Arts & Visages -73/.. Édouard Vuillard, portraitiste post-impressionniste

Edouard Vuillard(1868 1940) est l’une des figures majeures du post impressionnisme français, associé au mouvement des Nabis dans les années 1890. S’il est surtout connu pour ses intérieurs intimistes et ses scènes domestiques baignées de lumière tamisée, Il fut également un portraitiste subtil, dont la manière alliait sens décoratif et acuité psychologique.

Formé à l’École des Beaux Arts puis à l’Académie Julian, Vuillard développe très tôt une sensibilité aux surfaces colorées et aux textures. Son appartenance au groupe des Nabis, influencé par Gauguin et l’art japonais, le conduit à concevoir la peinture comme un langage décoratif.Cette approche se retrouve dans ses portraits : l’arrière plan n’y est jamais neutre. Rideaux, papiers peints, tapisseries et bibelots y occupent une place aussi importante que les visages. Les sujets se fondent dans un environnement qui reflète leur personnalité, abolissant la séparation classique entre figure et décors.

Vuillard dans ses portraits privilégie le cercle familial et amical : sa mère, Misia Natanson, Thadée Natanson, Tristan Bernard, ou encore des mécènes et personnalités du monde littéraire et théâtral.Il peint souvent ses modèles dans leur cadre de vie, absorbés dans une lecture ou une conversation, plutôt que posant frontalement. L’effet recherché n’est pas celui de la pose officielle mais d’un instant saisi, presque volé, où transparaît la vie intérieure du modèle.

Contrairement à l’éclat solaire des impressionnistes, Vuillard opte pour des tons feutrés : bruns, verts sourds, ocres, violets profonds. Sa touche, parfois divisée en petites hachures ou en aplats mats, diffuse une lumière qui semble filtrée par les tissus et les ombres.Ces choix chromatiques renforcent la dimension intimiste de ses portraits, où tout est murmuré plutôt que proclamé.

Après 1900, Vuillard se tourne davantage vers le portrait de commande. Il peint de nombreuses personnalités de la haute société parisienne et du monde des arts, tout en conservant son approche singulière. Même dans les portraits officiels, il maintient une atmosphère chaleureuse, souvent ponctuée de détails qui racontent le goût et le caractère du modèle.En conjuguant psychologie et art décoratif, Édouard Vuillard a inventé une forme de portrait où le modèle et son environnement deviennent indissociables, offrant une vision poétique et profondément humaine de ses contemporains.

Edouard Vuillard- Autoportrait
Edouard Vuillard – Deux filles marchant
Edouard Vuillard – Mère et enfant
Edouard Vuillard – Portrait de Jean Giraudoux
Edouard Vuillard – Femme au corsage rayé
Edouard Vuillard -Deux femmes sous la lampe
Edouard Vuillard – Madame de Polignac
Edouard Vuillard -le prétendant
edouard-vuillard- Portrait de Lugne-poé
Edouard Vuillard – La ravaudeuse
Edouard Vuillard -Les couturières
Edouard Vuillard -La mère de lartiste
Edouard Vuillard -La robe à ramages
Edouard Vuillard – Madame Vuillard couchée

Arts & Visages – 72/.. – Henri de Toulouse-Lautrec, portraitiste post-impressionniste

Henri de Toulouse-Lautrec 1864-1901 , parmi les figures marquantes du post-impressionnisme, occupe une place singulière. Surnommé parfois le « peintre de Montmartre », il fut aussi un portraitiste remarquable, dont l’œil acéré et l’approche psychologique ont renouvelé la manière de représenter les individus à la fin du XIXᵉ siècle.

Né à Albi, dans une famille aristocratique l’artiste connaît très tôt des problèmes de santé qui marqueront sa vie. Ses jambes fragiles et son apparence hors norme développent chez lui une acuité visuelle hors pair. Il observe, il capte — sans fard, sans flatterie. Ses portraits ne sont jamais idéalisés, mais pleins de vérité, de mélancolie et parfois de cruauté contenue.

Toulouse-Lautrec appartient à la mouvance post-impressionniste, aux côtés de Cezanne, Van Gogh ou Gauguin. Il partage avec eux le rejet du naturalisme académique et l’exploration de nouvelles formes expressives. Mais là où les autres s’éloignent du réel pour le mythe ou le symbolisme, Lautrec reste ancré dans le monde moderne, souvent nocturne, souvent urbain. Il peint des danseuses, des chanteuses,des prostituées, des sartistes de cabaret, des aristocrates déchus. Tous deviennent sujet d’étude, de fascination, parfois de compassion.

Loin des canons classiques du portrait, ses œuvres révèlent des postures désinvoltes, des regards perdus, une humanité fragmentée par le monde du spectacle et la marginalité., il ne se contente pas de peindre une ressemblance. Il capte un style de vie, un tempérament, souvent à travers le langage corporel plus que les traits. Le geste compte autant que le visage. Les arrière-plans sont épurés, les formes cernées, les couleurs parfois criardes — autant de signes d’un art influencé par l’estampe japonaise, mais ancré dans la culture parisienne.
Toulouse Lautrec fut aussi un dessinateur prodigieux. Ses lithographies et croquis, souvent réalisés sur le vif, révèlent une virtuosité rare pour saisir l’instant et la personnalité. À travers quelques lignes nerveuses, il parvient à donner une identité, une histoire, un contexte. Cette économie de moyens renforce la force émotionnelle de ses portraits. Ce qui distingue Toulouse-Lautrec, c’est sa capacité à peindre sans complaisance, mais avec une forme de tendresse implicite. Il ne cherche pas à embellir le réel, mais à le rendre vivant. Son œuvre constitue ainsi une chronique humaine de la Belle Époque, vue depuis les coulisses du divertissement et les marges de la société.

Photographie de Henry de Toulouse Lautrec
Toulouse Lautrec – Autoportait
Toulouse Lautrec – Portrait de Vincent vab Gogh
Toulouse Lautrec – Cavalière montant un cheval blanc
Toulouse Lautrec – Le salon de la rue du moulin
Toulouse – Lautrec – A la mie
Toulouse Lautrec – Au lit, le baiser
Toulouse Lautrec – Lle bal du moulin rouge
– Toulouse Lautrec – Berthe la sourde
Toulouse Lautrec – Jane Avril dansant
Toulouse Lautrec – La blanchisseuse
Toulouse Lautrec – L’anglaise du Star au Havre
Touloouse Lautrec – Nuit parisienne
Toulouse Lautrec- Aristide Bruant
– Toulouse Lautrec – Reine de joie
Toulouse Lautrec – La goulue
Toulouse Lautrec- Docteur Gabriel Tapié de Céleyran
Toulouse Lautrec – Portrait de Misia
Toulouse Lautrec – Veil homme


Arts & Visages -71/.. -Paul Gauguin – Portraitiste post-impressionniste

Paul Gauguin (1848–1903) est généralement associé à la lumière des tropiques, aux aplats de couleurs vives et à une quête mystique des origines. Pourtant, dans le corpus de cet artiste inclassable, le portrait occupe une place singulière. Loin d’un simple exercice académique, il devient pour Gauguin un outil d’exploration intérieure et un manifeste esthétique. Portraitiste post-impressionniste par excellence, il transcende les apparences pour traduire l’invisible.

Influencé par les impressionnistes mais en rébellion contre leur attachement à la sensation immédiate, Gauguin tourne le dos au mimétisme. Ses portraits ne cherchent pas la ressemblance photographique. Il affirme : « L’art est abstraction. » Cette idée s’incarne dans ses représentations stylisées, marquées par des formes simplifiées, des contours fermés et des couleurs anti-naturalistes.

Dans « Le portrait de l’artiste avec le Christ jaune » (1890-91), Gauguin mêle autoportrait et symbolisme religieux. Le visage figé, presque hiératique, coexiste avec une sculpture de Christ en arrière-plan : ce n’est pas un portrait au sens classique, mais une introspection picturale. Le visage devient icône.

Installé à Tahiti dès 1891, Gauguin réalise une série de portraits de femmes autochtones qui mêlent fascination, exotisme et spiritualité. Il faut toutefois aborder ces œuvres avec un regard critique : les visages tahitiens de Gauguin sont aussi les projections de son propre imaginaire colonial. Ils oscillent entre tendresse et domination, entre désir de pureté et invention d’un paradis primitif.

Dans ses portraits, Gauguin cherche à fusionner différentes dimensions : la psychologie, la spiritualité, le mythe et l’esthétique. Il ne peint pas des individus, mais des archétypes. Les visages sont rarement expressifs : ils sont masques, parfois totems. Cette stylisation s’inspire autant de l’art japonais que de la sculpture bretonne ou des idoles polynésiennes.

De nos jours le mythe de Gauguin est déconstruit. Paul Gauguin était-il raciste, colonialiste, sexiste, pédophile ? Pour y répondre, l’exposition « Why are you angry ? », (« Pourquoi êtes-vous en colère ? » du nom d’une toile de l’artiste a été organisée par la Alte National Galerie de Berlin et le Ny Carlsberg Gliptotek de Copenhague.

Paul Gauguin – Portrait au Christ jaune
Paul Gauguin – Autoportrait
Paul Gauguin – Autoportrait
Paul Gauguin –Aline Chazal, mère de l’artiste
Paul Gauguin – Madeleine Bernard
Paul Gauguin – Clovis endormi
Paul Gauguin – La belle Angèle
Paul Gauguin – Mette Gauguin née Gad
Paul Gauguin – Café à Arles
Paul Gauguin – Madame Roulin
Paul Gauguin – Suzanne Bambridge
Paul Gauguin – William Molard
– Paul Gauguin – Merahi metua no Tehamana
Paul Gauguin – Deux femmes Tahitiennes
Paul Gauguin – Vahine No te Tiare
Paul Gauguin – Vairumati
Paul Gauguin –Et l’or de leur corps
Paul Gauguin – Vincent van Gogh peignant des tournesols

Arts & Visages -70/.. – Vincent Van Gogh- portraitiste post-impressionniste-

–Lorsque l’on évoque Vincent van Gogh 1853-1890, on pense spontanément à ses paysages tourmentés, à ses tournesols incandescents ou à sa Nuit étoilée. Mais derrière ces toiles emblématiques se cache aussi un portraitiste d’exception, dont l’approche du visage humain transcende la simple ressemblance pour toucher à l’expression de l’intériorité. Dans le sillage du postimpressionnisme, Van Gogh a inventé une manière singulière de peindre les autres — et lui-même — avec une intensité émotionnelle et une liberté picturale qui ont profondément marqué l’histoire de l’art.

Entre 1881 et 1890, Van Gogh réalise près de 35 autoportraits et de nombreux portraits de ses proches, de paysans, de commerçants ou d’artisans croisés sur son chemin. Il ne cherche pas à flatter ni à idéaliser ses modèles. Fidèle à sa vision humaniste de l’art, il peint des visages marqués par la vie, dans leur vérité crue et leur dignités. » Ce désir de faire surgir l’essence du sujet — au-delà des traits physiques — s’inscrit pleinement dans l’esprit postimpressionniste, qui refuse les conventions académiques tout en s’émancipant de l’objectivité lumineuse des impressionnistes.

Van Gogh utilise la couleur
comme vecteur d’émotion. Dans ses portraits traduisent autant l’état d’âme du modèle que celui du peintre lui-même.Il n’hésite pas à distordre les formes, à épaissir la matière, à styliser les contours pour accentuer la cha affective de ses figures. C’est notamment visible dans ses autoportraits, véritables journaux visuels où il se représente tour à tour déterminé, mélancolique ou vulnérable.Van Gogh ne cherche pas des modèles célèbres, mais des visages authentiques, porteurs de vie intérieure. Sa démarche est éthique autant qu’esthétique : il célèbre la beauté humaine dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus vrai. On sait par ailleurs qu’il a réalisé de nombreux autoportraits

Vincent Van Goth – Autoportait
Vincent Van Goth – Autoportait
Vincent Van Goth – Autoportait
Vincent Van Goth – Autoportait
Vincent Van Goth – Autoportait
Vincent Van Gogh – Portrait de son frère Théo
Vincent Van Gogh – Camille Roulin
Vincent Van Gogh – Armand Roulin
Vincent Van Gogh – Joseph Roulin, facteur
Vincent van Gogh – Augustine Roulin
Vincent Van Gogh –Docteur Félix Rey
Vincent Van Gogh – Marguerite Gachet au piano
Vincent Van Gogh- Madame Ginoux, l’arlésiene
Vincent Van Gogh – Paul Gauguin
Vincent Van Gogh – Le père Tanguy
Vincent Van Gogh – Paysanne
Vincent Van Gogh – portrait d’un prostituée
Vincent Van Gogh – portrait d’un prostituée

Arts & Visages – 69/.. Paul Cézanne, portraitiste post-impressionniste

Si Paul Cezanne (1839–1906) il faut l’écrire ( sans accent !) est célébré comme un pionnier de la modernité picturale, son œuvre de portraitiste demeure souvent moins étudiée que ses paysages ou ses célèbres natures mortes. Pourtant, ses portraits, rigoureux, méditatifs, parfois impénétrables, constituent une contribution essentielle à l’histoire du portrait postimpressionniste. Ils incarnent une recherche unique : saisir l’essence du modèle à travers une structure plastique solide, loin de l’illusion réaliste ou du pittoresque. Cézanne ne cherchait pas à flatter ses modèles ni à restituer fidèlement leurs traits dans une logique illusionniste. Son approche du portrait s’oppose aux codes académiques, mais se distingue aussi de la vivacité impressionniste. Là où les impressionnistes tentaient de capter une lumière fugace,

Cezanne voulait « faire de l’impressionnisme quelque chose de solide et durable comme l’art des musées ». Cela passe par une construction géométrique des formes, une économie des moyens, et une lente élaboration.Dans ses portraits, chaque plan du visage, chaque contour est le fruit d’une architecture minutieuse. La chair semble sculptée par la couleur, et les regards paraissent absorbés par une intériorité silencieuse. Il y a chez Cézanne une sorte de tension méditative qui traverse le portrait : un effort de compréhension plus que de représentation.

Contrairement aux portraitistes mondains, Cézanne s’intéresse principalement à son cercle intime. Il peint de nombreuses fois son épouse Hortense Fiquet, leur fils Paul, son oncle, des domestiques, ou encore des figures locales d’Aix-en-Provence. Ces portraits ne relèvent pas du registre sentimental : ils sont souvent austères, voire distants.

Les portrait de Cezanne anticipent de nombreuses révolutions du XXe siècle. Sa manière de déconstruire l’espace par les modulations de couleurs et les facettes de plans inspireront directement le cubisme de Picasso et Braque. Dans ses portraits, la profondeur n’est plus rendue par la perspective traditionnelle, mais par le rythme des formes et des valeurs.Par ailleurs, la concentration psychologique de ses figures annonce l’expressionnisme moderne : Cézanne ne donne pas à voir l’apparence du modèle, mais plutôt un silence intérieur, presque métaphysique.

Chez Cezanne, le portrait devient un acte de construction mentale. Il ne s’agit plus de peindre un visage, mais d’organiser une présence dans l’espace pictural, à la recherche d’une vérité profonde. Cette quête de structure, de permanence et d’essence fait de lui un portraitiste postimpressionniste majeur, bien que souvent relégué derrière ses paysages de la montagne Sainte-Victoire. Par son exigence formelle et son refus de l’anecdote, Cézanne a ouvert la voie à une autre manière de regarder le visage humain : non plus comme un miroir du monde, mais comme une forme au sein d’un monde en construction.

Paul Cezanne devant son atelier des Lauves – Photographie
Paul Cezanne – Hortense Fiquet
Paul Cezanne – Madame Cezanne
Paul Cezanne – Madame Cezanne à la robe rouge
Paul Cezanne – portrait de son épouse
Paul Cezanne – Madame Cezanne
Paul Cezanne – Madame Cezanne en fauteuil
Paul Cezanne – Portrait de son fils Paul
Paul Cezanne – Portait de son fils Paulo
Paul Cezanne – Autoportrait
Autoportrait au chapeau
Paul Cezanne – Autoportrait au béret
Paul Cezanne – Portrait d’Achille Emperaire
Paul Cezanne – Portrait de sa sœur Suzanne
Paul Cezanne – Le père de l’artiste
Paul Cezanne – Portrait d’un avocat
Paul Cezanne – Portrait de Victor Chocquet
Paul Cezanne – Émile Zola
Paul Cezanne – Portrait d’Ambroise Bollard
Paul Cezanne_-_Le JardinierVallier
Paul Cezanne – L’enfant à la veste rouge
Paul Cezanne – Les joueurs de cartes
Paul Cézanne – Le fumeur de pipe
Paul Cezanne – Vieille femme au chapelet

Arts & Visages – 68/.. – Les portraitistes post-impressionnistes. Les français plus connus

On l’a vu dans le billet précédant que, le post-impressionnisme n’est pas un mouvement collectif d’artistes. Du reste c’est à posteriori que l’on a qualifié les artistes de la période entre 1880-1910. Tous, comme dans toutes les évolutions artistiques au fil du temps, renverser l’ordre établi. Tuer le père. Cette approche est essentiellement apparue en France. Bien qu »on le verra dans un billet ultérieur, d’autres pays ont été impactés par cette mouvance.

Il m’a semblé intéressant de débuter cette série sur le portrait post-impressionniste par les artistes unanimement reconnus à savoir Paul Cezanne = Vincent van Gogh = Paul Gauguin =
Henri de Toulouse Lautrec = Edouard Vuillard = Pierre Bonnard .

Le portrait postimpressionniste français se distingue par la diversité des approches . Par exemple certains artistes cherchent une structure plastique solide comme Paul Cézanne, d’autres explorent la subjectivité comme Vincent Van Gogh, la symbolique avec Paul Gauguin, la société chez Henri de Toulouse-Lautrec, l’intimité avec Edouard Vuillard ou Pierre Bonnard. Je me propose de consacrer un billet à chacun des ces six artistes notables

Arts & Visages – 67/.. Le portrait en période post-impressionniste-Généralités

À la suite de l’éclatement des certitudes impressionnistes, le portrait évolue durant la période post-impressionniste, qui s’étend des années 1886 jusqu’au début du XXe siècle. Les artistes ne se contentent plus de capturer la lumière ou un instant, mais explorent l’intériorité et les structures, cherchant un sens plus subjectif et symbolique.

Le portrait post-impressionniste ne suit pas un seul style, mais partage une direction vers la subjectivité et la stylisation. Tandis que les impressionnistes peignaient le visible, les post-impressionnistes s’intéressent à l’invisible et à l’intime. Cela annonce l’émergence de l’art moderne. Dans le néo-impressionnisme, Georges Seurat utilise une approche scientifique : ses œuvres en pointillisme montrent une volonté d’objectivité, mais cette précision renforce l’étrangeté des figures humaines.

En résumé, le portrait post-impressionniste s’éloigne de la ressemblance pour se concentrer sur l’expression, la structure, et la synthèse spirituelle. Il devient un lieu d’expérimentations qui préparent les avant-gardes : fauvisme, cubisme, expressionnisme… Chaque visage peint annonce une révolution intérieure pour le modèle et l’artiste.

Ce changement constitue une rupture avec la tradition académique : le portrait montre désormais une vision du monde, au-delà de l’individu.

Arts & Visages – 64/.. Portrait impressionniste en Amérique latine

L’impressionnisme arrive en Amérique latine par le biais des artistes qui voyagent et se forment en Europe, notamment à Paris àla fin du 19ème siècle.C’est surtout dans les grandes capitales (Buenos Aires, Rio, Montevideo, Caracas) que ces mouvements ont eu un impact notable.

Be
aucoup de peintres latino-américains ont intégré des éléments impressionnistes dans le portrait, tout en les mêlant à des traditions locales ou à des courants comme le réalisme et le romantisme.Le portrait impressionniste latino-américain est souvent plus intimiste, parfois plus bourgeois, et moins radical que chez les Français. Il est aussi plus tardif

Voici une liste de peintres impressionnistes latino-américains qui ont peint des portraits.
Argentine Fernando Fader = Ramón Silva
Brésil Eliseu Visconti= Belmiro de Almeida
Chili Alfredo Valenzuela Puelma = Pedro Lira
Cuba Leopoldo Romañach = Pérou Teófilo Castillo
Uruguay Pedro Figari =+ Carlos Federico Sáez
Venezuela Arturo Michelena = Armando Reverón

Fernando Fader -Mazamorra
Eliseu Visconti – Maternité
Belmiro de Almeida – Vieil_Artiste
Alfredo_Valenzuela_Puelma – Jeune femme au béret rouge
Pédro Lira – Au balcon
Leopoldo Romanach – Paysans
Teófilo Castillo Guas Portrait de Juan-Silvano Godoy
Carlos Federico Sáez_-_Portrait de Sir J.C.M
Arturo Michelena – Joyeuse compagnie
armando Reveron – Portrait femme

Arts & Visages -63/.. portraits impressionnistes en Amérique du Nord

En France, des jeunes artistes américains et canadiens se tournent vers la pratique de la peinture en plein air. Chaque été, ils quittent Paris et les académies pour la campagne. Ils se rassemblent , en colonies, dans des villages comme Grez-sur-Loing, Pont-Aven et surtout Giverny (*) où Claude Monet s’est installé en 1883.

De retour outre-atlantique, ces artistes vont entre les années 1890 et 1910 amener cette nouvelle façon d’aborder la peinture en l’adaptant à leur continent. C’est l‘impressionnisme américain mais aussi celui des peintres canadiens.

Pendant cette période l’Amérique du Nord vit une véritable effervescence artistique. Le portrait impressionniste s’y développe en lien direct avec les grands courants venus de France,Le portrait impressionniste nord-américain s’est ainsi situé à la croisée des chemins.

Les artistes nord-américains n’ont pas simplement imité l’impressionnisme français ; ils l’ont adapté à leurs contextes, leurs commanditaires et leur sensibilité, contribuant à faire émerger une voix artistique originale. Ils ont allié l’élégance européenne et le réalisme psychologique, l’influence de la modernité urbaine, une quête d’identité propre à un continent jeune, en pleine transformation.

Parmi les peintres impressionnistes américains un certain nombre ont réalisé des portraits et notamment Cecilia Beaux= Frank Weston Benson =Mary Cassatt=William Merritt Chase
Joseph DeCamp =Childe Hassam = Philip Leslie Hale = Robert Henri
= Willard Metcalf=Theodore Robinson=John Singer Sargent
Edmund Tarbell =John Henry Twachtman ==Julian Alden Weir

Chez les impressionnistes canadiens il y a eu
William Blair Bruce=Laura Muntz Lyall = James Wilson Morrice
= Helen McNicoll =Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté

Cecilia Beaux – Madame Théodore Roosevelt et sa fille Ethel,
Mary Cassatt -, Portrait de jeune femme au chapeau blanc
William Merritt Chase – L’estampe japonaise
Joseph DeCamp – La femme au chapeau noir
Willard Leroy Metcalf – Jeune femme
john-singer-sargent – Mme Fiske Warem et sa fille Rachel
Edmund Tarbell – Jeune femme
William Blair Bruce – Mère et son enfant à Giverny
Laura_Muntz_Lyall – Lecture
James Wilson Morrice – Blanche Baume
Helen McNicoll – A l’ombre de l’arbre
=Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté – Portrait de femme

Arts & Visages -62/.. portraits impressionnistes d’Europe

L’impressionnisme, né en France dans les années 1870, est souvent associé à des figures comme notamment Monet, Renoir ou Degas,. Mais ce mouvement s’est rapidement diffusé à travers l’Europe, où il a trouvé des interprètes originaux, notamment dans le domaine du portrait.

Après les premières expositions impressionnistes à Paris, le mouvement s’est exporté grâce aux voyages d’artistes, aux expositions internationales et aux échanges culturels.

En Europe, des peintres ont repris la technique impressionniste (coups de pinceau libres, effets de lumière, couleurs vibrantes) mais l’ont appliquée selon leurs traditions nationales et leurs sensibilités personnelles.Le portrait, forme traditionnelle et respectée, a été un terrain fertile pour expérimenter cette nouvelle esthétique.

Malgré leurs différences, ces artistes partagent un intérêt pour la lumière naturelle et l’instantané, des coups de pinceau visibles et rapides, Une recherche d’atmosphère plutôt qu’un strict réalisme.Une sensibilité psychologique du modèle, plus que la simple ressemblance.

Un certain nombre d’artistes des différents pays européens ont émergé et certains sont devenus célèbres. Ils étaient souvent d’abord paysagistes, peignaient des scènes de genre et aussi, parfois exclusivement des portraits.

Parmi eux l’on peut citer
Les britanniques Charles Conder = Walter Sickert =Philip Wilson Steer = =Henry Herbert La Thangue
Les néerlandais Isaac Israëls et le cercle impressionniste d’Amsterdam
Willem Bastiaan Tholen= Willem de Zwart =George Hendrik Breitner= Willem Witsen
Les belges (*) Théo van Rysselberghe Emile Claus =Anna Boch =Georges Lemmen
Les allemands Lovis Corinth –=Max Liebermann = Lesser Ury =Wilhelm Trübner
les autrichiens Theodor von Hörmann –=Carl Moll
Les espagnols Joaquín Sorolla = Darío de Regoyos =Ignacio Pinazo Camarlench
Les italiens Giuseppe De Nittis =Federico Zandomeneghi
Telemaco Signorini ==Silvestro Lega membre des Macchiaioli =Giovanni Boldini
Le Suédois Anders Zorn =Carl Larsson =–les danois Peder Severin Krøyer =Laurits Tuxen
==Michael Peter Ancher, membres des Peintres de Skagen
Les suisses =Félix Vallotton =Cuno Amiet = Giovanni Giacometti
Les russes Konstantin Korovin = Valentin Serov = La polonaise Olga Boznańska
Les australiens Tom Roberts =Arthur Streeton = Membres de l’Heidelberg School

Henry Herbert La Thangue – Jeune femme au chapeau
Walter Richard Sickert – Portrait de Sir_Hugh_Walpole
Willem de Zwart – Jeune femme en blanc
Isaac Israls – au café
Théo van Rysselberghe l- Lheure du thé
Lovis Corinth – Portrait de Centa Bré
Max_Liebermann – Portrait de Martha_Liebermann, artiste peintre
Joaquin_Sorolla_Marche sur la plage
Ignacio Pinazo Camarlench – Enfant de chœur jouant du tambourin
Giuseppe De Nittis – Journée d’hiver
Giovanni Boldini – Portrait de Giuseppe Verdi
Andres Zorn -Portrait de Frieda Schiff-Warburg
Michael Peter Ancher – Portrait de la peintre Helga Ancher,
Giovanni_Giacometti (le père) – Portrait d’Annetta
Valentin Serov – Portrait de Mika Morozov à4 ans
Olga Boznanska – Femme à la blouse blanche
Tom Robers – La femme en gris

Arts & Visages – 61/.. Le portrait impressionniste français

C’est vers 1860 que nait en réaction à l’académisme le mouvement ‘impressionnisme. . Le développement du réseau ferroviaire va amener les artistes dans la campagne et la forêt. Ils vont peindre en plein air sur le motif. Subjugués par la lumière naturelle ils la traitent par touches fragmentées dans des tonalités claires. La commercialisation des pigments en tubes leur permettent de restituer « leurs impressions » directement sur la toile, hors de leur atelier. Cette nouvelle approche les amène aussi à peindre en groupe au sein de colonies artistiques.

On le sait, le paysage occupe dans leurs œuvres une place centrale, chez les impressionnistes. Cependant un certain nombre d’entre-eux et plus souvent d’entre-elles ont réalisé des portraits impressionnistes plein d’une sensibilité nouvelle.

Le peintre recherche les effets de lumière, la spontanéité et la perception subjective du paysage comme du modèle plutôt que la stricte ressemblance et l’idéalisation.La représentation de l’instant et du mouvement, Le portraitiste s’intéresse d’avantage à la capture d’une atmosphère plutôt que d’une stricte ressemblance. La demande de portrait est généralement celle dd’un milieu aisé et urbain.

Les principaux portraitistes français de la mouvance impressionnistes ont été
Frédéric Bazille =Gustave Caillebotte= Edgar Degas= =Eva Gonzalès =
Armand Guillaumin =Berthe Morisot= Claude Monet= Auguste Renoir
et aussi surtout paysagistes : Paul Cézanne =Camille Pissarro =Alfred Sisley
et Édouard Manet qui père du mouvement ne pensait pas en faire partie

Frédéric Bazille – Vue de village (sic)
Gustave Caillebotte – Portraits de campagne
Edgar Degas – L’absinthe
Berthe Morisot – Deux jeunes filles
Auguste Renoir – Margot
Pissarro Camille -Le jeune fille à baguette
Édouard Manet – Portrait de Stéphane Mallarmé



Arts & Visage – 59/.. – Portrait réaliste en Amérique latine

Au cours du 19ᵉ siècle, l’Amérique latine connaît de profondes mutations politiques et sociales, liées aux luttes d’indépendance et à la construction des jeunes nations.

Dans une région marquée par l’héritage colonial espagnol et portugais, la peinture de portrait avait longtemps été dominée par l’imagerie religieuse et baroque.Les écoles de beaux-arts naissantes (Rio de Janeiro, Mexico, Santiago, Buenos Aires) et les voyages d’artistes vers l’Italie ou la France diffusent ces nouveaux modèles esthétiques.

Le portrait réaliste en Amérique latine au 19ᵉ siècle dépasse le simple exercice académique. Il contribue à la définition des identités nationales en représentant les élites, les héros de l’indépendance, les intellectuels, mais aussi les métis, les femmes et les classes populaires. Il s’agit souvent d’un art engagé dans les processus de modernisation et d’institutionnalisation culturelle. C’est aussi un vecteur d’ascension sociale, de mémoire civique ainsi que d’exploration ethnographique et nationale. On parle pour cette approche du Costumbrismo.

Les artistes s’attachent à représenter avec fidélité les traits du modèle, ses vêtements, ses bijoux , Ils utilisent la lumière pour accentuer le volume et la matérialité. Bien qu’influencé par l’art académique européen il s’adaptent aux particularités locales.

Voici quelques portraitistes réalistes notables de cette période :
Les mexicains José Agustín Arrieta = Félix Parra = Santiago Rebull
Les chiliens Raymundo Monvoisin= Pedro Lira Rencoret =
Les argentains Candido López = Carlos Morel =
Prilidiano Pueyrredón,Eduardo Sívori,
Les brésiliens Pedro Américo = Victor Meirelles=Rodolfo Amoedo =Manuel de Araújo Porto-Alegre
Les péruviens Pancho Fierro =José Gil de Castro Y Morales
Les colombiens Epifanio Garay =Ricardo Acevedo Bernal
Les vénézuéliens Martín Tovar y Tovar =Antonio Herrera Toro

Agustin Arieta – Portrait de la famille du Général Don Felipe Codallos
Felix_Parra -Galileo Galilei démontrant ses nouvelles théories astronomiques
Santiago Rebull – Portait de l’Empereur Maximilien et Charlotte
Raymondo Montvoisin – Portrait d‘ Andrés Bello
Pedro Lira – Femme du peuple
Candido Lopez – Portrait du Président Bartolomé Mitre
Carlos_Morel – Portrait de Don Florencio Escardó
=Manuel de Araújo Porto-Alegre -Portrait de Pierre 1er du Brésil
José Gil de Castro‐ Portrait de Bernardo_de_Torre_Tagle
Ricardo Bernal – Portrait de Simon Bolivar
Antonio Herrera Toro – La femme roumaine ?



Arts & Visages -58/.. – Portait réaliste Nord-Américain

Au XIXe siècle, alors que l’Europe est secouée par le romantisme, le réalisme et les grands mouvements révolutionnaires, l’Amérique du Nord – et plus précisément les États-Unis – forge son identité artistique dans un climat de modernisation rapide, d’expansion territoriale et de bouleversements sociaux. Dans ce contexte, le portrait réaliste devient un genre central, témoin intime des aspirations d’une société en pleine mutation.

Le réalisme nord-américain émerge en réaction aux idéalisations romantiques. Il s’agit de représenter les sujets avec sincérité, sans embellissement, dans toute leur humanité. Ce souci de véracité n’est pas que plastique : il traduit une volonté de documenter, d’honorer la diversité sociale et culturelle d’une Amérique en pleine expansion.

Avec l’essor de la classe moyenne, le portrait réaliste devient un outil de reconnaissance sociale. Les notables, entrepreneurs, médecins, avocats et femmes de la bonne société commandent des portraits pour affirmer leur statut. Les peintres les représentent dans des intérieurs sobres, souvent en habits du quotidien, avec une attention minutieuse aux traits du visage, au regard, aux mains – autant de signes de caractère.

Cependant dès les années 1840, l’invention du daguerréotype révolutionne le portrait. Plus accessible, plus rapide, la photographie bouleverse le marché. Les peintres s’adaptent : certains s’en inspirent pour leurs compositions, d’autres se reconvertissent. Mais le portrait peint garde un statut particulier, plus durable, plus intime, souvent plus flatteur.

À la fin du siècle, le réalisme prend une tournure plus psychologique. L’artiste ne se contente plus de représenter fidèlement l’apparence : il cherche à suggérer la vie intérieure. Le regard devient plus introspectif, l’arrière-plan plus épuré, les couleurs plus subtiles

Parmi les portraitistes réalistes américains il y a eu notamment : Thomas Sully = George Caleb Bingham = Thomas Eakins = Rembrandt Peale = Eastman Johnson = John Singer Sargent = William Morris Hunt =

Et parmi les canadiens : Paul Kane = John Arthur Fraser = Robert Harris = Charlotte Schreiber

George Caleb Bingham – John Quincy Adams –
Thomas Sully – Portrait d’ Andrew Jackson,
= Thomas Eakins = Portrait d’ Annie C. Lochrey-Husson
Rembrandt Peale – Portrait de Thomas Jefferson
Eastman_Johnson_-_Portrait de son épouse
John Singer Sargent – Portrait de Winifred Duchesse de Portland,
William Morris Hunt – Paysanne
Paul Kane – Mah-Min
John Arthur Frazer –Alice Starr Chipman-Tilley,
Robert Harris – Portrait d’Henry Morgan
Charlotte Schreiber- Femme au chapeau

Arts & visages -57/.. – Portrait réaliste des Balkans

Le XIXᵉ siècle marque une période de profondes mutations dans les Balkans : affaiblissement de l’Empire ottoman, affirmation des identités nationales, modernisation sociale et culturelle. Dans ce contexte, la peinture de portrait prend un essor inédit, portée par des artistes qui adoptent les principes du réalisme occidental, tout en les adaptant aux particularités locales.

Ces portraitistes jouent un rôle fondamental dans la constitution d’un art national moderne, ancré dans l’observation du réel et la valorisation de la figure humaine.

De nombreux artistes originaires des Balkans se forment dans les grandes académies européennes : Munich, Vienne, Paris ou encore Saint-Pétersbourg. Cette formation leur donne accès aux techniques du réalisme pictural, très en vogue au milieu du XIXᵉ siècle, qui privilégie l’étude attentive des traits humains, des expressions psychologiques, des vêtements et du cadre social.

Dans les Balkans du XIXᵉ siècle, le portrait réaliste ne se limite pas à une imitation de l’art occidental. Il devient le support d’une identité en devenir, un vecteur de reconnaissance sociale et nationale. En montrant des notables, des patriotes, des intellectuels, ces artistes racontent une histoire visuelle de l’émancipation culturelle.

Voici une liste des artistes réalistes originaires des Balkans :
Les serbes Uroš Knežević = Đura Jakšić =Nikola Aleksić =Stevan Todorović = Toma Rosandić
Les croates Vlaho Bukovac = Ferdo Quiquerez
Hugo Conrad von Hötzendorf =Josip Račić =Paja Jovanović
Les bulgares Stanislav Dospevski = Ivan Mrkvička =Georgi Danchov
Les roumains Theodor Aman =Nicolae Grigorescu =Carol Popp de Szathmári =Gheorghe Tattarescu
Le slovène Matej Sternen = Le bosniaque Gabrijel Jurkić
Les grecs =Constantinos Parthenis =Nikiforos Lytras = Spyridon Prosalentis =Dionysios Tsokos

Uroš Knežević – prince Alexandre Karađorđević
Đura Jakšić – Portrait de Mileva Zorić
Stevan Todorović – Portrait de Nathalie de Serbie
Josip_Račić – Femme en noir
Ivan Mrkvicka – Portrait d’ Amalia Gravilova
Nicolae Grigorescu – Jeune paysanne
Konstantinos Parthémis – Portrait de Sophia Laskaridou

Arts & Visages – 56.. – Portrait réaliste russe

Au XIXe siècle, la Russie connaît de profonds bouleversements : montée de la conscience sociale, réformes libérales,comme l’abolition du servage en 1861, développement de la classe bourgeoise, expansion culturelle…

Le XIXe siècle est un tournant majeur dans l’histoire de l’art russe.En effet, ces changements stimulent une quête de vérité dans les arts. L’influence des penseurs humanistes et des écrivains comme Gogol, Tourgueniev ou Tolstoï favorise une peinture engagée, tournée vers l’homme et sa condition réelle.

Après les influences classiques et romantiques du début du siècle, une nouvelle génération d’artistes émerge avec une volonté forte de représenter la réalité sociale et psychologique de leur époque. Le mouvement réalisme russe , trouve dans le portrait un terrain d’expression privilégié. Plus qu’un simple exercice de style, le portrait réaliste russe devient une enquête visuelle sur la vérité humaine et sociale.Le portrait cesse d’être un attribut aristocratique ou un simple symbole de statut. Il devient un miroir de la société, dans ses contrastes, ses douleurs, mais aussi ses dignités silencieuses. les artistes s’attachent à montrer la vérité d’une époque, notamment les figures du peuple, des intellectuels ou des marginaux.

Le peintre n’utilise aucun embellissement, aucun artifice. Les rides, les cernes, la fatigue sont représentés sans détour. Le portrait devient une analyse de caractère. Le regard, la posture, la lumière expriment des sentiments, des tensions intérieures.Les arrière-plans sont neutres, discrets, éclairage doux,
Le groupe des Ambulants, en russe Peredvijniki, fondé en 1870, est au cœur de cette transformation. Ces artistes rompent avec l’Académie impériale des beaux-arts, jugée trop rigide et déconnectée de la réalité. Ils organisent des expositions itinérantes à travers la Russie, rendant l’art accessible à un large public.

Parmi les peintres réalistes russes également portraitistes il y a eu notamment : Ilia Répine =Ivan Kramskoï= Vassili Perov =Nikolaï Gay= Vladimir Makovski = Grigori Miassoïedov = Nikolai Yaroshenko = Vassili Sourikov== Alexander Ivanov

Ilia Repine – La femme blonde (Tevashova)
Ilia Repine – Portrait de Rimsky Korsakov
Ivan Nikolayevich Kramskoi – Portrait de Anna Vollova
Ivan Nikolaevich Kramskoy – Portrait de Léon Tolstoï
Vassili Perov- Troika
Nikolaï Gay Portrait d’ Yelena Likhachova
Vladimir Makovski – L’optimiste et le pessimiste
Vlladimir Makovsky – Alexi Ivanovitch Strelkovsky
Grigori Myasoedov – Seul à seul ou le jeu d’échecs
Nikolai_Aleksandrovich_Yaroshenko_ Portrait de Vladimir_Soloviov
Vassili Sourikov – Portrait d’ A. N Tretyakova
Alexander Ivanov – Portrait de Vittoria Caldoni

Arts & visages – 55/.. – Portrait réaliste ibérique

Au XIXe siècle, la péninsule ibérique traverse d’importants bouleversements politiques et sociaux. L’Espagne et le Portugal, pris dans les soubresauts des guerres napoléoniennes, des révolutions libérales et des conflits internes, voient aussi leur paysage artistique évoluer en profondeur. Le portrait réaliste, en particulier, s’impose comme un miroir de ces sociétés en mutation, combinant héritage classique et recherche d’une vérité humaine nouvelle.

En Espagne comme au Portugal, les artistes du XIXe siècle héritent d’une tradition picturale profondément marquée par le Siècle d’or. Diego Velázquez et Francisco de Zurbaránsont encore des références majeures, notamment par leur manière de représenter les figures avec sobriété et densité psychologique. Ce legs influence durablement la pratique du portrait.

Le XIXe siècle inaugure une rupture, un moment de bascule. On assiste à la montée du libéralisme, au développement de la bourgeoisie et à l’effondrement progressif des structures monarchiques traditionnelles en Espagne mais aussi au Portugal.

Les artistes cherchent donc à représenter leurs contemporains dans leur individualité authentique, réaliste Ils vont dépasser la simple ressemblance physique. Le portait devient un lieu d’interrogation sur l’identité, le statut social, les émotions et parfois même les contradictions internes des modèles.

Les principaux peintres qui ont réalisé des portraits réalistes sont en Espagne :Francisco de Goya = Federico de Madrazo = Joaquín Sorolla= Antonio María Esquivel = Luis de Madrazo = José Casado del Alisal = Eduardo Rosales =Ignacio Pinazo Camarlench

Et au Portugal : Columbano Bordalo Pinheiro =Miguel Ângelo Lupi = Henrique Pousão = João Cristino da Silva = José Malhoa

Francisco de Goya – Les jeunes
-FraLa Famille du duc d’Osuna
Francisco de Goya –La Maja nue (*)
Federico de_Madrazo y Kuntz – Portrait d ‘Amèlia de Vilanova i Nadal-_
Joaquin Sorolla y Bastida – Jeune italienne aux fleurs
Joaquin Sorolla- Maria Sorolla
Antonio Mara Esquivel – Portrait du chanteur Ronconi
José Casado del Alisal – Manola
Eduardo Rosales – Comtesse de Santovenia
Ignacio Pinazo Camarlench – enfant de chœur jouant du tambourin
Columbano Bordalo Pinheiro -Portrait d‘Antero de Quintal
=Miguel Ângelo Lupi – Portrait du duc d’Avila é Bolama
Henrique Pousão – La dame en noir
João_Cristino_da_Silva -Jeune garçon
José Malhoa – Clara la lavandière.




Arts & visages – 54/.. – Portrait réaliste autrichien

Le Congrès de Vienne en 1815 est pour l’Autriche une période très faste avec la constitution de l’Empire d’Autriche et en 1867 de l’Empire Austro-Hongrois. L’influence de l’Autriche , sous le ministère du Chancelier Metternich est alors importante.

Si l’Autriche ne connaît pas une rupture aussi radicale que la France ou l’Allemagne dans l’approche du réalisme, elle développe une école du portrait raffinée, nourrie d’académisme, mais ouverte à une subtile exploration de l’intériorité.

L’Autriche impériale, et plus particulièrement Vienne, reste au XIXe siècle une capitale de la représentation officielle. Les portraits de cour dominent encore dans la première moitié du siècle. L’art reste soumis aux exigences de représentation sociale : hiérarchie, costume, fonction. Dans ce contexte, le portrait réaliste s’impose comme un genre central, où l’art du paraître se confronte progressivement à une exigence de vérité psychologique.

Le mouvement Biedermeier (1815–1848), propre à l’aire germanophone, marque une étape cruciale. Ce style, qui valorise , le « bon vieux temps, la vie privée, le confort domestique et la clarté formelle, trouve un écho fort dans le portrait. Loin des scènes historiques ou mythologiques, les artistes biedermeier s’attachent à représenter l’individu dans son environnement quotidien, sans emphase.

Parmi les portraitistes autrichiens notables il y a eu Friedrich von Amerling = Franz Xaver Winterhalter = Ferdinand Georg Waldmüller =Anton Romako = Gustav Klimt à ses débuts = Joseph Danhauser= Leopold Kupelwieser = Johann Baptist Reiter = Franz Eybl = August von Pettenkofen= Eduard Charlemont = Rudolf von Alt

Friedrich von Amerling – Empereur François II d’Autriche
Friedrich von Amerling_-Marie Freiin Vesque von Puettlingen
Winterhalter, Franz-Xaver – Louis-Philippe Ier, roi des Français
Franz Xaver Winterhalter -La duchesse de Montmorency
Ferdinand Georg Waldmüller – Ludwig von Beethoven
Anton Romako – Elisabeth_von_Nast-Kolb
Gustav Klimt – Jeune fille assise
Karl Ludwig von Littroww et son épouse
Eduard_Charlemont – un verre pour le batteur
Leopold Kupelwieser – Portrait de l‘archiduc jean d’Autriche
August XaverKarl von Pettenkofen – Pauvresse
Leopold Kupelwieser, – Albert, Moritz et Leopold von Neuwall
Johann-Baptist Reiter – l’aubergiste Barbara_Meyer

Arts & Visages – 53/.. – Portrait réaliste en Belgique et aux Pays-bas

Le congrès de Vienne (1815), avait réuni en un même royaume les Pays-Bas et la Belgique, L’indépendance de la Belgique s’établie en 1830, Les arts vont alors être un vecteur de l’éveil-de-la-nation-belge, Les deux pays, comme partout en Europe vont vivre la révolution industrielle les transformations profondes de la société,

Le réalisme belge et néerlandais du XIXe siècle s’inscrit dans une longue tradition picturale. Les artistes regardent vers leurs illustres prédécesseurs —le néerlandais Rembrandt, les anversois Frans Hals et Rubens — non pour en copier le style, mais pour en raviver l’esprit d’observation. Le jeu subtil des lumières, l’attention aux tissus, aux rides, à la carnation : ces éléments, déjà chers aux maîtres du XVIIe siècle, trouvent une nouvelle vie sous le pinceau des réalistes du XIXe.

Les portraits réalistes du XIXe siècle se distinguent par leur volonté de vérité. Ils ne flattent pas. Ils montrent. Ils révèlent. Ainsi, les visages ne sont pas idéalisés : les cernes, les rides, les regards las ou pénétrants sont représentés avec la même intensité que les accessoires ou les décors. Le modèle n’est pas un symbole, c’est une personne — un individu saisi dans sa réalité sociale et psychologique.

Parmi les portraitistes il y a eu les belges Charles de Groux né à Comines = Constantin Meunier = Eugène Laermans, =Antoine Wiertz =Louis Gallait =Joseph Stallaert =Théodore-Joseph Canneel =Alfred Stevens = Certains sont à la frontière du symbolisme comme Léon Frédéric ou Fernand Khnopff

Et du coté des Pays-bas il y a eu notamment Jozef Israëls et son fils Isaac Israëls =Hendrik Willem Mesdag =Thérèse Schwartze =David Bles

Charles de Groux – Honoré de Balzac
Charles de Groux – Richard Wagner
Constantin Meunier – Portrait de Théo Van Rysselberghe
Eugèbe Laermans – Le vieux jardinier
Eugène Laermans – les émigrants
Antoine_Joseph_Wiertz – Maria Mertens
Louis Gallait – La femme et la fille du peintre –
Joseph Stalllaert – Femme endormie
Alfred Stevens – Portrait Sarah Bernhardt.
Léon Frédéric – Jeunes paysans
Fernand Khnopff- Je ferme ma porte sur moi-même
Jozef Israël – Femme de pécheur
Isaac Israël – Jeune fille lisant sur un divan
Hendrik Willem Mesdag – Maria Hermina épouse de Menno de Limburg Stirum
Thérèse-Schwartze – Le botaniste Hugo-de-Vries
David Bles – Le repos

Arts & visage – 52/.. Portrait réaliste allemand

Au XIXᵉ siècle, l’Allemagne connaît une série de bouleversements politiques, sociaux et culturels majeurs : l’effondrement du Saint-Empire romain germanique, les guerres napoléoniennes, l’unification allemande en 1871, mais aussi l’essor du nationalisme, de la bourgeoisie et de la pensée philosophique et scientifique. Ce contexte agité façonne profondément la production artistique, notamment le portrait, qui devient un lieu d’affirmation identitaire, sociale et existentielle.

Le réalisme s’impose progressivement à partir des années 1840-1850, en réponse à une volonté d’ancrer l’art dans le vécu quotidien, à rendre compte de la réalité sociale.Le portrait réaliste, en particulier, devient un outil privilégié pour explorer les tensions entre l’individu et son époque.

Le portrait réaliste allemand adopte une sobriété formelle et une précision minutieuse, souvent influencée par la peinture flamande du XVIIᵉ siècle.Dans les portraits réalistes allemands, le regard du modèle est souvent grave, pensif, comme suspendu dans une tension psychologique. Le fond est souvent neutre ou discret, concentrant toute l’attention sur le visage et la présence.

Influencé par les académies et cercles artistiques de Munich, Berlin et Düsseldorf, le portrait devient dans les milieux bourgeois et scientifiques un marqueur de respectabilité, C’est un instrument de transmission de l’image de soi dans la société industrielle émergente.

Les portraitistes réalistes allemands notables ont été notamment :Wilhelm Leibl =Franz von Lenbach = Adolf Menzel = Karl Gussow = Anton von Werner = Gabriel Ritter von Max = Fritz von Uhde = Max Liebermann = Wilhelm Trübner = Hans Thoma

Wilhelm_Leibl – Femme au chiffon de tête blanc
Wilhelm Leibl – Couple improbable
Franz von Lenbach – Marion fille de l’artiste
Franz von Lenbach – Portrait de Richard_Wagner
Adolph Menzel – Prince Otto von Bismarck
Adolph Menzel – Karoline Arnold, baronne Treusch von Buttlar-Brandenfels
Karl Gussow – Portrait d’une dame au chapeau
Karl Gussow- Miadame Hedwig-Woworsky née Heckmann
Anton von Werner – Le Congrès de Berlin
Anton von Werner – Portrait de Guillaume II
Gabriel Ritter von Max – Le miroir
Gabriel Ritter von Max – L’anatomiste
Fritz von Uhde – Portrait de la danseuse Thérèse Karl
Max Liebermann -Jeanette Onnes van Nijenrode-Cockuijt
Wilhelm-Trubner- Tête de gorgone
Wilhelm Trübner – Portrait de Karl Schuch .

Arts & Visage – 51/.. Portrait réaliste italien

Au XIXe siècle, l’Italie traverse une période de profondes mutations : politiques, sociales, et esthétiques. Marqué par le Risorgimento – mouvement d’unification nationale – et par les bouleversements de l’ère industrielle,

Le pays voit aussi naître une peinture plus attentive au réel, à la vie quotidienne, et surtout à l’individu. Dans ce contexte, le portrait réaliste s’impose comme un genre de premier plan, combinant finesse psychologique et observation du monde contemporain.

Le réalisme, en Italie, ne se résume pas à une école unique comme c’est le cas en France avec Courbet. Il prend plusieurs visages selon les régions, les influences et les objectifs des artistes. En matière de portrait, il s’agit moins d’une rupture violente que d’une évolution progressive : on quitte les figures idéalisées du néoclassicisme pour s’ancrer dans la vérité des visages, des chairs, des regards.

Le portrait réaliste italien n’a pas pour but d’idéaliser ou de flatter, mais de rendre compte de la vérité du visage humain, de ses marques de vie, de sa singularité. Il conjugue finesse d’exécution et sincérité du regard. Le modèle y est à la fois un individu et un miroir de son époque.Les modèles ne sont plus seulement des aristocrates ou des figures mythologiques : ce sont aussi des bourgeois, des intellectuels, des patriotes des artistes, des femmes et leurs enfants, voire des paysans.

Les figures majeures du portrait réaliste italien sont notamment Giovanni Fattori, lui et plusieurs autres ont fait partie des Macchiaioli = qui annonce d’impressionnisme = Antonio Mancini =Domenico Morelli =Federico Faruffini =Giuseppe Pellizza da Volpedo =Vincenzo Cabianca =Giovanni Boldini =Tranquillo Cremona,membre de la Scapigliatura =Mosè Bianchi

Giovanni Fattori – Portrait de la femme du peintre
Giovanni Fattori – Portrait d’Augusta Cecci-Siccoli
Antonio Mancini – Femme avec un encrier
Antonio Mancini – Le père de l’artiste
Domenico_Morelli –Francesco_Nullo, lieutenant de Garibaldi
Dominico Morelli – Thérèse de Gas soeur d’Edgar
FedericoFaruffini – La lectrice
Giuseppe Pellizza – Santina Negri – Mémoire d’une douleur
Vincenzo Cabianca- Portrait d’une nonne
Giovanni_Boldini_- Portrait de Madame R.L.
Tranquillo Cremona – Camillo Cavour
Mosé Bianchi – Flora

Arts & Visages -50/.. Le portrait réaliste britannique

Au XIXe siècle, la Grande-Bretagne connaît une transformation artistique majeure, marquée par l’émergence du réalisme dans le domaine du portrait. Ce mouvement s’inscrit dans règne victorien(1837–1901) C’est une période caractérisée la révolution industrielle, une expansion coloniale et une structure sociale hiérarchisée.

L’art du portrait, longtemps réservé à l’aristocratie, s’ouvre désormais à la bourgeoisie montante, qui cherche à affirmer son statut social à travers des représentations fidèles et dignes d’elle-même.Il devient un véritable miroir de la société britannique du XIXe siècle. Il traduit les valeurs de respectabilité, de discipline et d’ascension sociale, tout en laissant transparaître les tensions intérieures d’une époque marquée par de profonds changements. Il incarne aussi l’individualisme croissant et la volonté de laisser une trace durable de soi.

L’artiste cherche à représenter le modèle avec exactitude, sans idéalisation excessive et à capter non seulement les traits physiques, mais aussi la personnalité, les émotions et le statut social de la personne. La pose devient plus naturelle, le regard plus introspectif, et les décors sont souvent révélateurs de la profession ou des goûts du modèle. Il s’intéresse aussi aux effets de la lumière et aux textures, Les tissus, les cheveux, la carnation sont minutieusement reproduits. Cette attention aux détails reflète une influence de la science positiviste et des avancées dans la compréhension de l’anatomie humaine.

L’invention de la photographie dans les années 1830-1840 bouleverse l’art du portrait. Les artistes ne peuvent plus se contenter de reproduire simplement les traits physiques : la peinture doit désormais offrir quelque chose de plus – une profondeur psychologique, une mise en scène symbolique, une touche d’interprétation personnelle. Cela pousse le portrait réaliste vers une dimension plus introspective et artistique.

Les artistes les plus représentatifs de ce courant ont été notamment
Thomas Lawrence entre romantisme et réalisme =William Charles Ross = John Everett Millais un des fondateurs du mouvement préraphaélite= George Frederic Watts = mais aussi = William Etty =Richard Dadd = Ford Madox Brown = George Richmond =Frank Holl = Walter William Ouless = Philip Hermogenes Calderon

Thomas Lawrence – Lady Maria Conyngham
John Evereet Millais -Alice Sophia Caroline Wortley.
William Charles Ross – Jane Digby Lady Ellenborough
Richard Dadd Portrait d‘Alexander Morison
William Etty – Elizabeth Potts
Ford George Madox – William Michael Rossetti
George Frederic Watts – Portrait d‘Ellen Terry
Walter William Ouless – Portrait de Robert W. Darwin
Philip Hermogenes Calderon -; Margaret
Frank Hell – Portrait de Lord Thomas Brassey

.

Arts & Visages – 49/.. – Le portrait réaliste français

Le mouvement du réalisme qui s’affirme vers 1848, s’oppose aux excès de l’idéalisme romantique pour représenter la vie telle qu’elle est. Dans le domaine du portrait, cela se traduit par une représentation sincère et parfois crue des individus, au-delà des conventions académiques. La révolution de 1848 et l’émergence de la conscience sociale changent la donne : on veut représenter le vrai, y compris les couches populaires et les aspects moins flatteurs de la condition humaine.

Le portrait devient un outil pour montrer la réalité d’un individu dans son époque, sans chercher à la sublimer. L’artiste peint les rides, les traits marqués, les regards las ou interrogateurs.Les poses sont naturelles, souvent frontales, sans symbolisme excessif. Il peint : un paysan, un ouvrier ou une vieille femme avec autant d’attention qu’un aristocrate. Le personnage est installé sur un fond neutre , en vêtements vêtements du quotidien dans des tons terreux, avec une lumière diffuse,

Les peintres réalistes ne cherchent pas à rivaliser avec la photographie naissante, Il vont exprimer l’intériorité, l’humanité profonde. Leurs contemporains jugent parfois ces portraits, vulgaires,

Parmi les peintres qui ont réalisé des portraits il y avant notamment : Alexandre Antigna = Rosa Bonheur
= Jules Breton =François Bonvin =Camille Corot = Gustave Courbet=,Honoré Daumier, Jean-François Millet, Léon Bonnat, Jean-Baptiste Carpeau =Constantin Guys = Henri Fantin-LatourDésiré François Laugée= Alphonse Legros =Édouard Manet= Jean-François Raffaëlli, Léon Lhermitte

Gustave Courbet – Le désespéré
Gustave Courbet – La belle Irlandaise
Alexandre Antigna – Portrait d’enfant
Jules Breton – Les amies
Rosa Bonheur – Autoportrait
François Bonvin – Servante tirant de l’eau
Honoré Daumier – L’avocat et son client
Honoré Daumier
Jean-François Millet – le semeur
Jean-François Millet – Portrait d’ Armand Ono, ami du peintre
Jean-François Millet – Louise-Antoinette Feuardent
Léon Bonnat _ Portrait de Victor Hugo
Henri Fantin-Latour – Charlotte Dubourg, belle-sœur de l’artiste
Léon Bonnat – Portrait de Marguerite Steinheil ( cf.l’affaire Steinheil )
Jean-François Raffaëlli – Portrait de Gustave Geffroy,
Constantin Guys – Femmes au balcon
Désiré François LaugéePaul-Donatien Malezieux
Alfonse Legros – Portrait de femme
Edouard Manet – Portrait de M. et Mme Auguste Manet

Arts & Visages – 48/.. – Le réalisme – généralités

Le mouvement réaliste est un courant artistique et littéraire qui émerge au milieu du XIXe siècle, en réaction contre le romantisme et les conventions académiques de l’époque. Ce mouvement a marqué un tournant dans l’histoire de l’art, de la littérature , de la peinture et de la musique en cherchant à représenter la réalité de manière objective et fidèle, sans embellissement. Les artistes réalistes ont offert une vision critique et souvent engagée de leur époque, influençant profondément les courants artistiques ultérieurs.

Le réalisme en littérature se manifeste par une description minutieuse de la réalité sociale et psychologique des personnages. Les auteurs réalistes s’attachent à dépeindre les conditions de vie et les mœurs de leur époque. Parmi eux l’on retiendra Honoré de Balzac, Gustave Flaubert . Ce mouvement est parfois confondu avec le naturalisme d’un Émile Zola,

Le réalisme en musique est moins marqué que dans les autres arts, mais certains compositeurs cherchent à représenter la réalité et les émotions humaines de manière plus directe et accessible. Parmi les compositeurs les plus célèbres, il y a eu notamment Guisepe Verdi, Georges Bizet, Modeste Moussorgski. Assez proche s’installe en Italie le Vérisme d’un Giacomo Puccini

Le réalisme en peinture se développe principalement en France dans les années 1840-1850. Les artistes réalistes cherchent à représenter la vie quotidienne et les conditions sociales de leur époque, souvent avec un regard critique. En Italie, les Macchiaioli s’inspirent du mouvement réaliste. Ils annoncent impressionnisme italien.

Dans la longue série des portraits, les prochains articles seront consacrés aux portraits des peintres du mouvement réaliste. Le portraitiste va être confronté à la concurrence de la photographie mise au point par Joseph Nicéphore Niépce et poursuivi par Louis Daguerre dans les années 1830.

Arts & visages-47/..- Portrait romantique dans les pays slaves

Le romantisme, mouvement artistique et littéraire du XIXe siècle, s’est étendu bien au-delà des frontières occidentales de l’Europe. Dans le monde slave — Russie, Pologne, Ukraine, Slovaquie et Balkans —, il a pris une forme singulière, mêlant exaltation individuelle, patriotisme et goût du mystère.

Au XIXe siècle, de nombreuses nations slaves sont sous la domination impériale (Russie, Autriche, Prusse, Empire ottoman). Le romantisme prend alors un caractère nationaliste et identitaire. L’art devient un outil de réaffirmation culturelle. Il y a notamment une école romantique russe

Le portrait romantique slave en est un témoignage marquant : il exprime non seulement les états d’âme de l’individu, mais aussi l’aspiration collective à la liberté, à la mémoire historique et aux racines culturelles. Il ne s’agit plus seulement de représenter une figure sociale ou religieuse, mais d’exprimer la profondeur de l’âme, la souffrance du peuple, ou encore l’idéalisme du héros romantique.

Les personnages sont mélancoliques, le regard souvent perdus dans la rêverie. Ils sont installés dans des paysages sublimes de montagne ou de forêt, sous des ciels orageux, dans un clair-obscur, Ils portent souvent des costumes traditionnels, clair-obscur, touche sensible, accent sur la lumière du regard.

Les portraitistes romantiques majeurs du monde slave ont été notamment :
Les russes Orest Kiprensky , Karl Brioullov, Vassili Tropinine
Alexeï Venetsianov ,Vassili Perov, Mikhaïl Vrubel
Les polonais Piotr Michałowski , Jacek Malczewski ,Aleksander Lesser ,Wojciech Stattler =
Les ukrainiens Taras Chevtchenkor, Nikolai Gay, Volodymyr Borovykovsky

Orest Kiprensky – Portrait d’ Evgraf Davydov
Orest Kiprensky – Pauvre Lisa
Karl Brioullov – Anatole Demidov
Karl Brioullov – Comtesse Daria Saltykova.
Vassili Tropinine – Portrait de Matvey Platov
Aleksei_Gavrilovich_Venetsianov – Les moissonneurs
Vasily Perov – Portrait de Fiodor Dostoevsky
Mikhail_Vrubel_Portrait de Savva_Mamontov
Piotr Michałowski – Napoléon à cheval
Aleksander Lesser -Portrait de Friedrich von Berg
Wojciech_Korneli_Stattler Portrait d’Hortensja Sobańska-Jełowicka
Nicolaï Gat – portraot d’Elena Osipovna Likhacheva
Taras Chevtchenko auto-portrait

Arts & Visages -46/.. – Le portrait romantique en Hongrie

Le romantisme, mouvement artistique et littéraire né à la fin du XVIIIᵉ siècle en Europe, s’est propagé dans de nombreux pays au XIXᵉ siècle, prenant des formes variées selon les contextes nationaux.

Le portrait romantique hongrois se distingue par son ancrage dans un contexte politique marqué par la lutte pour l’indépendance et l’éveil national avec des spécificités locales. attachement à la patrie, idéalisation du passé, exagération émotionnelle, et sens du destin.L’art hongrois romantique intègre souvent des éléments folkloriques, historiques et héroïques

Après l’intégration dans l’Empire des Habsbourg, la Hongrie connaît un renouveau nationaliste, particulièrement au cours de la Révolution de 1848.Ce mouvement politique et culturel, appelé Réveil national hongrois, cherche à promouvoir la langue, l’histoire et la culture hongroises.Dans ce contexte, l’art devient un outil de représentation de l’identité nationale, et le portrait joue un rôle clé en mettant en valeur les figures emblématiques de la nation.

Le romantisme valorise l’émotion individuelle. Dans les portraits, cela se traduit par l’accent mis sur l’expression du visage, les regards intenses, les poses dramatiques.Les artistes cherchent à représenter non seulement l’apparence extérieure, mais aussi l’âme, les passions, l’intériorité. Les figures sont souvent idéalisées, parfois représentées dans des costumes historiques ou folkloriques.On y trouve une tension entre représentation réaliste et vision idéalisée ou symbolique de la personne.

Beaucoup de portraits mettent en scène des figures patriotiques : poètes, révolutionnaires, nobles hongrois, femmes inspirantes.Le costume traditionnel hongrois (comme le dolman ou la csárdás pour les femmes) est un motif récurrent. Le héros national : révolutionnaires de 1848, chefs militaires, poètes martyrs. La femme idéale : mère patrie, muse ou amante, souvent représentée avec un regard mélancolique ou rêveur.Le peuple : paysans et artisans, parfois idéalisés dans une vision rustique et noble.

Principaux artistes : Miklós Barabás, Károly Brocky, Bertalan Székely , Viktor Madarász et aussi András Markó , Ágoston Schoefft, Gyula Benczúr, ? Alajos Györgyi Giergl, József Borsos

Miklos Barabas – Portrait de femme
barabas-miklos -portrait de Lajos Batthyány
Karoly Brocky -Portrait d’Elisabeth-Barrett-Browning
Bertalan Székely – Portrait de jeune fille
Viktor Madarasz – Portrait de Miklos Zrinyi
Andreas Marko – -jeune femme dans un paysage romain
Joseph-August Schoefft – Portrait du Prince Milos Obrenovic
Gyula Benczur – Comte Stephen Tisza
Györgyi,Alajos Giergl -_Portrait de Szidónia Deák
Jozsef_Borsos – L’émir du Liban