Le réalisme socialiste en France après 1945 -22/31 Billet n° 512

J’ai déjà abordé la question du Réalisme socialiste en France, avant la seconde guerre mondiale. Après la guerre, c’est toujours le parti communiste français qui veille à l’orthodoxie artistique. La situation du parti est intenable en 1939 avec la signature par le grand frère du pacte germano-soviétique. Édouard Daladier le président du Conseil prononce le dissolution du P.C.F.qui entre dans la clandestinité. A partir de 1941 il devient avec le « Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France  » une composante notable de la Résistance. Au sortir de la guerre il est à son apogée et des ministres communistes entre dans le Gouvernement provisoire de Charles de Gaulle

Ceci étant, le parti communiste français qui fait partie du Kominform est inféodé au régime soviétique. Et défend ses positions pendant la Guerre froide. Il faudra attendre le Printemps de Prague en 1969 pour que le PCF s’éloigne de l’Urss. Mais donc pendant 45 ans il suit la ligne idéologique fixée par Moscou. En matière artistique Louis Aragon, (+) l’ancien surréaliste, a été depuis les années 1930 jusque dans les années 1960 le plus fidèle zélateur du Réalisme social . Cette politique est mise en application par le Responsable du secteur des intellectuels communistes Laurent Casanova (+) jusqu’à son exclusion en 1961pour révisionnisme. A partir de la déstalinisation entreprise par Nikita Khrouchtchev, et de la période de dégel qui a suivi l’emprise de la censure s’allège et les artistes commencent à s’abstraire de canons de l’art soviétique

Au parti communiste les arts plastiques sont considérés comme un vecteur de la propagande de son idéologie.Le réalisme socialiste doit contribuer à la transformation idéologique et d’éducation des travailleurs dans l’esprit du socialisme

Sous l’impulsion d’André Fougeron ancien ouvrier métallurgiste s’installe en France le Nouveau Réalisme qui rassemble notamment André Fougeron, Boris Taslitzky, Jean Milhau et Mireille Miailhe ou encore Georges Bauquier = Gérard Singer = Jean Amblard = Jean Vénitien = Jean Effel = Édouard Pignon =Henri Cueco = Ernest Pignon-Ernest = Jean Lurçat il y a aussi des compagnons de route comme Fernand Léger = Pablo Picasso = Michel Tyszblat = Et aussi la Nouvelle figuration qui regroupe des artistes comme Maryan S. Maryan, Marcel Pouget, Bengt Lindström, John Christoforou, Jacques Grinberg, Hugh Weiss, , Jean Pellotier, Joseph Erhardy, Roger-Edgar Gillet, François Jousselin, Robert Lapoujade, Charles Semser et qui est proche du réalisme socialiste. La réaction du groupe à la répression policière de 1961 en est une illustration

Il ne faut pas confondre cette approche avec les Nouveaux réalistes fondé en 1960 par Yves Klein . Forgeron, à l’invitation d‘Auguste Lecoeur peint la série « Au pays des Mines » Ce sera en 1951 le titre d’une exposition itinérante qui fait écho à la grève des mineurs de 1948.

Les relations entre les artistes et Moscou sont souvent ambiguës comme par exemple avec le portrait de Staline par Picasso.
Bien entendu avec dès 1981 le déclin du Parti communiste français et en 1989 la dislocation de l’URSS Réalisme socialiste français a perdu toute réalité. Il est devenu un sujet d’études universitaires et d’histoire de l’art.

André Fougeron La civilisation-atlantique-1953
André Fougeron – Parisiennes au marché
Pablo PIcasso – Portait de Staline 1953
Fernand Leger
Francis Gruber – Job
Jean Effel – Pokop -la paix
Jean Lurçat – L’homme d’Hiroshima ~1957
Jean Milhau- Potier au travail
Ernest Pognon – la catastrophe
Lapougade – Emeutes
Boris Taslitzky- Les délégués.
Georges B auquier-Coin-de-cuisine
Jean Amblard – Le four Martin
Gérard Singer – Le 14 février à Nice
Massacre en corrée