L’hyperréalisme – n° 1 définition, origine, évolution

Bell suga dady 1975Charles Bell (1935-1995) -Gum ball n° 10 – Sugar Daddy

The Guggenheim Museum NYC

« Oh comme c’est bien fait. On dirait une photo ! «  C’est le compliment extasié que le public non averti délivre lorsqu’il découvre l’oeuvre d’un peintre hyperréaliste. Les critiques d’art et les conservateurs de musées sont souvent plus réservés.

L’hyperréalisme est un courant pictural né en Amérique du Nord dans les années 60/70 sous le vocable de « photo-realism » ou superralism . Le terme a été lancé en 1969 par le galeriste new-yorkais Louis K, Meisel. Il est apparu quelques années plus tard en Europe. On emploie aussi le terme hyperrealistic

Ce mouvement informel traduit un retour à la figuration traditionnelle américaine, à la peinture de chevalet, en rupture avec le courant dominant de l’abstraction voir de l’abandon de l’acte de peindre en privilégiant les installations. Sans que le Pop Art soit considéré comme précurseur, un artiste comme James Rosenquist fait figure de référence pour les tenants de l’hyperréalisme. Par contre c’est semble-t-il à tort que certains considèrent Edward Hopper comme précurseur.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle il y avait eu aux États-Unis, les luministes puis dans les années 20 les précisionnistes .En France, dans la moitié du 19ème siècle, Courbet, Corot et d’autres tenants du mouvement réaliste ont en quelque sorte ouvert la voie.  . Certains artistes asiatiques exploitent cette veine.

Les artistes utilisent des photos de magazines ou des photographies personnelles comme modèle de leur peinture, Ils se servent d’épiscopes ou peignent directement sur la photographie. Ils veulent obtenir un rendu neutre mais minutieux des images qui leur servent de modèle. Leurs œuvres demandent souvent de longues heures de travail, parfois jusqu’à plusieurs centaines d’heures . Cependant, l’on reproche souvent à l’hyperréalisme sa précision froide, sans contenu émotionnel, sa neutralité, une technique sans âme. A chacun(e) d’en juger.

Cette approche picturale née il y a un peu plus de quatre décennies est encore pratiquée par des artistes d’aujourd’hui, notamment des aquarellistes, souvent américains mais aussi européens. Il suffit de consulter les livraisons de Pratique des Arts et de l’Art de l’Aquarelle pour s’en convaincre (cf. le concours mondial).

La technicité qui est mise en œuvre est remarquable. Elle nécessite un patience à toute épreuve, un sens du détail.C’est beau . . . .comme une photo ! C’est bluffant. Cependant, personnellement je n’éprouve aucune émotion devant ce genre d’œuvre. Ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas s’y intéresser. C’est pourquoi, au fil des semaines je vais partir à la découverte de leur monde.

Pour cette série de billets , j’ai recensé des artistes du monde entier que l’on peut rattacher à cette mouvance. Je vais adopter un classement alphabétique plutôt que chronologique. Je clôturerai mon escapade par les aquarellistes hyperréalistes. Bien entendu, pour illustrer mon propos, j’afficherai des images d’œuvres de certains uns d’entre eux.  à suivre