
Le Musée d’Orsay présente
Mary Cassatt – l’indépendante
jusqu’au 31 janvier 2027
Mary Cassatt (1844–1926) est une figure majeure de l’impressionnisme, célèbre pour son rôle de pionnière en tant que femme et artiste américaine ayant fait l’essentiel de sa carrière en France.
Issue d’une famille aisée de Pennsylvanie, elle s’installe définitivement à Paris en 1874 après avoir voyagé en Europe pour étudier la peinture. Rejetée par le Salon officiel, elle est remarquée par Edgar Degas, qui l’invite à rejoindre le groupe des impressionnistes. Elle devient la seule artiste américaine à exposer activement avec eux dès 1879 à la 4ème exposition_impressionniste
Elle passe plus de cinquante ans en France, vivant à Paris puis dans son château de Beaufresne, dans l’Oise, où elle s’éteint en 1926.
Contrairement à ses confrères masculins qui peignent les cafés et les boulevards, Cassatt explore la sphère privée et domestique à laquelle les femmes de l’époque sont cantonnées. Elle est mondialement connue pour ses portraits de mères et d’enfants.
Loin de la mièvrerie, elle y apporte un regard moderne, capturant la tendresse, la complicité et la vérité des gestes du quotidien. Suite à une exposition d’estampes japonaises à Paris en 1890, elle révolutionne sa technique en créant des gravures aux lignes pures et aux aplats de couleurs très audacieux.
Mary Cassatt a joué un rôle crucial de conseillère auprès de riches collectionneurs américains comme son amie Louisine Havemeyer. C’est grâce à elle que les musées américains possèdent aujourd’hui d’incroyables collections de chefs-d’œuvre impressionnistes français.
Le titre de l’exposition fait référence à l’indépendance assumée de l’ artiste, féministe avant l’heure. Elle a rejeté, comme ses amis impressionnistes les règles strictes du Salon officiel français et de l’art académique . Contrairement aux femmes de la haute bourgeoisie de son époque, Mary Cassatt a tenu à vivre pleinement et confortablement du produit de sa peinture., en gérant elle-même son atelier, son personnel et son château dans l’Oise.
Elle a refusé le mariage et les contraintes domestiques imposées aux femmes pour se consacrer exclusivement à son art.
Sa liberté personnelle s’est doublée d’un activisme politique concret. À la fin de sa vie, elle s’est activement engagée en faveur du suffrage des femmes, allant jusqu’à organiser en 1915 une grande exposition à New York chez Knoedler and C° pour collecter des fonds afin de soutenir cette manifestation.
Grace aux prêts de la National Portrait Gallery de Londres, du Museum of Fine Arts de Boston, et des collections nationales, Orsay présente une rétrospective chronologique de quatre-vingt œuvres.Avec notamment Fillette dans un fauteuil bleu, l‘entrée de la jeune fille au banjo. Sont également présenté ses séries de gravures en couleur.
L’accrochage s’affranchit du cliché restrictif de la « peintre des mères et des enfants » pour montrer comment elle a saisi avec force l’intimité, la vie sociale et l’autonomie des femmes de son époque, comme par exemple à l’Opéra