Arts & Visages – 69/.. Paul Cézanne, portraitiste post-impressionniste

Si Paul Cezanne (1839–1906) il faut l’écrire ( sans accent !) est célébré comme un pionnier de la modernité picturale, son œuvre de portraitiste demeure souvent moins étudiée que ses paysages ou ses célèbres natures mortes. Pourtant, ses portraits, rigoureux, méditatifs, parfois impénétrables, constituent une contribution essentielle à l’histoire du portrait postimpressionniste. Ils incarnent une recherche unique : saisir l’essence du modèle à travers une structure plastique solide, loin de l’illusion réaliste ou du pittoresque. Cézanne ne cherchait pas à flatter ses modèles ni à restituer fidèlement leurs traits dans une logique illusionniste. Son approche du portrait s’oppose aux codes académiques, mais se distingue aussi de la vivacité impressionniste. Là où les impressionnistes tentaient de capter une lumière fugace,

Cezanne voulait « faire de l’impressionnisme quelque chose de solide et durable comme l’art des musées ». Cela passe par une construction géométrique des formes, une économie des moyens, et une lente élaboration.Dans ses portraits, chaque plan du visage, chaque contour est le fruit d’une architecture minutieuse. La chair semble sculptée par la couleur, et les regards paraissent absorbés par une intériorité silencieuse. Il y a chez Cézanne une sorte de tension méditative qui traverse le portrait : un effort de compréhension plus que de représentation.

Contrairement aux portraitistes mondains, Cézanne s’intéresse principalement à son cercle intime. Il peint de nombreuses fois son épouse Hortense Fiquet, leur fils Paul, son oncle, des domestiques, ou encore des figures locales d’Aix-en-Provence. Ces portraits ne relèvent pas du registre sentimental : ils sont souvent austères, voire distants.

Les portrait de Cezanne anticipent de nombreuses révolutions du XXe siècle. Sa manière de déconstruire l’espace par les modulations de couleurs et les facettes de plans inspireront directement le cubisme de Picasso et Braque. Dans ses portraits, la profondeur n’est plus rendue par la perspective traditionnelle, mais par le rythme des formes et des valeurs.Par ailleurs, la concentration psychologique de ses figures annonce l’expressionnisme moderne : Cézanne ne donne pas à voir l’apparence du modèle, mais plutôt un silence intérieur, presque métaphysique.

Chez Cezanne, le portrait devient un acte de construction mentale. Il ne s’agit plus de peindre un visage, mais d’organiser une présence dans l’espace pictural, à la recherche d’une vérité profonde. Cette quête de structure, de permanence et d’essence fait de lui un portraitiste postimpressionniste majeur, bien que souvent relégué derrière ses paysages de la montagne Sainte-Victoire. Par son exigence formelle et son refus de l’anecdote, Cézanne a ouvert la voie à une autre manière de regarder le visage humain : non plus comme un miroir du monde, mais comme une forme au sein d’un monde en construction.

Paul Cezanne devant son atelier des Lauves – Photographie
Paul Cezanne – Hortense Fiquet
Paul Cezanne – Madame Cezanne
Paul Cezanne – Madame Cezanne à la robe rouge
Paul Cezanne – portrait de son épouse
Paul Cezanne – Madame Cezanne
Paul Cezanne – Madame Cezanne en fauteuil
Paul Cezanne – Portrait de son fils Paul
Paul Cezanne – Portait de son fils Paulo
Paul Cezanne – Autoportrait
Autoportrait au chapeau
Paul Cezanne – Autoportrait au béret
Paul Cezanne – Portrait d’Achille Emperaire
Paul Cezanne – Portrait de sa sœur Suzanne
Paul Cezanne – Le père de l’artiste
Paul Cezanne – Portrait d’un avocat
Paul Cezanne – Portrait de Victor Chocquet
Paul Cezanne – Émile Zola
Paul Cezanne – Portrait d’Ambroise Bollard
Paul Cezanne_-_Le JardinierVallier
Paul Cezanne – L’enfant à la veste rouge
Paul Cezanne – Les joueurs de cartes
Paul Cézanne – Le fumeur de pipe
Paul Cezanne – Vieille femme au chapelet

Arts & Visages – 68/.. – Les portraitistes post-impressionnistes. Les français plus connus

On l’a vu dans le billet précédant que, le post-impressionnisme n’est pas un mouvement collectif d’artistes. Du reste c’est à posteriori que l’on a qualifié les artistes de la période entre 1880-1910. Tous, comme dans toutes les évolutions artistiques au fil du temps, renverser l’ordre établi. Tuer le père. Cette approche est essentiellement apparue en France. Bien qu »on le verra dans un billet ultérieur, d’autres pays ont été impactés par cette mouvance.

Il m’a semblé intéressant de débuter cette série sur le portrait post-impressionniste par les artistes unanimement reconnus à savoir Paul Cezanne = Vincent van Gogh = Paul Gauguin =
Henri de Toulouse Lautrec = Edouard Vuillard = Pierre Bonnard .

Le portrait postimpressionniste français se distingue par la diversité des approches . Par exemple certains artistes cherchent une structure plastique solide comme Paul Cézanne, d’autres explorent la subjectivité comme Vincent Van Gogh, la symbolique avec Paul Gauguin, la société chez Henri de Toulouse-Lautrec, l’intimité avec Edouard Vuillard ou Pierre Bonnard. Je me propose de consacrer un billet à chacun des ces six artistes notables

Arts & Visages – 67/.. Le portrait en période post-impressionniste-Généralités

À la suite de l’éclatement des certitudes impressionnistes, le portrait évolue durant la période post-impressionniste, qui s’étend des années 1886 jusqu’au début du XXe siècle. Les artistes ne se contentent plus de capturer la lumière ou un instant, mais explorent l’intériorité et les structures, cherchant un sens plus subjectif et symbolique.

Le portrait post-impressionniste ne suit pas un seul style, mais partage une direction vers la subjectivité et la stylisation. Tandis que les impressionnistes peignaient le visible, les post-impressionnistes s’intéressent à l’invisible et à l’intime. Cela annonce l’émergence de l’art moderne. Dans le néo-impressionnisme, Georges Seurat utilise une approche scientifique : ses œuvres en pointillisme montrent une volonté d’objectivité, mais cette précision renforce l’étrangeté des figures humaines.

En résumé, le portrait post-impressionniste s’éloigne de la ressemblance pour se concentrer sur l’expression, la structure, et la synthèse spirituelle. Il devient un lieu d’expérimentations qui préparent les avant-gardes : fauvisme, cubisme, expressionnisme… Chaque visage peint annonce une révolution intérieure pour le modèle et l’artiste.

Ce changement constitue une rupture avec la tradition académique : le portrait montre désormais une vision du monde, au-delà de l’individu.

Arts & Visages -65/..Le post-impressionnisme – Généralités

À la croisée du XIXᵉ et du XXᵉ siècle, le post-impressionnisme marque une transition décisive dans l’histoire de l’art. Ce courant, apparu dans les années 1880, n’est pas un mouvement structuré au sens strict, mais plutôt une nébuleuse d’artistes unis par une volonté commune : dépasser les limites de l’impressionnisme. Tout en conservant une part de son héritage – notamment l’intérêt pour la couleur et la lumière – les post-impressionnistes revendiquent une plus grande subjectivité, une construction plus rigoureuse de l’image, et une liberté expressive accrue.

L’impressionnisme, avec Monet, Renoir ou Sisley, avait révolutionné l’art en captant la fugacité des instants et les vibrations lumineuses. Mais certains peintres ressentent vite les limites de cette approche « sensible » : trop tournée vers l’extérieur, pas assez introspective, trop éphémère, pas assez structurée.

Le post-impressionnisme surgit donc comme une réponse : Paul Cézanne cherche à donner de la solidité au monde visible à travers une géométrie sous-jacente. Vincent Van Gogh, lui, explore la puissance expressive de la couleur et du trait pour traduire ses émotions profondes. Paul Gauguin s’oriente vers le symbolisme, l’art primitif et les mondes lointains. Quant à Georges Seurat, il introduit une rigueur scientifique avec le pointillisme.

Ce qui frappe dans le post-impressionnisme, c’est sa diversité. Il ne s’agit pas d’une école homogène, mais d’un ensemble d’expérimentations solitaires, toutes animées par un même désir : redonner à la peinture sa profondeur spirituelle, intellectuelle, émotionnelle.

Cette mouvance que l’on appelle aussi le néo-impressionniste va concerner notamment le pointillisme ou  divisionnisme, le symbolisme, les nabis, lr synthétisme.C’est le critique d’art britannique Roger Fry qui en 1909 va ainsi qualifier ces différents mouvements qui à partir de 1880 remettent en question l’approche impressionniste.

Le post-impressionnisme prépare l’avènement de la modernité picturale. Les grands mouvements du XXᵉ siècle – cubisme, fauvisme, expressionnisme, abstraction – puisent leurs racines dans cette phase de transition.

Arts & Visages – 64/.. Portrait impressionniste en Amérique latine

L’impressionnisme arrive en Amérique latine par le biais des artistes qui voyagent et se forment en Europe, notamment à Paris àla fin du 19ème siècle.C’est surtout dans les grandes capitales (Buenos Aires, Rio, Montevideo, Caracas) que ces mouvements ont eu un impact notable.

Be
aucoup de peintres latino-américains ont intégré des éléments impressionnistes dans le portrait, tout en les mêlant à des traditions locales ou à des courants comme le réalisme et le romantisme.Le portrait impressionniste latino-américain est souvent plus intimiste, parfois plus bourgeois, et moins radical que chez les Français. Il est aussi plus tardif

Voici une liste de peintres impressionnistes latino-américains qui ont peint des portraits.
Argentine Fernando Fader = Ramón Silva
Brésil Eliseu Visconti= Belmiro de Almeida
Chili Alfredo Valenzuela Puelma = Pedro Lira
Cuba Leopoldo Romañach = Pérou Teófilo Castillo
Uruguay Pedro Figari =+ Carlos Federico Sáez
Venezuela Arturo Michelena = Armando Reverón

Fernando Fader -Mazamorra
Eliseu Visconti – Maternité
Belmiro de Almeida – Vieil_Artiste
Alfredo_Valenzuela_Puelma – Jeune femme au béret rouge
Pédro Lira – Au balcon
Leopoldo Romanach – Paysans
Teófilo Castillo Guas Portrait de Juan-Silvano Godoy
Carlos Federico Sáez_-_Portrait de Sir J.C.M
Arturo Michelena – Joyeuse compagnie
armando Reveron – Portrait femme

Arts & Visages -63/.. portraits impressionnistes en Amérique du Nord

En France, des jeunes artistes américains et canadiens se tournent vers la pratique de la peinture en plein air. Chaque été, ils quittent Paris et les académies pour la campagne. Ils se rassemblent , en colonies, dans des villages comme Grez-sur-Loing, Pont-Aven et surtout Giverny (*) où Claude Monet s’est installé en 1883.

De retour outre-atlantique, ces artistes vont entre les années 1890 et 1910 amener cette nouvelle façon d’aborder la peinture en l’adaptant à leur continent. C’est l‘impressionnisme américain mais aussi celui des peintres canadiens.

Pendant cette période l’Amérique du Nord vit une véritable effervescence artistique. Le portrait impressionniste s’y développe en lien direct avec les grands courants venus de France,Le portrait impressionniste nord-américain s’est ainsi situé à la croisée des chemins.

Les artistes nord-américains n’ont pas simplement imité l’impressionnisme français ; ils l’ont adapté à leurs contextes, leurs commanditaires et leur sensibilité, contribuant à faire émerger une voix artistique originale. Ils ont allié l’élégance européenne et le réalisme psychologique, l’influence de la modernité urbaine, une quête d’identité propre à un continent jeune, en pleine transformation.

Parmi les peintres impressionnistes américains un certain nombre ont réalisé des portraits et notamment Cecilia Beaux= Frank Weston Benson =Mary Cassatt=William Merritt Chase
Joseph DeCamp =Childe Hassam = Philip Leslie Hale = Robert Henri
= Willard Metcalf=Theodore Robinson=John Singer Sargent
Edmund Tarbell =John Henry Twachtman ==Julian Alden Weir

Chez les impressionnistes canadiens il y a eu
William Blair Bruce=Laura Muntz Lyall = James Wilson Morrice
= Helen McNicoll =Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté

Cecilia Beaux – Madame Théodore Roosevelt et sa fille Ethel,
Mary Cassatt -, Portrait de jeune femme au chapeau blanc
William Merritt Chase – L’estampe japonaise
Joseph DeCamp – La femme au chapeau noir
Willard Leroy Metcalf – Jeune femme
john-singer-sargent – Mme Fiske Warem et sa fille Rachel
Edmund Tarbell – Jeune femme
William Blair Bruce – Mère et son enfant à Giverny
Laura_Muntz_Lyall – Lecture
James Wilson Morrice – Blanche Baume
Helen McNicoll – A l’ombre de l’arbre
=Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté – Portrait de femme

Arts & Visages -62/.. portraits impressionnistes d’Europe

L’impressionnisme, né en France dans les années 1870, est souvent associé à des figures comme notamment Monet, Renoir ou Degas,. Mais ce mouvement s’est rapidement diffusé à travers l’Europe, où il a trouvé des interprètes originaux, notamment dans le domaine du portrait.

Après les premières expositions impressionnistes à Paris, le mouvement s’est exporté grâce aux voyages d’artistes, aux expositions internationales et aux échanges culturels.

En Europe, des peintres ont repris la technique impressionniste (coups de pinceau libres, effets de lumière, couleurs vibrantes) mais l’ont appliquée selon leurs traditions nationales et leurs sensibilités personnelles.Le portrait, forme traditionnelle et respectée, a été un terrain fertile pour expérimenter cette nouvelle esthétique.

Malgré leurs différences, ces artistes partagent un intérêt pour la lumière naturelle et l’instantané, des coups de pinceau visibles et rapides, Une recherche d’atmosphère plutôt qu’un strict réalisme.Une sensibilité psychologique du modèle, plus que la simple ressemblance.

Un certain nombre d’artistes des différents pays européens ont émergé et certains sont devenus célèbres. Ils étaient souvent d’abord paysagistes, peignaient des scènes de genre et aussi, parfois exclusivement des portraits.

Parmi eux l’on peut citer
Les britanniques Charles Conder = Walter Sickert =Philip Wilson Steer = =Henry Herbert La Thangue
Les néerlandais Isaac Israëls et le cercle impressionniste d’Amsterdam
Willem Bastiaan Tholen= Willem de Zwart =George Hendrik Breitner= Willem Witsen
Les belges (*) Théo van Rysselberghe Emile Claus =Anna Boch =Georges Lemmen
Les allemands Lovis Corinth –=Max Liebermann = Lesser Ury =Wilhelm Trübner
les autrichiens Theodor von Hörmann –=Carl Moll
Les espagnols Joaquín Sorolla = Darío de Regoyos =Ignacio Pinazo Camarlench
Les italiens Giuseppe De Nittis =Federico Zandomeneghi
Telemaco Signorini ==Silvestro Lega membre des Macchiaioli =Giovanni Boldini
Le Suédois Anders Zorn =Carl Larsson =–les danois Peder Severin Krøyer =Laurits Tuxen
==Michael Peter Ancher, membres des Peintres de Skagen
Les suisses =Félix Vallotton =Cuno Amiet = Giovanni Giacometti
Les russes Konstantin Korovin = Valentin Serov = La polonaise Olga Boznańska
Les australiens Tom Roberts =Arthur Streeton = Membres de l’Heidelberg School

Henry Herbert La Thangue – Jeune femme au chapeau
Walter Richard Sickert – Portrait de Sir_Hugh_Walpole
Willem de Zwart – Jeune femme en blanc
Isaac Israls – au café
Théo van Rysselberghe l- Lheure du thé
Lovis Corinth – Portrait de Centa Bré
Max_Liebermann – Portrait de Martha_Liebermann, artiste peintre
Joaquin_Sorolla_Marche sur la plage
Ignacio Pinazo Camarlench – Enfant de chœur jouant du tambourin
Giuseppe De Nittis – Journée d’hiver
Giovanni Boldini – Portrait de Giuseppe Verdi
Andres Zorn -Portrait de Frieda Schiff-Warburg
Michael Peter Ancher – Portrait de la peintre Helga Ancher,
Giovanni_Giacometti (le père) – Portrait d’Annetta
Valentin Serov – Portrait de Mika Morozov à4 ans
Olga Boznanska – Femme à la blouse blanche
Tom Robers – La femme en gris

Arts & Visages – 61/.. Le portrait impressionniste français

C’est vers 1860 que nait en réaction à l’académisme le mouvement ‘impressionnisme. . Le développement du réseau ferroviaire va amener les artistes dans la campagne et la forêt. Ils vont peindre en plein air sur le motif. Subjugués par la lumière naturelle ils la traitent par touches fragmentées dans des tonalités claires. La commercialisation des pigments en tubes leur permettent de restituer « leurs impressions » directement sur la toile, hors de leur atelier. Cette nouvelle approche les amène aussi à peindre en groupe au sein de colonies artistiques.

On le sait, le paysage occupe dans leurs œuvres une place centrale, chez les impressionnistes. Cependant un certain nombre d’entre-eux et plus souvent d’entre-elles ont réalisé des portraits impressionnistes plein d’une sensibilité nouvelle.

Le peintre recherche les effets de lumière, la spontanéité et la perception subjective du paysage comme du modèle plutôt que la stricte ressemblance et l’idéalisation.La représentation de l’instant et du mouvement, Le portraitiste s’intéresse d’avantage à la capture d’une atmosphère plutôt que d’une stricte ressemblance. La demande de portrait est généralement celle dd’un milieu aisé et urbain.

Les principaux portraitistes français de la mouvance impressionnistes ont été
Frédéric Bazille =Gustave Caillebotte= Edgar Degas= =Eva Gonzalès =
Armand Guillaumin =Berthe Morisot= Claude Monet= Auguste Renoir
et aussi surtout paysagistes : Paul Cézanne =Camille Pissarro =Alfred Sisley
et Édouard Manet qui père du mouvement ne pensait pas en faire partie

Frédéric Bazille – Vue de village (sic)
Gustave Caillebotte – Portraits de campagne
Edgar Degas – L’absinthe
Berthe Morisot – Deux jeunes filles
Auguste Renoir – Margot
Pissarro Camille -Le jeune fille à baguette
Édouard Manet – Portrait de Stéphane Mallarmé



Arts & Visages – 60/.. – Portrait chez les préraphaélites.

Le mouvement préraphaélite est essentiellement britannique, Il naît en 1848 avec la fondation de la Pre-Raphaelite Brotherhood (PRB) Leur idéal : revenir à la sincérité, la précision et l’intensité de la peinture médiévale et du début de la Renaissance.

Les préraphaélites peignent des portraits réalistes, poétiques, mystérieux, sensuels de grande précision. Les personnages sont idéalisés en référence à la mythologie, à la bible, à la littérature.

Ont appartenu à cette mouvance Dante Gabriel Rossetti =John Everett Millais , = William Holman Hunt =Edward Burne-Jones= Ford Madox Brown= Frederick Sandys =Marie Spartali Stillman. Leurs modèles les plus célèbres ont été Elizabeth Siddal,(peintre et modèle) Jane Morris, Fanny Cornforth.

Ce mouvement va inspirer les symbolistes comme Fernand Khnopff et Gustave Moreau. Les Nazaréens en Allemagne ou encore Tranquillo Cremona, italien de la Scapigliatura. ET aussi dans l‘art nouveau Aubrey Beardsley ou Gustav Klimt. Par contre il n’y a aucune connexité avec les Nabis et Arts & Crafts

Dante Gabriel Rossetti – La maîtresse de Fazio
Millais_john_Everett – Jeune fille en bord de la mer
William Holman Hunt – Femme dans son intérieur
Edward Burne-JonesLady Frances Balfour
Ford Madox Brown – Portrait de son épouse Emma
Frederick Sandys, – Mirande
Marie Spartali Stillman.- Jeune femme à la colombe
Elisabeth Siddal – Autoportrait

Arts & Visage – 59/.. – Portrait réaliste en Amérique latine

Au cours du 19ᵉ siècle, l’Amérique latine connaît de profondes mutations politiques et sociales, liées aux luttes d’indépendance et à la construction des jeunes nations.

Dans une région marquée par l’héritage colonial espagnol et portugais, la peinture de portrait avait longtemps été dominée par l’imagerie religieuse et baroque.Les écoles de beaux-arts naissantes (Rio de Janeiro, Mexico, Santiago, Buenos Aires) et les voyages d’artistes vers l’Italie ou la France diffusent ces nouveaux modèles esthétiques.

Le portrait réaliste en Amérique latine au 19ᵉ siècle dépasse le simple exercice académique. Il contribue à la définition des identités nationales en représentant les élites, les héros de l’indépendance, les intellectuels, mais aussi les métis, les femmes et les classes populaires. Il s’agit souvent d’un art engagé dans les processus de modernisation et d’institutionnalisation culturelle. C’est aussi un vecteur d’ascension sociale, de mémoire civique ainsi que d’exploration ethnographique et nationale. On parle pour cette approche du Costumbrismo.

Les artistes s’attachent à représenter avec fidélité les traits du modèle, ses vêtements, ses bijoux , Ils utilisent la lumière pour accentuer le volume et la matérialité. Bien qu’influencé par l’art académique européen il s’adaptent aux particularités locales.

Voici quelques portraitistes réalistes notables de cette période :
Les mexicains José Agustín Arrieta = Félix Parra = Santiago Rebull
Les chiliens Raymundo Monvoisin= Pedro Lira Rencoret =
Les argentains Candido López = Carlos Morel =
Prilidiano Pueyrredón,Eduardo Sívori,
Les brésiliens Pedro Américo = Victor Meirelles=Rodolfo Amoedo =Manuel de Araújo Porto-Alegre
Les péruviens Pancho Fierro =José Gil de Castro Y Morales
Les colombiens Epifanio Garay =Ricardo Acevedo Bernal
Les vénézuéliens Martín Tovar y Tovar =Antonio Herrera Toro

Agustin Arieta – Portrait de la famille du Général Don Felipe Codallos
Felix_Parra -Galileo Galilei démontrant ses nouvelles théories astronomiques
Santiago Rebull – Portait de l’Empereur Maximilien et Charlotte
Raymondo Montvoisin – Portrait d‘ Andrés Bello
Pedro Lira – Femme du peuple
Candido Lopez – Portrait du Président Bartolomé Mitre
Carlos_Morel – Portrait de Don Florencio Escardó
=Manuel de Araújo Porto-Alegre -Portrait de Pierre 1er du Brésil
José Gil de Castro‐ Portrait de Bernardo_de_Torre_Tagle
Ricardo Bernal – Portrait de Simon Bolivar
Antonio Herrera Toro – La femme roumaine ?



Arts & Visages -58/.. – Portait réaliste Nord-Américain

Au XIXe siècle, alors que l’Europe est secouée par le romantisme, le réalisme et les grands mouvements révolutionnaires, l’Amérique du Nord – et plus précisément les États-Unis – forge son identité artistique dans un climat de modernisation rapide, d’expansion territoriale et de bouleversements sociaux. Dans ce contexte, le portrait réaliste devient un genre central, témoin intime des aspirations d’une société en pleine mutation.

Le réalisme nord-américain émerge en réaction aux idéalisations romantiques. Il s’agit de représenter les sujets avec sincérité, sans embellissement, dans toute leur humanité. Ce souci de véracité n’est pas que plastique : il traduit une volonté de documenter, d’honorer la diversité sociale et culturelle d’une Amérique en pleine expansion.

Avec l’essor de la classe moyenne, le portrait réaliste devient un outil de reconnaissance sociale. Les notables, entrepreneurs, médecins, avocats et femmes de la bonne société commandent des portraits pour affirmer leur statut. Les peintres les représentent dans des intérieurs sobres, souvent en habits du quotidien, avec une attention minutieuse aux traits du visage, au regard, aux mains – autant de signes de caractère.

Cependant dès les années 1840, l’invention du daguerréotype révolutionne le portrait. Plus accessible, plus rapide, la photographie bouleverse le marché. Les peintres s’adaptent : certains s’en inspirent pour leurs compositions, d’autres se reconvertissent. Mais le portrait peint garde un statut particulier, plus durable, plus intime, souvent plus flatteur.

À la fin du siècle, le réalisme prend une tournure plus psychologique. L’artiste ne se contente plus de représenter fidèlement l’apparence : il cherche à suggérer la vie intérieure. Le regard devient plus introspectif, l’arrière-plan plus épuré, les couleurs plus subtiles

Parmi les portraitistes réalistes américains il y a eu notamment : Thomas Sully = George Caleb Bingham = Thomas Eakins = Rembrandt Peale = Eastman Johnson = John Singer Sargent = William Morris Hunt =

Et parmi les canadiens : Paul Kane = John Arthur Fraser = Robert Harris = Charlotte Schreiber

George Caleb Bingham – John Quincy Adams –
Thomas Sully – Portrait d’ Andrew Jackson,
= Thomas Eakins = Portrait d’ Annie C. Lochrey-Husson
Rembrandt Peale – Portrait de Thomas Jefferson
Eastman_Johnson_-_Portrait de son épouse
John Singer Sargent – Portrait de Winifred Duchesse de Portland,
William Morris Hunt – Paysanne
Paul Kane – Mah-Min
John Arthur Frazer –Alice Starr Chipman-Tilley,
Robert Harris – Portrait d’Henry Morgan
Charlotte Schreiber- Femme au chapeau

Arts & visages -57/.. – Portrait réaliste des Balkans

Le XIXᵉ siècle marque une période de profondes mutations dans les Balkans : affaiblissement de l’Empire ottoman, affirmation des identités nationales, modernisation sociale et culturelle. Dans ce contexte, la peinture de portrait prend un essor inédit, portée par des artistes qui adoptent les principes du réalisme occidental, tout en les adaptant aux particularités locales.

Ces portraitistes jouent un rôle fondamental dans la constitution d’un art national moderne, ancré dans l’observation du réel et la valorisation de la figure humaine.

De nombreux artistes originaires des Balkans se forment dans les grandes académies européennes : Munich, Vienne, Paris ou encore Saint-Pétersbourg. Cette formation leur donne accès aux techniques du réalisme pictural, très en vogue au milieu du XIXᵉ siècle, qui privilégie l’étude attentive des traits humains, des expressions psychologiques, des vêtements et du cadre social.

Dans les Balkans du XIXᵉ siècle, le portrait réaliste ne se limite pas à une imitation de l’art occidental. Il devient le support d’une identité en devenir, un vecteur de reconnaissance sociale et nationale. En montrant des notables, des patriotes, des intellectuels, ces artistes racontent une histoire visuelle de l’émancipation culturelle.

Voici une liste des artistes réalistes originaires des Balkans :
Les serbes Uroš Knežević = Đura Jakšić =Nikola Aleksić =Stevan Todorović = Toma Rosandić
Les croates Vlaho Bukovac = Ferdo Quiquerez
Hugo Conrad von Hötzendorf =Josip Račić =Paja Jovanović
Les bulgares Stanislav Dospevski = Ivan Mrkvička =Georgi Danchov
Les roumains Theodor Aman =Nicolae Grigorescu =Carol Popp de Szathmári =Gheorghe Tattarescu
Le slovène Matej Sternen = Le bosniaque Gabrijel Jurkić
Les grecs =Constantinos Parthenis =Nikiforos Lytras = Spyridon Prosalentis =Dionysios Tsokos

Uroš Knežević – prince Alexandre Karađorđević
Đura Jakšić – Portrait de Mileva Zorić
Stevan Todorović – Portrait de Nathalie de Serbie
Josip_Račić – Femme en noir
Ivan Mrkvicka – Portrait d’ Amalia Gravilova
Nicolae Grigorescu – Jeune paysanne
Konstantinos Parthémis – Portrait de Sophia Laskaridou