
Ces quatres couvertures de catalogues ou d’ ouvrages consacrés aux femmes artistes peintres montrent que la question n’est pas tranchée.
En 2021, au Palais du Luxembourg une exposition a été titrée Peintres femmes 1780-1830. Naissance d’un combat . Sandrine Andrews dans son livre de 2017 parle des Femmes peintres – Elles ont marqué l’Histoire de l’Art – L’exposition du musée Félicien Rops à Namur en 2017 a choisi les « peintresses » belges. Il faut attendre 2020 pour que soit publié « La peintre » de Laurent Manoevre,
Je ne suis pas le seul à tenter d’y voir plus clair. Le Dictionnaire du genre, émanation du CNRS a publié en 2021 » Femmes artistes en quelques mots » par Eva Belgherbi et Charlotte Foucher Zarmanian.
Le terme peintresse était utilisé dans les siècles passés. Le Littré hésitait entre la peintre et la peintresse. Dans « De Watteau à Whister de Camille Mauclair paru en 1905 on relève page 41, le commentaire suivant : « En Berthe Morisot se revoit aussi Fragonard,dont elle fut l’arrière-petite-nièce, je crois : les enfants peints par Fragonard, les notations légères et vives de leurs gestes, les plans de lumière si amples, les modelés des joues caressées par le pinceau comme des fruits, elle les hérita de lui,la peintresse exquise, l’aquarelliste exceptionnelle dont l’œuvre est le sourire de l’Impressionnisme. »
Le dictionnaire de l’Académie française au terme « Peintre » note pour une femme peintre le féminin Peintresse se rencontre, mais avec une valeur ironique et dépréciative.
Il est précisé que « La féminisation des noms de métiers et de fonctions se développant dans l’usage, comme l’a constaté le rapport de l’Académie française rendu public le 1er mars 2019, il est à noter que ce nom peut aussi s’employer au féminin. En effet le mot peintre est épicène et peut également désigner une femme. C’est la position du dictionnaire Le Robert qui au terme Peintre cite en exemple « La peintre Suzanne Valadon. »
La peintre, sans besoin d’y accoler le mot femme rejoint ainsi la cohorte des métiers où le terme épicène s‘utilise pour le masculin comme le féminin. Laurent Manoevre, dans cette nouvelle définition linguistique a titré son livre publié en 2020 « La peintre »
Une autre tendance en forme d’esquive est l’emploi du mot plasticienne pour désigner les femmes qui pratiquent les arts plastiques.
Mes deux prochains billets seront consacré à ces deux peintres Suzanne Valadon et Artemisia Gentileschi.Toutes les deux, que deux siècles et demi séparent, ont surmonté les préjugés de leur époque à l’égard de leur statut de femme.
C’est seulement au début du 20ème siècle , qu’en France, elles peuvent fréquenter les Beaux-Arts et ateliers et concourir pour le Prix de Rome à partir de 1903. Et il faut rappeler que c’est seulement, il y a 60 ans qu’ une loi du 13 juillet 1965 a donné l’indépendance financière des femmes