
Le mouvement dada, né à Zurich en 1916 dans le contexte de la Première Guerre mondiale, s’est construit sur une volonté de rupture radicale avec l’art traditionnel et les valeurs bourgeoises. Le portrait, genre classique par excellence, n’échappa pas à cette entreprise de subversion. Au lieu d’exalter l’individu, le portrait dada le fragmente, le détourne, voire l’anéantit, au profit d’une vision critique et ironique de l’identité.
Le portrait dada se distingue par l’usage systématique du collage et du photomontage. Les artistes dadaïstes découpent et recomposent des fragments de photographies issues de journaux et de magazines. Le visage n’est plus représenté de façon unifiée, mais éclaté, hybridé avec des objets mécaniques, des typographies ou des morceaux de corps étrangers.
Ces portraits fragmentés traduisent une méfiance envers l’idée d’un sujet stable : l’individu moderne est traversé par la machine, la propagande et les images de masse. Dans l’esprit dada, le portrait se fait volontiers machine. Loin de glorifier le modèle, ces portraits déshumanisent pour mieux critiquer la société industrielle et militarisée de l’après-guerre.Le portrait Dada a inspiré directement le surréalisme, puis les expérimentations néo-dada et pop art, où l’identité devient collage de signes, objet de consommation ou simulacre médiatique.
Parmi les membres du mouvement Dada qui ont réalisé des portraits, il y avait A Zurich : Emmy Hennings = Hugo Ball = Sophie Taeuber-Arp = à Berlin : Hannah Höch –Raoul Hausmann =John Heartfield – =George Grosz –= à Paris : Marcel Duchamp =Francis Picabia =Man Ray et aussi Marcel Janco = Max Ernst












