L’aquarelle et la perspective aérienne

Le mot perspective dérive du latin « perspicere », qui signifie « voir au travers ». Il définit un procédé pictural qui permet à l’artiste de représenter sur une surface plane à 2 dimensions, ce qu’il voit en réalité en trois dimensions. Il doit tenir compte de l’ effet d’éloignement et de la position des objets dans l’espace par rapport à l’observateur. La différence de netteté entre le premier plan et les plans plus éloignés, le dégradé des couleurs et la diminution des contrastes permettent de traduire la troisième dimension.

Ce procédé imite l’effet de l’atmosphère sur notre perception des objets situés au loin. Dans la réalité, ce qui est loin semble plus clair, plus flou, plus froid, que ce qui est en avant-plan. Par exemple une colline dans un plan lointain devra presque se fondre avec le ciel , en employant non pas les mêmes couleurs, mais les mêmes tons. Cette perspective atmosphérique( aussi appelée perspective aérienne) doit nous faire capter le phénomène que l’on observe dans le lointain crée par de minuscules particules de poussière et d’humidité dans l’atmosphère. Ce phénomène est provoqué par les couches d’air qui s’intercalent entre le spectateur et le lointain. La perspective permet de « … créer avec une précision scientifique une illusion tridimensionnelle définie par la position théorique du spectateur dans l’espace réel « . Pierre FRANCASTEL 1900-1970, historien et sociologue de l’art.

L’aquarelliste utilise donc, comme tout peintre, des valeurs ou des couleurs chaudes les plus lumineuses, dans la gamme des rouges et des jaunes, à l’avant plan. Au second plan et à l’arrière plan on posera des couleurs froides dans la gamme de bleus ou encore des violets. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un paysage, mais d’une scène de genre, dans ma dernière réalisation des magistrats en rang, j’ai posé un lavis bleu au premier plan, ce qui éloigne les personnages pourtant vêtus de rouge. En réalité, le parquet de bois, avait des nuances beige ou marron. Si j’avais utilisé ces nuances, les personnages se seraient rapprochés et l’effet voulu d’éloignement n’aurait pas été rendu.

On trouvera une illustration du propos avec un monochrome bleu où c’est l’intensité plus ou moins forte de la couleur qui donne l’illusion de profondeur :

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Dès la renaissance, on trouve chez les peintres l’usage des notions de perspective aérienne. Léonard de Vinci, (1452-1519) a qui est souvent attribué l’invention de cette technique, avec son célèbre « sfumato » (effet de fumée en italien) l’utilise par exemple dans l’arrière plan de la Joconde. , serait l’un des inventeurs de cette technique picturale.

 

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La Joconde

 Mais avant lui, Jan Van Eyck (1390-1441) ou Jean Fouquet (~1420-~1480) utilisaient déjà ce type d’effets atmosphériques. On l’observe ici dans David et l’Amalécite , une enluminure datée de 1470-1475 conservé au département des Manuscrits de la BnF.

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Mais pour en savoir plus, avec des développements techniques intéressants, je recommande deux sites  que je trouve très bien documentés:

Celui de mon ami Jean-Marie Letzelter

http://abc-dessin.over-blog.com/

et celui de Fromentin Jean-Claude

http://pagesperso-orange.fr/jeanfrom/cours/persp.htm

 

2 commentaires sur “L’aquarelle et la perspective aérienne

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