
Au début du XXᵉ siècle, l’Expressionnisme bouleverse l’art occidental en privilégiant l’intensité de l’émotion sur la fidélité réaliste. Dans ce contexte, le portrait devient un terrain d’expérimentation privilégié : il ne s’agit plus de reproduire les traits exacts d’un modèle, mais de révéler son être intérieur, sa tension psychologique, parfois même l’angoisse de toute une époque.
Contrairement au portrait académique ou impressionniste, le portrait expressionniste déforme, exagère, amplifie. Les artistes n’hésitent pas à allonger les visages, accentuer les contrastes chromatiques, faire éclater la matière picturale. Le but : atteindre une vérité plus profonde, celle des émotions.
Dans le portrait expressionniste, le visage est souvent un champ de forces contradictoires :la ligne brisée traduit l’inquiétude, la nervosité ;les couleurs acides expriment l’intensité des sentiments, entre violence et exaltation, le regard fixe ou halluciné renvoie à une quête spirituelle ou à l’angoisse existentielle.Le portrait expressionniste ne vise pas la ressemblance mais l’intensité. Cette approche influencera l’art moderne bien au-delà des années 1910-1920, jusqu’à Francis Bacon ou encore les mouvements néo-expressionnistes de la seconde moitié du XXᵉ siècle.
Les deux grands foyers de l’expressionnisme ont été à Dresde autour de Die Brückeet à Munich autour de Der blaue Reiter qui accordent une place essentielle au portrait.
Parmi les peintres expressionnistes allemands on peut citer comme portraitistes Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel= Karl Schmidt-Rottluff= Vassily Kandinsky = Alexej von Jawlensky =Max Beckmann, –=Otto Dix, – =George Grosz–=Lovis Corinth =Emil Nolde.
Un certain nombre d’artistes hors d’Allemagne peuvent être rattaché au mouvement expressionniste. Ils font l’objet d’un second billet référencé 79/..















