ( Jean René à l’étal civil ?) vient de réitérer l’exploit en hommage à ces prédécesseurs. La Caverne du Pont-Neuf, œuvre éphémère imaginée par l’artiste s’est ouverte en libre accès au public depuis hier et jusqu’au 28 juin 2026. J.R. est est un artiste contemporain de street art de réputation internationale né à Paris en 1983 Grâce à la technique du collage photographique, il expose librement dans l’espace public à travers le monde.
J.R. a initié Inside Out project, un projet d’art participatif et international
C’est une figure majeure du mouvement pop art des années 1960, et l’un des artistes britanniques les plus influents du XXe siècle. Utilisant des couleurs vives, acidulées, David Hockney peint des portraits et des paysages où se mêlent peinture et photographie.
Il travaille entre la Californie, l’Angleterre et Paris, mais s’installe de 2019 à 2023 dans le pays d’Auge, en Normandie, avant de retourner vivre à Londres.
Le grand public connait surtout ses séries de piscines. Il a aussi réalisé beaucoup de portraits de ses proches. Le 15 novembre 2018 chez Christie’s à New York, le « Portrait of an Artist (Pool with Two Figures) a été adjugée 90,3 millions de dollars (près de 80 millions d’euros.
Pendant la pandémie il séjourne dans sa maisons normande et peint, avec son e-pad une fresque qui sera exposée au Jeu de Paume. L’an dernier la fondation Louis Vuitton lui a consacré une grande rétrospective.
Le numéro 69 de l’Art de l’aquarelle est disponible.Il débute comme d’habitude par les actualités des salons et des artistes.Puis l’on découvre le talent de l’ américaine Catherine Hillis = du néerlandais Gerard Hendriks = de l’ukrainienne =Olga Piatenko.= du français Christophe Crépin.
Nous partons ensuite à la rencontre de l’américaine Suzanne Accentta = de l’italien Mauro Bevilacqua = de la taÏwanaise Jasmine Huang = de la britannique Lorraine Simonds = des chinois Xin Yi = la néo-zélandaise Jacky Pearson = de l’anglo-italienne Andrea Sargeant = du thaïlandais Kan Srijira = de la japonaise Yuji Uchiyama de la russe Eugenai Gorbacheva.Et aussi l’album (ou Portfolio en anglais) Hong Shan
Les conseils du britannique Robert Brindley pour capturer la lumière du printemps.
Les liens hypertextes seront installés après réparation de mon ordinateur qui se bloque sans arrêt
Au cœur de la forêt de Fontainebleau un petit village de Seine-et-Marne allait devenir, au XIXᵉ siècle, l’un des berceaux de la peinture moderne. Barbizon, modeste bourg rural situé à la lisière d’une nature préservée, a donné son nom à un mouvement artistique qui a profondément renouvelé l’art du paysage : l’École de Barbizon.
À partir des années 1830, plusieurs peintres quittent progressivement les ateliers parisiens pour travailler directement au contact de la nature. À contre-courant de la peinture académique, qui privilégie alors les sujets historiques, mythologiques ou religieux, ces artistes choisissent de représenter les forêts, les plaines, les chemins de campagne et les scènes de la vie rurale avec un regard sincère et attentif.
La forêt de Fontainebleau devient leur principal terrain d’observation. Ils y trouvent une diversité de paysages exceptionnelle : chênes centenaires, rochers aux formes étonnantes, clairières baignées de lumière et sentiers ombragés offrent une source d’inspiration inépuisable.
Le nom qui a été retenu d’école de Barbizon est impropre puisqu’au artiste n’a eu le désir ou la prétention d’enseigner quoi que ce soit à ses congénères. Cependant cette « mouvance » doit être considérée comme précurseur des impressionnistes. Les artistes s’installent à Barbizon,mais aussi à Chailly-en-Bière, et à Bourron-Marlotte,
Parmi les figures majeures de l’École de Barbizon, Théodore Rousseau occupe une place centrale. Installé durablement dans le village à partir de 1847, il consacre l’essentiel de son œuvre à la représentation de la nature. Ses tableaux témoignent d’une observation minutieuse des arbres, des variations atmosphériques et des effets de lumière.
Autre figure emblématique du groupe, Jean-François Millet apporte une dimension sociale et humaine à la peinture de Barbizon. Ses œuvres mettent en scène les paysans dans leurs activités quotidiennes : semeurs, bergers ou glaneuses deviennent les héros silencieux de ses compositions.
Dans un communiqué qui a annoncé la de Marjane Satrapi ces proches ont affirmé qu’elle était morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie. Elle été âgée de 56 ans.
Marjane Satrapi , artiste franco-iranienne d’expression francophone est arrivée en France en 1994 fuyant le régime iranien. Elle a fréquenté l »Atelier des Vosges qui rassemblait la fine fleur de la BD.
Cette exposition, en collaboration avec la Calder Foundation, couvre un demi-siècle de création, de la fin des années 1920 et les premières représentations du Cirque Calder qui captivent les avant-gardes parisiennes, à ses sculptures monumentales qui redéfinissent l’idée d’art public dans les années 1960 et 1970.
Ce sont près de 300 œuvres : des mobiles et stabiles mais également des portraits réalisés à partir de fil de fer, des figures sculptées en bois, des peintures, des dessins et même des bijoux, conçus comme de véritables sculptures.
Sont également présentés des œuvres de ses amis, Jean Arp, Barbara Hepworth, Jean Hélion et Piet Mondrian, ainsi que de Paul Klee et Pablo Picasso; Et aussi 35 clichés de Calder en plein traver, réalisés par les plus importants photographes du XXe siècle (Henri Cartier-Bresson, André Kertész, Gordon Parks, Man Ray, Irving Penn et Agnès Var
Quand Matisse réinvente l’Art aux ciseaux jusqu’au 26 juillet 2026 au Grans Palais
L’exposition est consacrée aux dernières années de la carrière d’Henri Matisse, entre 1941 et 1954. Plus de 300 œuvres, peintures, dessins, gouaches découpées, livres illustrés, textiles et vitraux, issues de la collection du Centre Pompidou et de prêts internationaux majeurs, sont présentées. Ces œuvres majeures révèlent la dimension pluridisciplinaire de sa pratique pendant cette période.
L’exposition montre combien la peinture reste au cœur de sa démarche, loin d’être supplantée par les découpages : elle se déploie au contraire avec toujours plus d’espace, d’intensité et de couleur. Parmi les ensembles essentiels réunis dans le parcours figurent la magistrale et ultime série des Intérieurs de Vence de 1947-1948, l’album Jazz, les séries des Thèmes et variations ainsi que les dessins à l’encre au pinceau ; les principaux éléments du programme de la Chapelle de Vence ; les panneaux monumentaux de La Gerbe et des Acanthes, et en point d’orgue, exceptionnellement réunis, les grandes figures en gouaches découpées : La Tristesse du roi, Zulma, La Danseuse créole et les célèbres Nus bleus.
Le numéro 187 de Pratique des Arts est disponible; Il débute comme à chaque livraison par la vie des arts, avec les salons, Il se poursuit par les rencontres d’artistes. Celle d‘Agnès Guillon qui peint la forêt sur le motif = . Julie Cross et ses portraits de femmes à l’acrylique = Paul Balmer qui peint de mémoire des natures mortes et des paysages urbains = on poursuit avec les intérieurs de Carole Farnsworth Rabe et aussi Dominique Boni et sa vision du Japon
Laurent Fabius est né de 20 août 1946 à Paris dans une famille d’antiquaires (+) . Il a été nommé premier ministre à 37 ans puis occupe plusieurs ministères, notamment celui des affaires étrangères. En 2016 il devient président du Conseil constitutionnel. Il quitte l’institution en 2025.
Son entrée en peinture remonte a une dizaine d’années. En Octobre 2025 il expose , pour la première fois une cinquantaine d’œuvres au Shanghai Fosun Foundation sous le titre « Vers l’idéal.
Laurent Fabius va exposer à Paris du 11 au 20 juin à la Galerie Joseph et du 17 juin au 25 juillet à la Galerie Art absolument
Laurent Fabius – Ollé – 2015
Laurent Fabius – Eaux vives – 2022
Laurent Fabius – Remembrement -2023 Laurent Fabius – Intrications – 2025
Vendredi 15 mai, j’ai en presque voisin, assisté au vernissage de l’exposition annuelle d’ Aquasol, l’association des aquarellistes de la région de Douai. Les membres de l’association avaient accroché leurs œuvres à la Halle aux draps de l’hôtel de ville de Douai. Il est dominé par le célèbre beffroi peint par Camille Corot 1796-1875
Voici le reportage photographique que j’en ai ramené.
Chantal Guéritte, présidente d’ Aquasol et Auriane Delbarre, déléguée aux affaires culturelles de la ville de DouaiYann Marquant & Rosières Szymkowiak
vue de l’assistance I
Vue de l’assistance -II
Vue de l’assistance – III
Brigitte Flahaut et une de ses amiesPortrait très expressif qui a attiré mon attention – I Portrait très expressif qui a attiré mon attention – II
Au XIXe siècle, la peinture de paysage en Angleterre connaît une transformation décisive. Loin des compositions idéalisées héritées du classicisme, une génération d’artistes entreprend de regarder la nature telle qu’elle est : changeante, atmosphérique, souvent humble.Ce mouvement vers un réalisme du paysage ne constitue pas une école au sens strict, mais plutôt une sensibilité partagée, nourrie par l’observation directe et une attention nouvelle aux effets de lumière et de climat. Les peintres du XIXe siècle vont progressivement abandonner l’idée d’un paysage construit selon des règles académiques pour privilégier une approche empirique : travailler sur le motif, observer les variations météorologiques, capter la singularité d’un lieu.
Au XIXe siècle, alors que l’Europe artistique est traversée par le souffle du romantisme, les peintres scandinaves développent une vision singulière du paysage. Loin des ruines antiques italiennes ou des tempêtes dramatiques de leurs homologues allemands, ils trouvent dans la nature nordique une source d’émotion profonde, mêlant silence, lumière et spiritualité.
Le romantisme scandinave s’ancre dans une relation intime avec la nature. Celle-ci n’est pas seulement un décor : elle devient un miroir de l’âme. Les vastes forêts, les lacs immobiles et les ciels d’hiver traduisent des états intérieurs, souvent empreints de mélancolie et de contemplation. Ce qui distingue ces paysagistes, c’est leur manière de représenter la lumière nordique. Diffuse, rasante, parfois presque irréelle, elle enveloppe les formes et suspend le temps. Les longues nuits hivernales et les jours d’été sans fin nourrissent une esthétique du contraste et de l’éphémère.
Le paysage romantique scandinave est aussi porteur d’une dimension nationale. À une époque où les identités nationales se construisent, peindre la nature locale devient un acte culturel fort. Les fjords norvégiens, les forêts suédoises ou les côtes danoises ne sont pas seulement beaux : ils incarnent une mémoire, un peuple, une histoire
Le n° 186 de Pratique des Arts est disponible.Il débute avec la vie des salons et aussi celle des musées. Il se poursuit avec un article consacré au peintre figuratif moldave Sergiu Ciochinané en 2001..Il y a aussi un passage à l’atelier Severo où l’on pratique le modèle vivant
Il y a aussi une peinture acrylique de l’artiste belge Alegria Blue dans le cadre d’un publireportage pour Blokx. Un autre publireportage est lui consacré au Géant es Beaux arts.
Et aussi, d’un album (portfolio in english) consacré encore au sino-américain Yong Wang. Et pour terminer « Simplifier une peinture grâce à une composition forte par Margaret Merry
J’observe que » l’Art de l’Aquarelle » n° 68 devient une contre-marque de« The Art of Watercolour » number 61 !!! Ce n’est donc pas étonnant que presque tous les artistes présentés sont anglophones §
C’est aussi le titre que j’ai choisi de donner à ce billet. Avec 4785 articles publiés depuis novembre 2008, et donc avec une cadence moyenne de 280 billets par an, je peux considérer que je suis plutôt assidu et régulier dans la publication de mes articles.
Or le dernier billet paru sur le blog de Masmoulin remonte au 31 janvier 2026, soit à 2 mois et une semaine. Chères lectrices et chers lecteurs, je vous devais donc une explication. Elle est très simple. J’ai consacré tout ce temps à rédiger à l’intention de mes petits-enfantsun mémoire de mes souvenirs. Ce pensum que je leur ai transmis ce matin en fichier PDF comporte 150 pages. J’ai repris année par année ce que ma mémoire a retenu des épisodes de ma vie. A la manière de « Je me souviens » de sGeorges Perec paru en 1978. Pour chaque année, j’ai d’abord exposé mes souvenir personnels. Puis dans une deuxième partie, j’ai relaté les évènements marquants qui se sont passés en France et dans le Monde. Dans le corps de chaque partie, j’ai assorti mes écrits de liens hyper-texte, lorsque j’ai jugé nécessaire de documenter mon propos. Voici la raison de cette, après tout, « pas si longue absence ». Je vais recommencer à publier mes billets « un jour sur deux » dès demain neuf avril 2026. Sauf bien entendu lorsque je serai en voyage, éloigné de mon ordinateur. A demain !
Le numéro 185 du magasine Pratique des Arts est disponible.Il débute avec la vie artistiques dans les expos, salons et musée en France et au-delà Suit un reportage exclusif de 8 pages, de Alexandre de Broca, fils de Marthe Keller,, ‘Cela ouvre des portes),dans les coulisses de la Comédie-Française.
Au XIXᵉ siècle, alors que l’Europe occidentale associe le romantisme à la ruine, au sublime alpin ou aux tempêtes maritimes, la Russie développe une vision singulière du paysage. Immense, contrasté, souvent hostile, le territoire russe devient un miroir moral et spirituel. Chez les peintres paysagistes romantiques russes, la nature n’est pas un simple décor : elle est mémoire, mélancolie, promesse, parfois même personnage.
Le romantisme pictural russe émerge plus tardivement qu’en France ou en Allemagne, principalement entre les années 1830 et 1870. Il se nourrit de plusieurs influences : le paysage classique hérité de l’Académie impériale, la peinture allemande (notamment Caspar David Friedrich), et la littérature russe, marquée par Pouchkine, Lermontov ou Gogol.
Mais à la différence du romantisme occidental, souvent centré sur l’individu face à la nature, le romantisme russe inscrit le paysage dans une conscience collective. La steppe, la forêt, la rivière ou la neige ne parlent pas seulement du moi intérieur : ils évoquent l’âme nationale, le temps long, la destinée historique.
Longtemps restée dans l’ombre des grandes écoles française, anglaise ou allemande, la peinture de paysage romantique espagnole occupe pourtant une place singulière dans l’histoire de l’art du XIXᵉ siècle. Elle se développe à la croisée de plusieurs tensions : héritage du Siècle d’or, traumatisme de la guerre d’Indépendance contre Napoléon, redécouverte du territoire national et dialogue intense avec les courants européens. Le paysage y devient un espace chargé d’émotion, de mémoire et parfois de mélancolie politique.
En Espagne, le romantisme pictural s’affirme plus tardivement que dans le nord de l’Europe, principalement à partir des années 1830–1840. Cette temporalité décalée n’est pas un simple retard : elle reflète une situation historique spécifique, marquée par l’instabilité politique, l’exil de nombreux artistes et la lente modernisation des institutions artistiques.
Le paysage romantique espagnol se nourrit d’une double source. D’un côté, l’influence étrangère — notamment britannique et française — introduit une vision du paysage comme expérience sensible et subjective. De l’autre, les peintres espagnols puisent dans leur propre territoire : montagnes arides, plaines castillanes, ruines médiévales, monastères isolés et sites chargés d’histoire deviennent des motifs privilégiés.
Un trait distinctif du romantisme paysagiste espagnol réside dans l’importance accordée à la ruine et au paysage historique. Là où les romantiques allemands méditent sur l’infini et la spiritualité, les Espagnols inscrivent souvent la mélancolie dans une temporalité nationale.
Les ruines gothiques ou islamiques ne sont pas de simples motifs décoratifs : elles incarnent la stratification culturelle de l’Espagne et les fractures de son histoire. Cette sensibilité rejoint celle des voyageurs romantiques étrangers — écrivains et artistes fascinés par l’Espagne — mais elle est ici vécue de l’intérieur.
Le romantisme allemand, qui s’épanouit entre la fin du XVIIIᵉ siècle et le milieu du XIXᵉ, accorde au paysage une place centrale et inédite. Loin d’être un simple décor, la nature devient un miroir de l’âme, un espace de méditation métaphysique et un lieu de confrontation avec l’infini. Chez les peintres paysagistes romantiques allemands, le paysage est chargé d’émotions, de symboles et de silence : il est une expérience intérieure autant qu’une vision du monde.
Le romantisme allemand naît dans un climat intellectuel marqué par la philosophie idéaliste (Kant, Fichte, Schelling), la redécouverte du Moyen Âge, la poésie de Goethe et de Novalis, et une réaction contre le rationalisme des Lumières. La nature y est perçue comme un organisme vivant, traversé par une dimension spirituelle.
Contrairement à la tradition classique, qui privilégiait un paysage ordonné et souvent idéalisé, les artistes romantiques allemands s’attachent à des sites sauvages, solitaires, parfois inquiétants : forêts profondes, montagnes escarpées, ruines envahies par la végétation, mers brumeuses. Le paysage devient l’espace du sublime, au sens philosophique : ce qui dépasse l’homme, l’élève et l’angoisse à la fois.
Philipp Otto Runge = Paysage forestier avec rivière Carl Gustave Carus -Matin brumeux-+Johan_Christian_Dahl_-Danish_Winter_Landscape_with_Dolmen-_Ernst Ferdinand Oehme – Procession in the fogCarl Blechen – Paysage de dunes
Adrian Ludwig Richter -Un berger et ses moutons
Johann Martin von Rohden – Italian Landscape Christian Friedrich Gille – Paysage en Suisse
Au tournant du XIXe siècle, la Grande-Bretagne occupe une place centrale dans le renouveau de la peinture de paysage en Europe, dans un contexte pleinement marqué par la sensibilité romantique. Longtemps considérée comme un genre mineur, cantonné à l’arrière-plan ou à la topographie descriptive, la représentation du paysage devient alors un champ d’expérimentation esthétique majeur. Les peintres britanniques du début du XIXe siècle transforment la nature en véritable sujet artistique, porteur d’émotion, de mémoire et de réflexion sur le monde moderne.
Plusieurs facteurs expliquent cet essor spectaculaire du paysage en Grande-Bretagne. D’une part, la Révolution industrielle bouleverse profondément les territoires, les modes de vie et les rapports à la nature. Face à l’urbanisation rapide et à la mécanisation, le paysage devient un lieu de refuge imaginaire, un espace de contemplation et parfois de résistance symbolique.Le paysage n’est plus seulement observé : il est vécu, ressenti, interprété. Enfin, la tradition de l’aquarelle et du dessin sur le motif, très développée en Grande-Bretagne, favorise une observation directe du réel et une grande liberté d’exécution.
Le paysage britannique du début du XIXe siècle ne se contente pas de refléter son époque : il en façonne durablement l’imaginaire visuel. En affirmant la valeur expressive du paysage ordinaire, en explorant les effets atmosphériques et en revendiquant une subjectivité assumée, ces peintres ouvrent la voie à des évolutions majeures de l’art européen.
William Turner – Storm at the Mouth of the Grand Canal, Venice,Thomas Girtin – Kirkstall Abbey, YorkshireJohn Sell Cotman – Mountainous Landscape, North WalesPeter DE Wint – LandscapeAnthony_Vandyke-Copley- Fielding – Richmond Hill