Le paysage et les arts visuels- 13/.. Le paysage du 18ème siècle – généralités

Le paysage au XVIIIᵉ siècle : un art en transition.

Le XVIIIᵉ siècle marque une période charnière dans l’histoire du paysage : encore perçu comme un genre mineur dans la hiérarchie académique, il s’émancipe progressivement, s’enrichit d’enjeux philosophiques et devient un lieu d’expérimentation esthétique.

Dans la hiérarchie instaurée par les académies, le paysage reste classé sous la peinture d’histoire. Il est encore souvent considéré comme un simple décor ou un exercice de style, devant exprimer un idéal harmonieux. Le paysage « classique », hérité de Lorrain et Poussin, demeure la référence, avec une composition équilibrée, une perspective maîtrisée,une lumière dorée, des ruines et scènes pastorales idéalisées. Cependant les nombreuses académies vont bientôt largement accompagner le mouvement

Le siècle des Lumières modifie le rapport à la nature.La botanique, la géologie, la cartographie et l’essor des sciences naturelles stimulent une observation plus précise du réel. Parallèlement, le Grand Tour conduit artistes et amateurs britanniques ou français, allemands, etc à découvrir l’Italie. Ces voyages enrichissent le paysage d’une dimension documentaire et affective : le paysage devient mémoire, expérience sensible.

Au fil du siècle, le paysage se détache du seul idéal classique. Le pittoresque, né dans la culture britannique, il valorise l’irrégulier, le singulier, le rustique. Il met en avant les chemins tortueux, les arbres tordus, les cascades, les ruines envahies par la végétation. Il dialogue avec la naissance du jardin paysager anglais, qui rejette la symétrie au profit d’une nature « ordonnée selon les lois du sauvage ». Le sublime, sous l’influence d’ Edmund Burke et des sensibilités préromantiques, le paysage devient aussi lieu d’émotion extrême : montagnes, tempêtes, gouffres, immensités inspirent un sentiment d’effroi mêlé d’admiration.

Le paysage du XVIIIᵉ siècle n’est pas qu’un décor : il reflète les interrogations du temps.La Nature comme refuge face à la corruption urbaine (Rousseau). La recherche préromantisme e d’authenticité et de sentiments.L’artiste propose un regard personnel, moins contraint par les règles académiques. Il préfigure les bouleversements du XIXᵉ siècle, où le paysage deviendra un espace d’exploration plastique chez les romantiques les expressionnistes.

Au XVIIIᵉ siècle, le paysage passe de la fonction subalterne à une véritable ambition artistique, nourrie par la science, le voyage, la philosophie et les nouvelles sensibilités. Entre idéal classique, pittoresque anglais et sublimité préromantique, il devient l’un des grands territoires esthétiques du passage vers la modernité.

Dans les prochains billets on partira à la découverte du Paysage au 18ème siècle, en Europe et dans les Amériques.

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