Les mouvements artistiques de 1800 à aujourd'hui +Les arts visuels depuis l'Antiquité jusqu'à l'orée du 19ème siècle.LesTechniques, manifestations, artistes, biographies, répertoires , carnets de liens + et bien d'autres choses
Jusqu’au début du 18ᵉ siècle, la peinture en Grande-Bretagne privilégiait les portraits, scènes d’histoire, et sujets religieux ou mythologiques, Comme ailleurs à cette époque, le genre du paysage était considéré comme secondaire, utilitaire, ou purement décoratif. Mais progressivement, sous l’influence conjointe de maîtres continentaux (hollandais, français, italiens) et d’un intérêt croissant pour la nature, l’environnement rural et la science naturelle, le paysage s’affirme comme sujet digne d’intérêt esthétique et philosophique.
C’est dans ce contexte que va émerger l’“école paysagiste britannique” Les artistes commencent à peindre la nature non plus comme arrière-plan, mais comme sujet principal, avec des préoccupations esthétiques, poétiques, voire morales.
Au XVIIIᵉ siècle, le paysage en France connaît une véritable mutation esthétique et intellectuelle. Longtemps considéré comme un genre secondaire — inférieur au grand genre de la peinture d’histoire selon la hiérarchie académique.
À l’Académie royale de peinture et de sculpture, le paysage n’est pas prioritaire. Influencée par l’héritage du classicisme du XVIIᵉ siècle (Poussin, Lorrain), l’institution valorise le paysage héroïque : une nature ordonnée, élevée, support d’histoires morales ou mythologiques.Ce modèle reste puissant jusqu’au milieu du siècle, perpétué notamment par Jean-Baptiste Oudry ou Pierre Patelà travers des compositions équilibrées, pensées comme des architectures naturelles.
Le paysage va bientôt devenir l’un des champs privilégiés d’exploration des artistes de la fin du siècle. Cette évolution s’opère dans un contexte philosophique et culturel où la nature est repensée : on la veut à la fois miroir du sensible et territoire du sublime.
De nombreux artistes français voyagent en Italie grâce au Prix de Rome. Ils et y découvrent les maîtres du paysage classique. Mais ils y rencontrent aussi le goût du pittoresque, venu d’Angleterre, et l’observation directe de la nature, diffusée par les philosophes des Lumières La nature commence alors à être perçue pour elle-même, non plus seulement comme décor d’une narration.
Le XVIIIᵉ siècle français est ainsi un moment charnière dans l’histoire du paysage : un passage du paysage-narratif au paysage-sujet, du modèle idéal à l’expérience vécue.En ouvrant la voie à une contemplation plus directe de la nature, les peintres de ce siècle ont préparé les grandes révolutions esthétiques du siècle suivant.
Le paysage au XVIIIᵉ siècle : un art en transition.
Le XVIIIᵉ siècle marque une période charnière dans l’histoire du paysage : encore perçu comme un genre mineur dans la hiérarchie académique, il s’émancipe progressivement, s’enrichit d’enjeux philosophiques et devient un lieu d’expérimentation esthétique.
Dans la hiérarchie instaurée par les académies, le paysage reste classé sous la peinture d’histoire. Il est encore souvent considéré comme un simple décor ou un exercice de style, devant exprimer un idéal harmonieux. Le paysage « classique », hérité de Lorrain et Poussin, demeure la référence, avec une composition équilibrée, une perspective maîtrisée,une lumière dorée, des ruines et scènes pastorales idéalisées. Cependant les nombreuses académies vont bientôt largement accompagner le mouvement
Le siècle des Lumières modifie le rapport à la nature.La botanique, la géologie, la cartographie et l’essor des sciences naturelles stimulent une observation plus précise du réel. Parallèlement, leGrand Tour conduit artistes et amateurs britanniques ou français, allemands, etc à découvrir l’Italie. Ces voyages enrichissent le paysage d’une dimension documentaire et affective : le paysage devient mémoire, expérience sensible.
Au fil du siècle, le paysage se détache du seul idéal classique. Le pittoresque, né dans la culture britannique, il valorise l’irrégulier, le singulier, le rustique. Il met en avant les chemins tortueux, les arbres tordus, les cascades, les ruines envahies par la végétation. Il dialogue avec la naissance du jardin paysager anglais, qui rejette la symétrie au profit d’une nature « ordonnée selon les lois du sauvage ». Le sublime, sous l’influence d’ Edmund Burke et des sensibilités préromantiques, le paysage devient aussi lieu d’émotion extrême : montagnes, tempêtes, gouffres, immensités inspirent un sentiment d’effroi mêlé d’admiration.
Le paysage du XVIIIᵉ siècle n’est pas qu’un décor : il reflète les interrogations du temps.La Nature comme refuge face à la corruption urbaine (Rousseau). La recherche préromantisme e d’authenticité et de sentiments.L’artiste propose un regard personnel, moins contraint par les règles académiques. Il préfigure les bouleversements du XIXᵉ siècle, où le paysage deviendra un espace d’exploration plastique chez les romantiques les expressionnistes.
Au XVIIIᵉ siècle, le paysage passe de la fonction subalterne à une véritable ambition artistique, nourrie par la science, le voyage, la philosophie et les nouvelles sensibilités. Entre idéal classique, pittoresque anglais et sublimité préromantique, il devient l’un des grands territoires esthétiques du passage vers la modernité.
Dans les prochains billets on partira à la découverte du Paysage au 18ème siècle, en Europe et dans les Amériques.
L’histoire du paysage américain commence bien avant la grande tradition de la Hudson River School au XIXᵉ siècle. Dès le XVIIᵉ siècle, explorateurs, cartographes et artistes coloniaux posent leurs pinceaux sur un Nouveau Monde encore largement inconnu des Européens. Le paysage n’est alors ni un genre autonome ni un sujet esthétique : il sert à décrire, à inventorier, parfois à promouvoir. Pourtant, derrière ces visées utilitaires, s’esquisse déjà un rapport sensible au territoire.
Dans les colonies anglaises et néerlandaises, l’image du paysage a d’abord une fonction pratique. On peint pour montrer la fertilité du sol, la topographie, la navigabilité des rivières. Ainsi, les premiers paysages américains appartiennent à un espace intermédiaire entre l’illustration topographique et l’observation naturaliste, un peu à la manière des dessins d’explorateurs de la Renaissance.
Le XVIIᵉ siècle européen évoque spontanément les horizons dorés de Claude Lorrain ou les ciels mouvants des peintres hollandais. Pourtant, au-delà du Danube et des Carpates, le paysage se construit lui aussi, dans le silence des plaines polonaises, les vallées bohémiennes et les territoires frontaliers rongés par les guerres ottomanes.
Ce n’est pas une histoire de grandes écoles flamboyantes, mais une histoire d’échanges, d’influences, de migrations, où des artistes locaux et itinérants donnent naissance à une manière singulière de regarder le monde.
Dans les pays de l’Europe de l’Est et Centrale, le paysage n’est pas encore un « genre » autonome. Il se cache dans les arrière-plans des portraits nobiliaires, dans les vues topographiques des domaines, dans les fresques religieuses qui commencent timidement à s’ouvrir sur la nature. On y rencontre des paysages topographiques, des scènes de Chasse, des scènes militaires et bien entendu des scènes religieuses.
Lorsque l’on pense au “paysage du XVIIᵉ siècle”, l’imaginaire nous mène souvent chez les peintres hollandais ou italiens. Cependant dans toute la Scandinavie, la situation est différente : le paysage n’y est pas encore un genre indépendant et souvent il se manifeste comme décor — arrière-plan de portraits, vues topographiques de domaines ou éléments d’ornementation d’églises.
Pourtant, les espaces nordiques — forêts, lacs, côtes rocheuses — n’en ont pas moins inspiré une vision artistique singulière, façonnée par des influences étrangères et par une clientèle (cours royales, aristocratie, églises) aux commandes spécifiques.
Deux phénomènes expliquent la physionomie de la scène picturale nordique au XVIIᵉ siècle, De nombreux peintres hollandais, flamands, allemands et italiens voyagent ou voient leurs gravures diffusées en Scandinavie. Au Nord, le paysage sert souvent des fonctions pratiques (vues topographiques, projets de palais, décors d’églises) plutôt qu’une célébration autonome de la nature ; les peintres locaux travaillent fréquemment comme portraitistes, décorateurs ou peintres d’églises, et n’explorent le paysage que comme arrière-plan ou document.
A la cour de Suède, pays dominant dans la région, le portrait officiel et la grande commande historique dominent : les peintres de cour peignent rois, généraux et scènes allégoriques, mais soignent en même temps l’arrière-plan paysager — souvent italianisant ou dramatiquement scénique.
Le Danemark de la fin du XVIIᵉ accueille plusieurs peintres formés aux écoles occidentales ; la tradition topographique et décorative y est plus visible que la peinture de paysage “en soi” Les principaux artistes sont alors Jacob Coning =Bernhard Keil =Hendrick Krock =Reinhold Timm.
La Norvège du XVIIᵉ ne développe pas encore une école nationale de paysage : beaucoup de vues “nordiques” figurant dans les collections européennes sont l’œuvre de peintres hollandais ou allemands ayant voyagé en Scandinavie. Parmi eux
La Finlande qui fait alors partie du royaume de Suède) voit apparaître au XVIIᵉ une activité artistique centrée sur la peinture religieuse et d’ornement ; les paysages y sont généralement des éléments d’arrière-plan. Sont actifs dans le pays Abraham Myra = Lars Gallenius = Diedrich Möllerum.
Comme on peut le constater ci-dessous et comme l’on pouvait s’en douter, le paysage ne constitue pas encore un thème à lui seul, pour les peintres scandinaves du 17ème siècle.
Le paysage allemand du XVIIᵉ siècle occupe une place singulière dans l’histoire de l’art européen. À la croisée de l’influence hollandaise, de l’héritage maniériste du siècle précédent et des bouleversements religieux post-réformistes, la peinture de paysage en Allemagne développe un langage propre, à la fois poétique, métaphysique et profondément ancré dans l’observation de la nature.
Au XVIIᵉ siècle, l’espace germanique est marqué par la guerre de Trente Ans (1618–1648), qui entraîne une diminution des commandes et une mobilité accrue des artistes. Beaucoup voyagent vers les Pays-Bas, l’Italie ou l’Autriche, où ils découvrent de nouveaux modèles picturaux. Cette circulation contribue à l’émergence d’une école paysagiste marquée par le précisionnisme nordique issu de la Renaissance germanique, l’attrait pour les ciels dramatiques néerlandais et les ambiances idéalisées inspirées de Claude Gellée, dit Le Lorrain, et de l’Italie classique.
Le paysage devient alors un genre autonome, mais souvent porteur d’un sens spirituel, moral ou politique .La nature est souvent précise, mais jamais strictement topographique : l’enjeu est d’exprimer une atmosphère ou un état d’âme. Les peintres utilisent les perspectives à l’italienne et les diagonales conduisant vers un arrière-plan brumeux, les effets de soleil levant, les lumières argentée ou nocturnes.
Le XVIIe siècle en Italie, dominé par les courants baroques et classiques, n’a pas consacré le paysage comme un genre purement réaliste ou topographique. À l’inverse des peintres du Nord qui cherchaient souvent à capturer la nature dans sa vérité immédiate, les artistes italiens ont élaboré une vision idéale, héroïque et profondément narrative de la nature.
Le paysage n’est pas une fin en soi, mais un théâtre où se déploient l’histoire, la mythologie et le sentiment du sublime. Il se déploie dans deux directions : le paysage idéal hérité de la Renaissance et le paysage héroïque.
Les paysagistes italiens du XVIIe siècle n’ont pas peint la nature « telle qu’elle est », mais **telle qu’elle devrait être** : parfaite, dramatique ou sublime. Ils ont attiré les jeunes artistes qui effectuaient leur « Grand Tour » en Italie.
Le XVIIe siècle en Angleterre constitue une période fondatrice pour la peinture de paysage, bien que ce genre soit encore considéré comme mineur comparé à la peinture d’histoire ou au portrait. Le paysage émerge progressivement comme un sujet autonome, marqué par des influences étrangères et l’éclosion d’une sensibilité proprement britannique.
À l’époque, la peinture de paysage pure est encore peu prisée. Elle est souvent reléguée au rang de décor ou d’arrière-plan pour des scènes historiques ou religieuses. Sa valeur tient moins à la représentation de la nature qu’à sa capacité à illustrer un récit ou un thème noble.
Le développement du paysage britannique est largement impulsé par des artistes flamands et hollandais qui s’installent en Angleterre ou dont les œuvres y sont importées et admirées. Leur maîtrise du naturalisme et de la lumière va être déterminante. Certains artistes se spécialisent dans le paysage topographique.
Le XVIIe siècle français en peinture est dominé par le classicisme et la hiérarchie des genres établie par l’Académie royale de peinture et de sculpture. Dans cette classification, la **peinture de paysage** se situe encore assez bas, loin derrière la peinture d’histoire, considérée comme le genre noble par excellence. Pourtant, des artistes de talent ont œuvré dans ce domaine, posant les bases de ce qui deviendra, au siècle suivant, un genre majeur.
En France, la conception du paysage au XVIIe siècle est alors fortement influencée par des modèles italien, hollandais et flamand. Cependant, le paysage sans sujet historique prédominant peine à s’imposer. Il est souvent nécessaire d’y intégrer une « histoire » pour lui donner sa légitimité.. Cependant les peintres paysagistes français sont parvenu à élever le paysage au rang d’art intellectuel et poétique,
Le 17ème siècle dans les Pays-Bas méridionaux. est marqué par la Contre-Réforme et la domination espagnole, puis autrichienne. Contrairement aux Provinces-Unies (Pays-Bas du Nord), où la peinture de paysage reflète souvent une société protestante et marchande, la Flandre catholique reste sous influence aristocratique et ecclésiastique. Pourtant, le paysage y devient un genre à part entière, porté par une demande croissante de la bourgeoisie et de la noblesse.
Parmi les caractéristiques du paysage flamand , on relève la diversité des sujets : forêts, rivières, montagnes, les scènes hivernales, les paysages nocturnes. Les peintres utilisent la perspective atmosphérique, une palette contrastée entre ombres et lumières.
Après la révolte contre l’Espagne et la fondation de la République hollandaise (1581), les Pays-Bas du Nord connaissent au 17ème siècle , appelé Siècle d’or, un essor économique, commercial et culturel sans précédent.
La bourgeoisie marchande, enrichie par le commerce maritime, devient la principale mécène des artistes. Le paysage incarne les valeurs protestantes (humilité, travail, harmonie avec la nature) et la nouvelle identité nationale. C’est l‘âge d’or de la peinture néerlandaise.
Les caractéristiques du paysage néerlandais sont la représentation fidèle des paysages locaux avec les dunes, les canaux, les moulins, les forêts. Les thèmes variés ,hivernaux, lunaires, fantastiques. Avec des symboles comme la tempête pour la colère divine et la temps calme la prospérité. Et l’utilisation de la perspective atmosphérique.
Pendant la Renaissance, le paysage s’émancipe lentement du rôle secondaire qu’il occupait depuis le Moyen Âge. Dans les tableaux religieux ou mythologiques, il n’est plus seulement un décor : il devient un espace où s’expriment la lumière, la perspective et le sentiment du monde. Les artistes redécouvrent la nature comme un lieu d’harmonie, où l’ordre géométrique du regard humain rencontre la beauté de la création.
L’art du paysage pendant la Renaissance s’est construit autour d’histoires bibliques, mythologiques et historiques. À cette époque, très peu d’artistes font du paysage le sujet principal de leurs œuvres. Il est toujours en arrière-plan. Les avancées mathématiques de l’époque ont profondément touché la peinture de paysage. En effet, les multiples découvertes mathématiques et scientifiques ont apporté une meilleure compréhension de la perspective et de la proportion, ce qui a radicalement transformé les représentations de paysage .
La peinture de paysage a été reconnue officiellement comme genre artistique au 16e siècle, se plaçant aux côtés de la peinture d’histoire, du portrait, de la peinture de genre et de la nature morte. Malgré ce titre, le genre du paysage va encore rester insignifiant, jugé inférieur aux autres genres plus traditionnels et académiques. . Mais une fois encore, le paysage est au second plan, laissant le récit mythologique de Charon et les Enfers au premier plan.
En Italie, les innovations techniques changent tout. L’invention de laperspective linéaire au XVe siècle permet aux peintres d’organiser l’espace de façon cohérente : la profondeur du paysage devient un instrument de composition. ChezPiero della Francesca, GiorgioneLéonard de Vinciou le Pérugin, le ciel et les collines ne sont plus des motifs symboliques, mais des plans vivants où la lumière modèle le relief.
Mais la nature reste encore « idéale ». Elle reflète un équilibre mathématique, presque spirituel. On cherche moins à reproduire un lieu réel qu’à évoquer une perfection du monde — un ordre harmonieux entre l’homme et la terre.
Dans le Nord, la vision est différente. Les peintres flamands, attachés à la précision du détail, développent un regard empirique et concret. Joachim Patinir est souvent considéré comme le premier véritable « peintre de paysage » : ses tableaux, comme Le Repos pendant la fuite en Égypte, montrent des vallées et des rivières vues depuis un point de vue élevé, où la scène religieuse semble presque se perdre dans l’immensité du monde. Pour la première fois, le regard du spectateur est invité à se promener dans la nature. Il faut citer Pieter Bruegel l’Ancien, Jérôme Bosh sans oublier l’allemand Albrecht Dürer .
Albrecht Dürer – Etang
Albrecht Dürer – Paysage, Joachim Patinir Fuitre en égypte
Longtemps considéré comme un simple décor, le paysage est devenu, au fil des siècles, un sujet à part entière — un espace où l’artiste interroge sa place dans le monde. Cette série propose de remonter aux origines du regard paysager et de suivre sa transformation, de la Renaissance aux formes contemporaines.
Avant d’être un tableau, le paysage a d’abord été une manière de regarder. Pendant des siècles, les artistes n’ont pas peint la nature pour elle-même : les montagnes, les arbres ou les rivières n’étaient que des décors derrière les scènes religieuses ou mythologiques. Il faudra attendre la Renaissance pour que l’horizon commence à devenir un sujet à part entière.
Dans les fresques de Giottoou les tableaux deFra Angelico, la nature se devine encore derrière les figures sacrées — un ciel bleu qui s’ouvre timidement, quelques collines stylisées, une ville au loin. Mais déjà, quelque chose change : le regard s’éloigne des personnages pour s’attarder sur ce qui les entoure.
Au XVe siècle, les peintres flamands comme Jan van Eyckou Pieter Brueghel l’Ancien vont plus loin. Chez eux, le paysage devient presque le héros de l’image. Brueghel, par exemple, aime représenter les saisons, les villages enneigés, les champs, la vie quotidienne vue depuis les hauteurs : c’est tout un monde que l’on contemple, presque un « portrait » de la Terre.
En Italie, Léonard de Vinciesquisse les vallées du Val d’Arno et étudie les effets de la lumière sur la brume : il ne peint plus seulement ce qu’il voit, mais la manière dont la nature respire et change. Le paysage devient alors un terrain d’observation, un lieu d’émotion et de science à la fois.
Au fil du temps, cette attention à la nature ne cessera de grandir. Des fonds dorés médiévaux aux vastes horizons deClaude Gellée dit le Lorrain ou de Nicolas Poussin, puis aux paysages sensibles de John Constableet William Turner, chaque époque redéfinit sa façon d’habiter le monde par la peinture. Et puis avec l’arrivée du Chemin de Fer et les couleurs en tubes, il y a une explosion du paysage au 19ème siècle.
Cette série de billets se propose d’explorer cette grande histoire du regard : comment les artistes ont inventé le paysage, comment ils ont su en faire à la fois un refuge, un miroir de l’âme et une réflexion sur notre place dans le monde..
Le portrait, longtemps associé à la représentation du pouvoir ou à la mémoire familiale, connaît une renaissance vibrante dans l’art contemporain africain. De Dakar à Johannesburg, les artistes du continent réinventent ce genre classique pour en faire un outil de revendication, de narration et de transformation.
Chez de nombreux artistes africains contemporains, le portrait dépasse la simple figuration. Il devient un espace de mémoire, un lieu de résistance face aux stéréotypes et aux récits coloniaux. Le portrait africain contemporain se distingue par une hybridation audacieuse des techniques et des influences. Les artistes :réécrivent l’histoire à travers leurs œuvres. Le portrait devient un acte politique, un geste
L’Afrique du Sud, avec son histoire complexe et ses défis actuels, offre un terrain idéal pour réinventer le portrait. Les artistes y voient un moyen de se réapproprier leur image, de questionner les normes, et de construire une identité plurielle. Le portrait contemporain sud-africain n’est pas qu’un genre pictural : c’est un acte de présence, de résistance et de création.
C’est donc le 100ème et dernier article de la série des portraits à travers les siècles. La prochaine série de billets sera consacré au paysage depuis les premières représentations jusqu’à notre époque. Dans les mediums traditionnels, mais aussi dans la photographie, au cinéma et aussi avec les moyens informatiques.
Aux Philippines, en Thaïlande et en Indonésie, le portrait contemporain décentre l’idée classique de « ressemblance », pour interroger l’identité (individuelle, collective, économique, technologique). Beaucoup d’artistes combinent héritage (motif local, tradition picturale, culture populaire) et formes contemporaines (pop art, numérique, surréalisme).Le visage est souvent le lieu d’une critique : de la consommation en Thaïlande, de la technologie/robotisation aux Philippines, de la posture coloniale ou de l’ethnicité en Indonésie,