
Dans les années 1970-1980, au moment où la société occidentale est saturée d’images médiatiques et publicitaires, un courant d’artistes , essentiellement américains — que la critique a nommé Appropriation Art — entreprend de « voler » ou plutôt de recontextualiser des images préexistantes. Le portrait, omniprésent dans l’histoire de l’art comme dans la culture de masse, devient alors l’un de leurs terrains privilégiés.
Traditionnellement, le portrait visait l’individualité, la singularité d’un sujet. L’Appropriation Art s’attaque précisément à cette idée. Qu’advient-il de l’identité quand son image circule partout, copiée, multipliée, standardisée ? En reproduisant des visages célèbres ou anonymes, les artistes interrogent la perte d’aura et l’impossible unicité du portrait à l’ère de la reproduction mécanique.
L’Appropriation Art a donc redéfini le portrait : il ne s’agit plus de représenter une essence individuelle, mais d’exposer la manière dont les images façonnent nos identités. Le portrait devient critique, réflexif, souvent ironique. Il révèle moins « qui » est quelqu’un que « comment » la société produit des visages et des figures reconnaissables. Certain(e)s de ces artistes vont ensuite se tourner vers le simulationnisme
Les principaux tenants de ce mouvement ont été Cindy Sherman =Sherrie Levine = Richard Prince = Barbara Kruger = Louise Lawler = Mike Bidlo = Elaine Sturtevant= Allan McCollum =David Salle












