Le figure du fou dans les arts- 2/5 Au Moyen Age

Le « fou » au Moyen Age est une figure fascinante, symbolique, et souvent ambivalente. Dans les œuvres d’art et la littérature du Moyen Âge, le fou (ou le bouffon) représentait une figure complexe qui oscillait entre la critique sociale, le divertissement, et le symbole moral ou spirituel, l’incarnation du péché. Les fous sont tour à tour objets de tourment et d’attachement,d’hostilité et de pitié, de dérision et de vénération. Tantôt on les redoute et on les maltraite. Tantôt on les plaint et on les soigne.

L’aliénation mentale est expliquée en grande partie par la théorie des humeurs (bile.,sang, flegme, atrabile) et des tempéraments humoraux qui en découlent : bilieux, sanguins,flegmatiques et mélancoliques. La maladie (mentale) résultant d’un déséquilibre humoral, le tempérament en conditionne les manifestations.
Parmi les traitements il y avait les bains froids, les purges, l’isolement et la spectaculaire extraction de la Pierre de folie. Des manifestations collectives de folie appelées Manie dansante sont observées en Allemagne et en Alsace

Le fou dans l’art médiéval est souvent représenté de manière exagérée et grotesque, avec des attributs qui symbolisent la folie et l’inversion de la norme. Il porte fréquemment des vêtements bariolés, un bonnet à grelots, et parfois une marotte (une petite poupée ou un sceptre qui représente souvent une caricature de lui-même).Ces caractéristiques vestimentaires distinguent le fou et le rendent immédiatement reconnaissable, servant d’indicateur visuel de son rôle à la fois comique et critique. Au Moyen Âge, le fou jouissait d’une certaine liberté d’expression qui lui permettait de se moquer de la noblesse, du clergé, et même de la royauté, chose que peu de gens pouvaient se permettre. Les bouffons et les fous pouvaient souligner les faiblesses et les défauts de la société et des puissants.Dans certains manuscrits enluminés et œuvres d’art, le fou est parfois associé aux vices humains, ce qui en fait un outil de critique morale de la corruption et des excès.

Dans les livres d’heures et les marges des manuscrits médiévaux, les marges enluminées contiennent fréquemment des scènes avec des fous, accompagnées de créatures imaginaires ou d’animaux symboliques. Ces scènes font parfois référence à l’univers des « folies » et des carnavals, où l’ordre social est inversé, une notion très présente dans les fêtes populaires médiévales comme le Carnaval. L’un des textes les plus célèbre de cette époque, bien que plus tardif est é La Nef des fous de Sébastien Brant (1494) qui a inspiré les peintres flamands et allemands

Maître d’ Horres-Plampinet, Guérison d’un possédé
Fou grotesque
David_Teniers – Le Jeu des singes dans le monde
Bruegel – Manie dansante
Cornelis Saftleven, Allégorie de la folie humaine
Jheronimus_Bosch – La nef des fous

Quentin Metsys – Une allégorie de la folie
Illustration du Grand fou Luthérien de Thomas Murnier
Pieter Huys – Extraction de la pierre de folie
Maerten Van Cleve – Kermesse villageoise,.
Jérôme Bosch – Le portement de croix