Paysages & Arts visuels – 26/.. Les paysagistes romantiques russes.

Au XIXᵉ siècle, alors que l’Europe occidentale associe le romantisme à la ruine, au sublime alpin ou aux tempêtes maritimes, la Russie développe une vision singulière du paysage. Immense, contrasté, souvent hostile, le territoire russe devient un miroir moral et spirituel. Chez les peintres paysagistes romantiques russes, la nature n’est pas un simple décor : elle est mémoire, mélancolie, promesse, parfois même personnage.

Le romantisme pictural russe émerge plus tardivement qu’en France ou en Allemagne, principalement entre les années 1830 et 1870. Il se nourrit de plusieurs influences : le paysage classique hérité de l’Académie impériale, la peinture allemande (notamment Caspar David Friedrich), et la littérature russe, marquée par Pouchkine, Lermontov ou Gogol.

Mais à la différence du romantisme occidental, souvent centré sur l’individu face à la nature, le romantisme russe inscrit le paysage dans une conscience collective. La steppe, la forêt, la rivière ou la neige ne parlent pas seulement du moi intérieur : ils évoquent l’âme nationale, le temps long, la destinée historique.

Parmi les peintres russes romantiques paysagistes il y a eu notamment Sylvestre Chtchedrine =Ivan Aïvazovski =Alexeï Savrassov=Fiodor Vassiliev =Arkhip Kouïndji mais aussi Mikhaïl Lebedev = Ivan Chichkine = Vassili Polenov = Alexeï Bogolioubo =Mikhaïl Klodt =Constantin Bogaïevski =

Sylvestre Chtchedrine -A Sorente
Ivan Aïvazovski – Paysage d’hiver
Ivan Aïvazovski – Moisson
Ivan Chichkine =Forêt
=Alexeï Savrassov – vue depuis le pont Krymski
Fiodor Vassiliev – La lagune de la Volga
Arkhip Kouïndji – A la tombée de la nuit
Mikhaïl Lebedev – le boeuf au pied de l’arbre
= Vassili Polenov – Au bord de l’étang
Aleksei_Petrovich_Bogolyubov_-l’avenue_1867
=Mikhaïl Klodt -Orée de la forêt de chênes
Constantin Bogaïevski – Tropiques

Paysages & Arts visuels – 25/.. Les paysagistes romantiques espagnols

Longtemps restée dans l’ombre des grandes écoles française, anglaise ou allemande, la peinture de paysage romantique espagnole occupe pourtant une place singulière dans l’histoire de l’art du XIXᵉ siècle. Elle se développe à la croisée de plusieurs tensions : héritage du Siècle d’or, traumatisme de la guerre d’Indépendance contre Napoléon, redécouverte du territoire national et dialogue intense avec les courants européens. Le paysage y devient un espace chargé d’émotion, de mémoire et parfois de mélancolie politique.

En Espagne, le romantisme pictural s’affirme plus tardivement que dans le nord de l’Europe, principalement à partir des années 1830–1840. Cette temporalité décalée n’est pas un simple retard : elle reflète une situation historique spécifique, marquée par l’instabilité politique, l’exil de nombreux artistes et la lente modernisation des institutions artistiques.

Le paysage romantique espagnol se nourrit d’une double source. D’un côté, l’influence étrangère — notamment britannique et française — introduit une vision du paysage comme expérience sensible et subjective. De l’autre, les peintres espagnols puisent dans leur propre territoire : montagnes arides, plaines castillanes, ruines médiévales, monastères isolés et sites chargés d’histoire deviennent des motifs privilégiés.

Un trait distinctif du romantisme paysagiste espagnol réside dans l’importance accordée à la ruine et au paysage historique. Là où les romantiques allemands méditent sur l’infini et la spiritualité, les Espagnols inscrivent souvent la mélancolie dans une temporalité nationale.

Les ruines gothiques ou islamiques ne sont pas de simples motifs décoratifs : elles incarnent la stratification culturelle de l’Espagne et les fractures de son histoire. Cette sensibilité rejoint celle des voyageurs romantiques étrangers — écrivains et artistes fascinés par l’Espagne — mais elle est ici vécue de l’intérieur.

Parmi les paysagistes de cette époque il y a eu: Francisco de Goya Genaro Pérez Villaamil = Eugenio Lucas Velázquez. = Francisco Javier Parcerisa =Valeriano Domínguez Bécquer =Vicente Camarón y Torra =Manuel Barrón y Carrillo =Rafael Monleón y Torres =Valentín Carderera =Francisco Javier Parcerisa

Francisco_de_Goya – La_pradera_de_San_Isidro
Genaro Perez Villaamil – Vue de Tolède
Francisco_Javier_Parcerisa – Paysage
Valeriano Domínguez Bécquer – Scène de genre avec un paysage
Vicente_Camaron – paysage
=Manuel Barrón y Carrillo -Paysage
=Rafael Monleón y Torres
Valentin_Carderera –monastère de Sigena

Paysages & Arts visuels -24/.. Paysagistes romantiques allemands

Le romantisme allemand, qui s’épanouit entre la fin du XVIIIᵉ siècle et le milieu du XIXᵉ, accorde au paysage une place centrale et inédite. Loin d’être un simple décor, la nature devient un miroir de l’âme, un espace de méditation métaphysique et un lieu de confrontation avec l’infini. Chez les peintres paysagistes romantiques allemands, le paysage est chargé d’émotions, de symboles et de silence : il est une expérience intérieure autant qu’une vision du monde.

Le romantisme allemand naît dans un climat intellectuel marqué par la philosophie idéaliste (Kant, Fichte, Schelling), la redécouverte du Moyen Âge, la poésie de Goethe et de Novalis, et une réaction contre le rationalisme des Lumières. La nature y est perçue comme un organisme vivant, traversé par une dimension spirituelle.

Contrairement à la tradition classique, qui privilégiait un paysage ordonné et souvent idéalisé, les artistes romantiques allemands s’attachent à des sites sauvages, solitaires, parfois inquiétants : forêts profondes, montagnes escarpées, ruines envahies par la végétation, mers brumeuses. Le paysage devient l’espace du sublime, au sens philosophique : ce qui dépasse l’homme, l’élève et l’angoisse à la fois.

Parmi les peintres paysagistes romantiques il y avait Caspar David Friedrich = Philipp Otto Runge = Carl Gustave Carus = Johan Christian Dahl = Ernst Ferdinand Oehme = Carl Blechen mais aussi= =Adrian Ludwig Richter= Johann Martin von Rohden = Christian Friedrich Gille =August Heinrich

Caspar David Friedrich – Paysage d’hiver
Caspar David Friedrich – Paysage à l’arc-en-ciel
Philipp Otto Runge = Paysage forestier avec rivière
Carl Gustave Carus -Matin brumeux-+
Johan_Christian_Dahl_-Danish_Winter_Landscape_with_Dolmen-_
Ernst Ferdinand Oehme – Procession in the fog
Carl Blechen – Paysage de dunes
Adrian Ludwig Richter -Un berger et ses moutons
Johann Martin von Rohden – Italian Landscape
Christian Friedrich Gille – Paysage en Suisse
August Heinrich -Sunset over the Lofoten

Paysages & Arts visuels -24/.. Les paysagistes britanniques romantiques

Au tournant du XIXe siècle, la Grande-Bretagne occupe une place centrale dans le renouveau de la peinture de paysage en Europe, dans un contexte pleinement marqué par la sensibilité romantique. Longtemps considérée comme un genre mineur, cantonné à l’arrière-plan ou à la topographie descriptive, la représentation du paysage devient alors un champ d’expérimentation esthétique majeur. Les peintres britanniques du début du XIXe siècle transforment la nature en véritable sujet artistique, porteur d’émotion, de mémoire et de réflexion sur le monde moderne.

Plusieurs facteurs expliquent cet essor spectaculaire du paysage en Grande-Bretagne. D’une part, la Révolution industrielle bouleverse profondément les territoires, les modes de vie et les rapports à la nature. Face à l’urbanisation rapide et à la mécanisation, le paysage devient un lieu de refuge imaginaire, un espace de contemplation et parfois de résistance symbolique.Le paysage n’est plus seulement observé : il est vécu, ressenti, interprété. Enfin, la tradition de l’aquarelle et du dessin sur le motif, très développée en Grande-Bretagne, favorise une observation directe du réel et une grande liberté d’exécution.

Le paysage britannique du début du XIXe siècle ne se contente pas de refléter son époque : il en façonne durablement l’imaginaire visuel. En affirmant la valeur expressive du paysage ordinaire, en explorant les effets atmosphériques et en revendiquant une subjectivité assumée, ces peintres ouvrent la voie à des évolutions majeures de l’art européen.

Parmi les paysagistes britanniques de ce courant, souvent aquarellistes, il y avait John Constable =Joseph Mallord William Turner, mais aussi Thomas Girtin =John Sell Cotman =Peter De Wint =Anthony Vandyke Copley Fielding =Francis Towne

Les membres de lécole de Bristol comme William Müller. Francis Danby= Samuel Jackson, John Eagles, George Cumberland.
Edward Villiers Rippingille, Samuel Jackson, James Johnson, Nathan Cooper Branwhite, William West, James Baker Pyne, George Arthur Fripp = Paul Falconer Poole

Sans oublier les membres de l’école de Norwich notamment John Crome = Joseph Stannard = James Stark =George Vincent = Robert Ladbrooke =Edward Thomas Daniell =Miles Edmund Cotman .

John Constable – Cornfield
John Constable -Stratford mill
William Turner -Landscape near Petworth
William Turner – Storm at the Mouth of the Grand Canal, Venice,
Thomas Girtin – Kirkstall Abbey, Yorkshire
John Sell Cotman – Mountainous Landscape, North Wales
Peter DE Wint – Landscape
Anthony_Vandyke-Copley- Fielding – Richmond Hill
Francis Towne – Le pont du diable
Francis Danby – Torrent and mountain
William Muller – At the edge of the wooks

Paysages & Arts visuels -23/.. Paysagistes romantiques français

Au début du XIXᵉ siècle, le paysage cesse progressivement d’être un simple décor. Il devient un espace de projection intérieure, un lieu où se mêlent la contemplation, l’inquiétude, l’élan spirituel et parfois la solitude. En France, le romantisme transforme en profondeur la peinture de paysage : la nature n’y est plus ordonnée selon des règles héritées du classicisme, mais ressentie, vécue, traversée par l’émotion humaine.

Les paysagistes romantiques français s’inscrivent en réaction contre le paysage académique des siècles précédents, dominé par l’idéalisation à la manière de Claude Lorrain ou de Poussin. Là où le paysage classique proposait une nature stable, harmonieuse et intemporelle, le romantisme introduit le mouvement, l’instabilité et le sublime.

La nature devient changeante, parfois menaçante. Les ciels se chargent de nuages, les arbres se tordent sous le vent, les montagnes et les forêts imposent leur grandeur silencieuse. Le paysage romantique est moins un lieu qu’une expérience.

Parmi les paysagistes romantiques il y a eu Théodore Géricault = Eugène Delacroix mais aussi Achille-Etna Michallon =Paul Huet == Alexandre-Gabriel Decamp =Narcissa Virgilio Diaz de la Peña = Jules Dupré = Isidore Dagnan =Théodore Caruelle d’Aligny =Jean-Baptiste Camille Corot = Gustave Doré = Horace Vernet

Théodore Géricault – Grand paysage d’Iralie
Eugène Delacroix – La mer vue des hauteurs de Dieppe
Eugène Delacroix – Paysage à Champrosay
Achille-Etna Michallon – Cascade au Mont Dore
Paul Huet – Le gouffre
Alexandre-Gabriel Decamp = Paysage
Narcissa Virgilio Diaz de la Peña – En forêt de Fontainebleau
Jules Dupré -Paysage foredtier
IsidoreDagnan – Boulevard Poissonnière en 1834
=Théodore Caruelle d’Aligny = Bosquet d’arbres
Camille Corot – Pont de Narni
Gustave Doré – Paysage écossais
Horace Vernet – L’ascension du Vésuve

Le paysage & les Arts visuels -22/.. Paysage au 19ème siècle- Généralités

Au XIXᵉ siècle, le paysage cesse définitivement d’être un genre secondaire pour devenir un lieu central de l’expérience artistique. Héritier des traditions classiques et du paysage idéal hérité du XVIIᵉ siècle, il se transforme profondément sous l’effet des bouleversements politiques, sociaux, scientifiques et techniques qui marquent le siècle.

Au tournant du siècle, le paysage s’émancipe de la construction intellectuelle héritée de Poussin ou de Claude Lorrain. Il n’est plus seulement une composition harmonieuse destinée à illustrer des valeurs morales ou mythologiques, mais un espace observé, ressenti, parfois éprouvé. La nature devient un sujet autonome, digne d’être représenté pour elle-même, dans sa diversité, sa rudesse ou sa banalité.

Le XIXᵉ siècle voit émerger une nouvelle relation à la nature, profondément marquée par la sensibilité romantique. Le paysage devient le miroir des états d’âme, des émotions et de l’imaginaire. Montagnes, forêts, tempêtes, ruines ou horizons infinis sont investis d’une charge symbolique forte : la nature sublime, inquiétante ou mélancolique exprime la fragilité humaine face à l’immensité du monde. Même lorsque le romantisme s’efface, cette subjectivité demeure : le paysage n’est jamais neutre, il porte le regard singulier de l’artiste.

Le XIXᵉ siècle est aussi celui du retour à l’observation directe. Les progrès techniques (tubes de peinture, pigments industriels), mais aussi l’arrivée du Chemin de Fer, permettent aux artistes de travailler hors de l’atelier. Le paysage se construit désormais sur le motif, face au réel, au fil des saisons et des variations de lumière.Cette pratique renouvelle profondément l’approche du paysage : les effets atmosphériques, les ciels changeants, les jeux de lumière deviennent des sujets en soi. La nature est saisie dans son instabilité plutôt que dans une forme idéale.

Parallèlement, le paysage du XIXᵉ siècle intègre progressivement les transformations du monde moderne. Routes, chemins de fer, ponts, ports, villes en expansion, campagnes travaillées par l’homme apparaissent dans les œuvres.Le paysage n’est plus seulement sauvage ou pastoral : il devient un espace habité, façonné, parfois menacé.Cette tension entre nature et civilisation traverse tout le siècle, opposant souvent nostalgie d’un monde rural idéalisé et fascination pour le progrès.

Le paysage du XIXᵉ siècle se caractérise par une grande diversité d’approches :expressives ou analytiques,poétiques ou documentaires,intimes ou monumentales. Le paysage devient un laboratoire artistique où s’inventent de nouvelles manières de voir, de peindre et de penser le monde. Il accompagne les mutations profondes de la société tout en offrant aux artistes un espace de liberté et d’expérimentation sans précédent.

C’est dans ce cadre général que chaque pays développera ses propres sensibilités, écoles et traditions paysagères. C’est ce qui sera abordé dans la suite de billets consacrés au paysage au 18ème siècle.

Paysages & Arts visuels 21/.. Les paysagistes de l’Amérique latine au 18ème siècle

Au XVIIIᵉ siècle, le paysage dans les Amériques se trouve à la croisée de plusieurs dynamiques: C’est celui des grandes expéditions scientifiques commandées par la monarchie espagnole, comme l’ expédition Malaspina. Ces entreprises produisent un immense corpus visuel, souvent méconnu en Europe, qui constitue l’un des plus vastes ensembles paysagers du continent. C’est aussi une période de colonisation, Et aussi d’ émergence d’identités locales.

Bien avant l’âge d’or du paysage romantique au XIXᵉ siècle, une génération d’artistes fascinés par le Nouveau Monde, topographes, ingénieurs, voyageurs ou illustrateurs — contribue à façonner les premières représentations picturales des espaces américains.

Ces paysages ne sont pas encore pensés comme des domaines autonomes de l’art, mais ils constituent des documents précieux : visions mêlant précision scientifique, exotisme et affirmation culturelle.

Les principaux paysagistes de l’Amérique du Sud ont été notamment,José Joaquín Magón =Francisco Javier Matís =José del Pozo= Fernando Brambila =Tomás de Suria = Carlos Julião =Juan Patricio Morlete Ruiz = Juan de la Cruz Cano y Olmedilla = José Joaquim Freire =João Francisco Muzzi =Alexandre Rodrigues Ferreira = José Joaquim Codina =Juan Ravenet

Alexandre Rodrigues Ferreira
José Joaquín Magón
Francisco Javier Matís=
José del Pozo
Fernando Brambilla
Alexandre Rodrigues Ferreira
Francisco_Muzzi
Joaquim_Freire
José Joaquim Codina
Juan de la Cruz Cano y Olmedilla
Juan_Patricio_Morlete_Ruiz

Paysages & Arts visuels 20/.. Les paysagistes d’Amérique du Nord au 18ème siècle

Au cours du XVIIIᵉ siècle, la peinture de paysage en Amérique du Nord émerge progressivement comme un langage visuel capable d’exprimer la relation singulière entre les colons européens, les populations autochtones et un territoire encore largement perçu comme vaste, sauvage et mystérieux. Si l’art colonial reste longtemps dominé par le portrait, le paysage commence alors à s’affirmer, d’abord comme élément secondaire dans des scènes topographiques ou des vues de villes, puis comme sujet autonome.

Influencés par les traditions picturales britanniques et hollandaises, les artistes nord-américains adaptent ces modèles à un environnement où la nature impose son immensité, ses contrastes et ses promesses. Ce glissement progressif vers la représentation du territoire annonce l’essor, au début du siècle suivant, d’une véritable sensibilité paysagère propre au Nouveau Monde, où le paysage devient le vecteur privilégié d’identités nationales en formation et de visions idéalisées de la frontière.

Parmi les peintres paysagiste enAmérique du Nord il y a eu notamment John Smybert =Thomas Davies = George Heriot =William Winstanley= Rufus Hathaway =Nicholas Pocock =@ Aux caraïbes Agostino Brunias =Jean-Baptiste du Tertre = Philip Wickstead = Isaac Mendes Belisario

Thomas Davies
Nicholas Pocock
George Heriot
Jean-Baptiste_du_Tertre
John_Smybert
Philip Wickstead
William Winstanley
Agostino_Brunias

Paysages & Arts visuels – 19/.. Les paysagistes du 18ème siècle en Europe centrale et de l’Est

Dans l’Empire des Habsbourg et dans les provinces d’Europe de l’Est, les peintres sont souvent formés à Vienne, Dresde ou à l’Académie de Saint-Pétersbourg, centres où l’on apprend la perspective, la composition et l’art du paysage idéal à la manière de Claude Lorrain ou de Gaspard Dughet.

Dans ces régions politiquement fragmentées — Pologne-Lituanie, Empire des Habsbourg, États germaniques, Bohême, Hongrie — la peinture de paysage devient un espace d’expérimentation esthétique, mais aussi un miroir des identités territoriales et sociales.

Le XVIIIᵉ siècle est un moment de transition pour le paysage en Europe de l’Est et en Europe centrale. La demande change : les aristocraties locales et les cours impériales souhaitent des vues topographiques, des paysages réels, témoignant de leurs domaines, de leurs villes et de leurs campagnes. Cette tension entre paysage idéalisé et paysage observé caractérise tout le siècle.

Parmi les peintres paysagistes de cette époque il faut citer Norbert Grund =Václav Vavřinec Reiner = Zygmunt Vogel = Ivan Cheski =Fiodor Alexeev = =Johann Nepomuk Steiner=Józef Wall =Semyon Shchedrin

Norbert Grund
Fyodor_Yakovlevich_Alexeev
Johann_Nepomuk_Steiner
Semyon_Shchedrin
Wenzel_Lorenz_Reiner
Zygmunt-vogel

Paysage & Arts visuels – 18/.. Les paysagistes scandinaves du 18ème siècle

Bien avant l’explosion romantique du XIXᵉ siècle — avec ses fjords dramatiques, ses ciels polaires et ses vastes forêts devenues emblèmes nationaux — la Scandinavie du XVIIIᵉ siècle a posé les bases d’une véritable culture du paysage.

Marqués par l’héritage baroque, l’essor des académies et une sensibilité croissante à la nature locale, les peintres danois, suédois et norvégiens ont contribué à définir l’identité visuelle du Nord européen.

Le XVIIIᵉ siècle scandinave est dominé par deux centres majeurs : Stockholm, où l’Académie royale suédoise voit le jour en 1735 et Copenhague, où l’Académie royale des beaux-arts est fondée en 1754. Ces institutions encouragent l’étude de la nature, la pratique du dessin topographique et l’idéal de « vérité » propre à l’esthétique néoclassique naissante. Elles servent également à former des artistes capables de documenter le territoire — un enjeu essentiel pour des monarchies engagées dans la connaissance de leurs régions éloignées.

Un certain nombre de peintres scandinaves du 18ème siècle se sont intéressés au paysage :

Les suédois Elias Martin = Johan Sevenbom = Johan Philip Korn =Carl Johan Fahlcrantz =Carl Gustaf Pilo = ==Olof Arenius =Johan Fredrik Martin @@@ Les danois Johan Frederik Clemens =Jens Juel =Erik Pauelsen =Johan Mandelberg = Nikolaj Abraham Abildgaard =Johannes Wiedewelt = Johan Jacob Bruun =Georg Haas @@@Les norvégiens Johan Christian Dahl= Peder Aadnes =Johan Nordhagen @@@=Les finlandais Magnus von Wright =Johan Georg Geitel

Carl Gustaf Pilo
Carl_Johan Fahlcrantz
Erik_Pauelsen
Georg_Haas
Jens_Juel
Johan_Christian_Dahl
Johan_Edvard Mandelberg
Johan_Fredrik Martin
Johan_Jacob_Bruun
Johan_Philip_Korn
Johan Stevenboom
Johan-Frederik_Clemens
Johannes_Wiedewelt
Nicolai_Abraham_Abildgaard
Olof_Arenius
Peder_Aadnes

Paysage & arts visuels 17/.. Les paysagistes germanophones du 18ème siècle

À la croisée des Lumières et du sentiment préromantique, le paysage peint en pays germanophones connaît au XVIIIᵉ siècle une transformation profonde. Il ne se contente plus d’être un simple décor pour des scènes historiques ou religieuses : il devient progressivement un genre autonome, porteur d’une sensibilité nouvelle, oscillant entre observation du réel et idéalisation morale.

Au début du XVIIIᵉ siècle, la plupart des artistes s’inscrivent dans la tradition du paysage idéalisé, héritier de Poussin et Lorrain. Cette esthétique se nourrit d’une vision philosophique : représenter la nature comme miroir d’un ordre harmonieux, reflet du cosmos régulé par la raison.

Parmi les figures majeures il y a Johann Alexander Thiele =Ferdinand Kobell = Christian Wilhelm Ernst Dietrich

À partir des années 1750–1770, l’esprit des Lumières valorise l’expérience directe du monde. Le paysage devient observé sur le motif, avant même l’essor du plein air du XIXᵉ siècle. Le résultat : une nature moins héroïque, plus proche du quotidien, voire teintée d’une subtile mélancolie.

Parmi les artistes de cette période il y a les allemands=Jakob Philipp Hackert =Johann Georg von Dillis =Franz Kobell == Johann Christian Reinhart = Johann Gottlieb Prestel =Johann Heinrich Tischbein le Jeune =
Les autrichiens Johann Christian Brand =Joseph Brand = Franz Edmund Weirotter= Martin von Molitor = Lorenz Schönberger
Les suisse germanophones Caspar Wolf = Johann Ludwig Aberli =Adrian Zingg = Johann Gottfried Steffan = Gabriel Ludwig Lory = Johann Heinrich Füssli = Johann Jakob Biedermann =

Ferdinand Kobell
Adrian Zingg
Caspar Wolf
Christian Wilhelm Ernst Dietrich
Franz Edmund Weirotter
Franz Kobell
Gabriel Ludwig Lory
Georg von Dillis
Jacob Philipp Hackert
Johann Christian Brand
Johann Alexander Thiele
Johann Christian Reinhart
Johann Gottfried Steffan
Johann Heinrich Fussli
Johann Heinrich Tischbein
Johann-Jakob Biedermann
Johann-Ludwig Aberli
Lorenz Adolf Schonberger
Martin_von_Molitor

Paysages & arts visuels 16/.. Les paysagistes italiens du 18ème siècle

Le XVIIIᵉ siècle en Italie voit le paysage s’imposer non plus seulement comme décor ou arrière-plan d’une scène religieuse ou mythologique, mais comme sujet autonome — souvent empreint d’une poésie arcadienne, d’un goût pour l’idylle pastorale ou la rêverie ruiniste, reflet des aspirations plus larges de l’époque au « pittoresque » et à la contemplation d’une nature idéalisée .Cependant, contrairement à ce qu’on observe plus tard en France ou en Angleterre la tradition italienne reste en grande partie « construite. imagée » : paysages composés, souvent imagés, mêlant éléments naturels, ruines, villages, rivières — des paysages qui expriment un équilibre entre nature, histoire, et humanité.

Les paysages sont idéalisés et poétiques avec des ruines, des bergers, des rivières, des forêts, villages, des ponts, des maisons. Une attention particulière est portée à la lumière, à l’atmosphère, aux transitions — au crépuscule, à l’aube, à la douceur d’un après-midi — donnant au paysage une dimension émotionnelle et sensible. Le paysage italien du XVIIIᵉ ne se limite pas aux campagnes — il s’étend aux côtes, aux lagunes, aux villes avec le Védutisme, aux ports. Ces paysages étaient appréciés non seulement par la noblesse, et la bourgeoisie), mais aussi exportés notamment en Angleterre

Voici quelques-uns des paysagistes italiens de cette époque, plus ou moins connus et parfois tombé dans l’oubli :
Francesco Zuccarelli =Giuseppe Zola =Paolo Anesi=Antonio Diziani =Giovanni Battista Cimaroli =Andrea Locatelli =Michele Marieschi =Francesco Foschi =Marco Ricci =Sebastiano Ricci =Giovanni Paolo Panini =Giuseppe Bernardino Bison =Domenico Brandi =Carlo Bonavia =Giovanni Battista Busiri =Pietro Fabris =Fabio Berardi =Giovanni Antonio Canaletto=Francesco Guardi.

Andrea Locatelli
Antonio Diziani
Francesco Zuccarelli
Carlo_Bonavia
Francesco Foschi
Francesco Guardi
Canaletto
Giovanni_Battista_Busiri
Giovanni Battista Busiri
Giuseppe Berdardino Bison
Giuseppe_Zola
Michele Marieschi
Paolo Anesi
Pietro Fabris
Sebastiano Ricci

Paysages & Arts visuels -15/.. Les paysagistes britanniques du 18ème siècle

Jusqu’au début du 18ᵉ siècle, la peinture en Grande-Bretagne privilégiait les portraits, scènes d’histoire, et sujets religieux ou mythologiques, Comme ailleurs à cette époque, le genre du paysage était considéré comme secondaire, utilitaire, ou purement décoratif. Mais progressivement, sous l’influence conjointe de maîtres continentaux (hollandais, français, italiens) et d’un intérêt croissant pour la nature, l’environnement rural et la science naturelle, le paysage s’affirme comme sujet digne d’intérêt esthétique et philosophique.

C’est dans ce contexte que va émerger l’“école paysagiste britannique” Les artistes commencent à peindre la nature non plus comme arrière-plan, mais comme sujet principal, avec des préoccupations esthétiques, poétiques, voire morales.

Voici quelques-uns des peintres majeurs de ce renouveau paysager britannique au 18ᵉ siècle — avec leurs approches, innovations et apports.
Richard Wilson “père du paysage moderne britannique”=Thomas Gainsborough = Alexander Cozens = John Robert Cozens = Thomas Jones =George Lambert =Paul Sandby, le « Père de l’aquarelle anglaise ».=Michael “Angelo” Rooker =Francis Towne=John Hamilton Mortimer =Philip James de Loutherbourg = Joseph Farington =William Hodges =John Rathbone =George Barret Senior. =Thomas Hearne

Thomas_Gainsborough
Thomas_Gainsborough
Thomas_Gainsborough
Richard Wilson
Alexander Cozens
Francis Stones
Francis Stones
George Barret
John Hamilton Mortimer
John Rathbone
John_Robert Cozens
Joseph Farington
Michael_Angelo_Rooker
Paul Sandby
Philippe-Jacques_de_Loutherbourg
Richard Wilson
Thomas Jones
Thomas Jones
Thomas Hearne
William_Hodges.

Le paysage et les arts visuels 14/.. Les paysagistes du 18ème siècle en France.

Au XVIIIᵉ siècle, le paysage en France connaît une véritable mutation esthétique et intellectuelle. Longtemps considéré comme un genre secondaire — inférieur au grand genre de la peinture d’histoire selon la hiérarchie académique.

À l’Académie royale de peinture et de sculpture, le paysage n’est pas prioritaire. Influencée par l’héritage du classicisme du XVIIᵉ siècle (Poussin, Lorrain), l’institution valorise le paysage héroïque : une nature ordonnée, élevée, support d’histoires morales ou mythologiques.Ce modèle reste puissant jusqu’au milieu du siècle, perpétué notamment par Jean-Baptiste Oudry ou Pierre Patel à travers des compositions équilibrées, pensées comme des architectures naturelles.

Le 18ème siècle va voir se succéder le mouvement baroque, puis le style rococo et enfin le néoclassicisme.

Le paysage va bientôt devenir l’un des champs privilégiés d’exploration des artistes de la fin du siècle. Cette évolution s’opère dans un contexte philosophique et culturel où la nature est repensée : on la veut à la fois miroir du sensible et territoire du sublime.

De nombreux artistes français voyagent en Italie grâce au Prix de Rome. Ils et y découvrent les maîtres du paysage classique. Mais ils y rencontrent aussi le goût du pittoresque, venu d’Angleterre, et l’observation directe de la nature, diffusée par les philosophes des Lumières La nature commence alors à être perçue pour elle-même, non plus seulement comme décor d’une narration.

Le XVIIIᵉ siècle français est ainsi un moment charnière dans l’histoire du paysage : un passage du paysage-narratif au paysage-sujet, du modèle idéal à l’expérience vécue.En ouvrant la voie à une contemplation plus directe de la nature, les peintres de ce siècle ont préparé les grandes révolutions esthétiques du siècle suivant.

Parmi les peintres du 18ème siècle qui se sont intéressés au paysage, il y a eu d’abord les tenants de l’académisme comme Jacques-André-Joseph Aved =Louis-Gabriel Blanchet =Pierre-Henri de Valenciennes

Et plus dans l’air du temps Hubert Robert =Jean-Siméon Chardin =Claude-Joseph Vernet =François Boucher = Jean-Honoré Fragonard = =Jean-Baptiste Greuze= Alexandre-François Desportes =Nicolas Lancret =Étienne Jeaurat =Jean-Baptiste Le Prince = Jean-Baptiste Pillement =Jean-Baptiste Wicar = Antoine Watteau =Antoine-François Callet =Simon-Mathurin Lantara =Jean-Germain Drouais élève de Jacques-Louis David=François-Marius Granet.

Et aussi, quelques peintres oubliés :
Gabriel de Saint-Aubin =Jean-Jacques de Boissieu=Antoine-Xavier Saint-Aubert = Louis Bélanger

Antoine François Callet
Jean-Siméon Chardin
Jean-Baptiste Wicar
François Boucher
François Desporte
François MariusGranet
Jean-Baptiste Greuze
Hubert Robert
Jean_Honore_Fragonard
Jean-Antoine_Watteau
Pierre-Henri_de_Valenciennes
Jean-Baptiste Leprince
Louis Belanger
Nicolas Lancret
Pierre Platel
Jacques-Louis David
Simon-Mathurin_Lantara
Jean_Pillement

Le paysage et les arts visuels- 13/.. Le paysage du 18ème siècle – généralités

Le paysage au XVIIIᵉ siècle : un art en transition.

Le XVIIIᵉ siècle marque une période charnière dans l’histoire du paysage : encore perçu comme un genre mineur dans la hiérarchie académique, il s’émancipe progressivement, s’enrichit d’enjeux philosophiques et devient un lieu d’expérimentation esthétique.

Dans la hiérarchie instaurée par les académies, le paysage reste classé sous la peinture d’histoire. Il est encore souvent considéré comme un simple décor ou un exercice de style, devant exprimer un idéal harmonieux. Le paysage « classique », hérité de Lorrain et Poussin, demeure la référence, avec une composition équilibrée, une perspective maîtrisée,une lumière dorée, des ruines et scènes pastorales idéalisées. Cependant les nombreuses académies vont bientôt largement accompagner le mouvement

Le siècle des Lumières modifie le rapport à la nature.La botanique, la géologie, la cartographie et l’essor des sciences naturelles stimulent une observation plus précise du réel. Parallèlement, le Grand Tour conduit artistes et amateurs britanniques ou français, allemands, etc à découvrir l’Italie. Ces voyages enrichissent le paysage d’une dimension documentaire et affective : le paysage devient mémoire, expérience sensible.

Au fil du siècle, le paysage se détache du seul idéal classique. Le pittoresque, né dans la culture britannique, il valorise l’irrégulier, le singulier, le rustique. Il met en avant les chemins tortueux, les arbres tordus, les cascades, les ruines envahies par la végétation. Il dialogue avec la naissance du jardin paysager anglais, qui rejette la symétrie au profit d’une nature « ordonnée selon les lois du sauvage ». Le sublime, sous l’influence d’ Edmund Burke et des sensibilités préromantiques, le paysage devient aussi lieu d’émotion extrême : montagnes, tempêtes, gouffres, immensités inspirent un sentiment d’effroi mêlé d’admiration.

Le paysage du XVIIIᵉ siècle n’est pas qu’un décor : il reflète les interrogations du temps.La Nature comme refuge face à la corruption urbaine (Rousseau). La recherche préromantisme e d’authenticité et de sentiments.L’artiste propose un regard personnel, moins contraint par les règles académiques. Il préfigure les bouleversements du XIXᵉ siècle, où le paysage deviendra un espace d’exploration plastique chez les romantiques les expressionnistes.

Au XVIIIᵉ siècle, le paysage passe de la fonction subalterne à une véritable ambition artistique, nourrie par la science, le voyage, la philosophie et les nouvelles sensibilités. Entre idéal classique, pittoresque anglais et sublimité préromantique, il devient l’un des grands territoires esthétiques du passage vers la modernité.

Dans les prochains billets on partira à la découverte du Paysage au 18ème siècle, en Europe et dans les Amériques.

Paysage et arts visuels – 12/..Paysagistes des Amériques

L’histoire du paysage américain commence bien avant la grande tradition de la Hudson River School au XIXᵉ siècle. Dès le XVIIᵉ siècle, explorateurs, cartographes et artistes coloniaux posent leurs pinceaux sur un Nouveau Monde encore largement inconnu des Européens. Le paysage n’est alors ni un genre autonome ni un sujet esthétique : il sert à décrire, à inventorier, parfois à promouvoir. Pourtant, derrière ces visées utilitaires, s’esquisse déjà un rapport sensible au territoire.


Dans les colonies anglaises et néerlandaises, l’image du paysage a d’abord une fonction pratique. On peint pour montrer la fertilité du sol, la topographie, la navigabilité des rivières. Ainsi, les premiers paysages américains appartiennent à un espace intermédiaire entre l’illustration topographique et l’observation naturaliste, un peu à la manière des dessins d’explorateurs de la Renaissance.

Le précurseur est sans aucun doute le Captain John White qui appartient plutôt au 16ème siècle.La culture artistique néerlandaise du XVIIᵉ siècle, riche d’une longue tradition paysagère, influence profondément les peintres présents dans la Nieuw-Amsterdam qui deviendra New York avec par exemple Joan Vinckeboons =Au Canada alors français il y a Samuel de Champlain =Louis Nicolas = Charles Bécart de Granville et de Fonville

Au Mexique il y a Juan Correa = Cristóbal de Villalpando =Nicolás Correa = Au Pérou =Diego Quispe Tito=Basilio Santa Cruz Pumacallao Artistes anonymes de l’École de Cuzco =Au Chili Alonso de Ovalle ==Au Brésil Frans Post =Albert Eckhout,

FransPost
Nicolas Correa
Charles Bécart de Granville et de Fonville – Vue de l’Est de Québec
Basilio_Santa_Cruz_Pumacallao
Nicolas Correa
= Cristóbal de Villalpando
école_de_Cuzco
Frans Post – Engenho de Pernambuco
Diego Quispe Tito
Albert Eckhout,
Captain John White
Samuel de Champlin
Samuel de Champlin
Alonso de Ovalle

Le paysage et les arts visuels – 11/.. Les peintres paysagistes de l’Europe centrale,de l’Est, des Balkans.

Le XVIIᵉ siècle européen évoque spontanément les horizons dorés de Claude Lorrain ou les ciels mouvants des peintres hollandais. Pourtant, au-delà du Danube et des Carpates, le paysage se construit lui aussi, dans le silence des plaines polonaises, les vallées bohémiennes et les territoires frontaliers rongés par les guerres ottomanes.

Ce n’est pas une histoire de grandes écoles flamboyantes, mais une histoire d’échanges, d’influences, de migrations, où des artistes locaux et itinérants donnent naissance à une manière singulière de regarder le monde.

Dans les pays de l’Europe de l’Est et Centrale, le paysage n’est pas encore un « genre » autonome. Il se cache dans les arrière-plans des portraits nobiliaires, dans les vues topographiques des domaines, dans les fresques religieuses qui commencent timidement à s’ouvrir sur la nature. On y rencontre des paysages topographiques, des scènes de Chasse, des scènes militaires et bien entendu des scènes religieuses.

Parmi les peintres qui ont peint des paysages il y a eu : En Pologne : Tobias Fendt= Christian Melich=Daniel Schultz le Jeune =Martno Altomonte = Jan Trycjusz = Szymon Czechowicz = En Ukraine Ivan Rutkovych =Jov Kondzelevych = En Bohême :Dirk de Quade van Ravesteyn=Pieter Stevens =Karel Škréta =Abraham Godijn =Norbert Grund = En Hongrie : Johann Kupezky =Jakob Bogdány = En Serbie :Zograf Longin = En Bulgarie les Ateliers de Samokov = En Roumanie (Valachie, Moldavie, Transylvanie) Pârvu Mutu .=Ateliers de Bucovine.

Abraham_Godyn
Christian Melich – Vue de Varsovie
Daniel Schultz
Dirk de Quade van Ravesteyn
Ivan Rutkovych
Jakob Bogdani
Johannes_Kupeckahy
=Karel Škréta
Martino Altomonte
Pieter Stevens_
Tobias Fendt

Le paysage et les arts visuels- 10/.. En Scandinavie

Lorsque l’on pense au “paysage du XVIIᵉ siècle”, l’imaginaire nous mène souvent chez les peintres hollandais ou italiens. Cependant dans toute la Scandinavie, la situation est différente : le paysage n’y est pas encore un genre indépendant et souvent il se manifeste comme décor — arrière-plan de portraits, vues topographiques de domaines ou éléments d’ornementation d’églises.

Pourtant, les espaces nordiques — forêts, lacs, côtes rocheuses — n’en ont pas moins inspiré une vision artistique singulière, façonnée par des influences étrangères et par une clientèle (cours royales, aristocratie, églises) aux commandes spécifiques.

Deux phénomènes expliquent la physionomie de la scène picturale nordique au XVIIᵉ siècle, De nombreux peintres hollandais, flamands, allemands et italiens voyagent ou voient leurs gravures diffusées en Scandinavie. Au Nord, le paysage sert souvent des fonctions pratiques (vues topographiques, projets de palais, décors d’églises) plutôt qu’une célébration autonome de la nature ; les peintres locaux travaillent fréquemment comme portraitistes, décorateurs ou peintres d’églises, et n’explorent le paysage que comme arrière-plan ou document.

A la cour de Suède, pays dominant dans la région, le portrait officiel et la grande commande historique dominent : les peintres de cour peignent rois, généraux et scènes allégoriques, mais soignent en même temps l’arrière-plan paysager — souvent italianisant ou dramatiquement scénique.

Parmi les peintres qui en Suède approchent le paysage il y a eu David Klöcker Ehrenstrahl = Johan Philip Lemke == Elias Brenner = Michael Dahl = David Frumerie = Jacques Foucquet

Le Danemark de la fin du XVIIᵉ accueille plusieurs peintres formés aux écoles occidentales ; la tradition topographique et décorative y est plus visible que la peinture de paysage “en soi”
Les principaux artistes sont alors Jacob Coning =Bernhard Keil =Hendrick Krock =Reinhold Timm.

La Norvège du XVIIᵉ ne développe pas encore une école nationale de paysage : beaucoup de vues “nordiques” figurant dans les collections européennes sont l’œuvre de peintres hollandais ou allemands ayant voyagé en Scandinavie. Parmi eux

La Finlande qui fait alors partie du royaume de Suède) voit apparaître au XVIIᵉ une activité artistique centrée sur la peinture religieuse et d’ornement ; les paysages y sont généralement des éléments d’arrière-plan. Sont actifs dans le pays Abraham Myra = Lars Gallenius = Diedrich Möllerum.

Comme on peut le constater ci-dessous et comme l’on pouvait s’en douter, le paysage ne constitue pas encore un thème à lui seul, pour les peintres scandinaves du 17ème siècle.

Bernhard Keil
David_Kocker
Hendrick_Krock
Jacob_Coning_-
Johann_Philip Lemke_
Michael_Dahl

Paysage et arts visuels – 9/.. – Les paysagistes allemands et autrichiens du 17ème siècle

Le paysage allemand du XVIIᵉ siècle occupe une place singulière dans l’histoire de l’art européen. À la croisée de l’influence hollandaise, de l’héritage maniériste du siècle précédent et des bouleversements religieux post-réformistes, la peinture de paysage en Allemagne développe un langage propre, à la fois poétique, métaphysique et profondément ancré dans l’observation de la nature.

Au XVIIᵉ siècle, l’espace germanique est marqué par la guerre de Trente Ans (1618–1648), qui entraîne une diminution des commandes et une mobilité accrue des artistes. Beaucoup voyagent vers les Pays-Bas, l’Italie ou l’Autriche, où ils découvrent de nouveaux modèles picturaux. Cette circulation contribue à l’émergence d’une école paysagiste marquée par le précisionnisme nordique issu de la Renaissance germanique, l’attrait pour les ciels dramatiques néerlandais et les ambiances idéalisées inspirées de Claude Gellée, dit Le Lorrain, et de l’Italie classique.

Le paysage devient alors un genre autonome, mais souvent porteur d’un sens spirituel, moral ou politique .La nature est souvent précise, mais jamais strictement topographique : l’enjeu est d’exprimer une atmosphère ou un état d’âme. Les peintres utilisent les perspectives à l’italienne et les diagonales conduisant vers un arrière-plan brumeux, les effets de soleil levant, les lumières argentée ou nocturnes.

Les peintres paysagistes allemands notables de cette périodes ont été Joachim von Sandrart , le théoricien et le synthétiseur = Herman Saftleven = Johann Heinrich Roos et ses fils Theodor Roos, =Johann Melchior, . Philipp Peter= Adam Elsheimer = Johann Wilhelm Baur mais aussi Johann Franz Ermels =Johann Martin Weiß =Johann Christoph Weigel = Matthäus Merian= Johann Karl Loth

Enfin chez les autrichiens il y avait Hans Adam Weissenkircher Johann Anton Eismann= Joseph Anton Koch =Michael Rottmayr = Hans Schor = Wolfgang Heimbach=Johann Spillenberger

Adam Elsheimer
Herman Safleven
Johan Ross
Matthèus_Merian
Johann_Anton_Eismann
Philipp-Peter -Roos
Thedor Roos
Wolfgang_Heimbach
=Johann Spillenberger
Johann Melchior Roos

Paysages et les Arts visuels – 7/.. Les paysagistes italiens du 17ème siècle

Le XVIIe siècle en Italie, dominé par les courants baroques et classiques, n’a pas consacré le paysage comme un genre purement réaliste ou topographique. À l’inverse des peintres du Nord qui cherchaient souvent à capturer la nature dans sa vérité immédiate, les artistes italiens ont élaboré une vision idéale, héroïque et profondément narrative de la nature.

Le paysage n’est pas une fin en soi, mais un théâtre où se déploient l’histoire, la mythologie et le sentiment du sublime. Il se déploie dans deux directions : le paysage idéal hérité de la Renaissance et le paysage héroïque.

Les paysagistes italiens du XVIIe siècle n’ont pas peint la nature « telle qu’elle est », mais **telle qu’elle devrait être** : parfaite, dramatique ou sublime. Ils ont attiré les jeunes artistes qui effectuaient leur « Grand Tour » en Italie.

Les principaux peintres de paysage italiens ont été notamment :
Annibale Carracci = Giovanni Francesco Barbieri dit le Guerchin =Salvator Rosa =Viviano Codazzi = Michelangelo Cerquozzi et ses bambochades = Domenico Gargiulo, dit Micco Spadaro = Giovanni Francesco Grimaldi= Francesco Albani = Aniello Falcone = Luca Carlevarijs, Mais il ne faut pas oublier Nicolas Poussin = Claude Gellée, dit Le Lorrain =Gaspard Dughet, les français qui séjournent longuement à Rome et ont largement influencé les peintres italiens de cette époque

Le Guerchin
Claude le Lorrain
Guercino_Bagnanti
Luca_Carlevarijs
Nicolas Poussin
Salvator Rosa
Salvatore Rosa
Salvatore Rosa
Viviano_Codazzi
Michelangelo Cerquozzi
Michelangelo_Cerquozzi 1
Giovanni_Francesco_Grimaldi
Giovanni Francesco Grimaldi
Annibale_Carracci

Paysage et arts visuels – 6/.. Paysagistes britanniques du 17ème siècle.

Le XVIIe siècle en Angleterre constitue une période fondatrice pour la peinture de paysage, bien que ce genre soit encore considéré comme mineur comparé à la peinture d’histoire ou au portrait. Le paysage émerge progressivement comme un sujet autonome, marqué par des influences étrangères et l’éclosion d’une sensibilité proprement britannique.

À l’époque, la peinture de paysage pure est encore peu prisée. Elle est souvent reléguée au rang de décor ou d’arrière-plan pour des scènes historiques ou religieuses. Sa valeur tient moins à la représentation de la nature qu’à sa capacité à illustrer un récit ou un thème noble.

Le développement du paysage britannique est largement impulsé par des artistes flamands et hollandais qui s’installent en Angleterre ou dont les œuvres y sont importées et admirées. Leur maîtrise du naturalisme et de la lumière va être déterminante. Certains artistes se spécialisent dans le paysage topographique.

Il y a notamment Anthony van Dyck =Jan Wyck= Peter Lely = Hendrick Danckerts = Jan Siberechts = Jacob Knyff= Abraham Hondius .

Toutefois quelques peintres nationaux vont émerger comme Francis Barlow = Thomas Smith of Derby = Wenceslaus Hollar =Robert Streeter = Nathaniel Bacon =

_Jacob_Knyff
Anthony Van-Dyck
Anthony Van-Dyck
Francis_Barlow
Hendrick_Danckerts
Hendrick_Danckerts
Jan_Siberechts
Jan_Wyck
Peter Lely
Robert Streater
Thomas_Smith
Thomas_Smith
Nathaniel Bacon

Le paysage et les arts visuels 5/.. Les paysagistes français du 17ème siècle

Le XVIIe siècle français en peinture est dominé par le classicisme et la hiérarchie des genres établie par l’Académie royale de peinture et de sculpture. Dans cette classification, la **peinture de paysage** se situe encore assez bas, loin derrière la peinture d’histoire, considérée comme le genre noble par excellence. Pourtant, des artistes de talent ont œuvré dans ce domaine, posant les bases de ce qui deviendra, au siècle suivant, un genre majeur.

En France, la conception du paysage au XVIIe siècle est alors fortement influencée par des modèles italien, hollandais et flamand. Cependant, le paysage sans sujet historique prédominant peine à s’imposer. Il est souvent nécessaire d’y intégrer une « histoire » pour lui donner sa légitimité.. Cependant les peintres paysagistes français sont parvenu à élever le paysage au rang d’art intellectuel et poétique,

Parmi les peintres du 17ème siècle qui se sont imposés dans le domaine du paysage, il y a eu notamment : Claude Gellée, dit Le Lorrain = Nicolas Poussin = Pierre Patel = Les frères Antoine, Louis et Mathieu Le Nain = Sébastien Bourdon, = Étienne Allegrain

D’autres peintres, même s’ils sont moins connus ont marqué la peinture de paysage français  comme Gaspard Dughet = Francisque Millet = Jean Lemaire = Pierre Patel le Jeune = Louis de Boullogne le Jeune= =Hermann van Swanevelt

Claude Gellée dit le lorrain
Claude Gellée dit le Lorrain
Claude Gellée dit le Lorrain
Nicolas Poussin
Nicolas Poussin
Francisque Millet
Gaspard Dughet
Jean Lemaire
Louis Le Nain
Pierre Platel
Pierre Platel
Pierre-Antoine Platel
Étienne Algrain
Sébastien Bourbon

Le paysage et les arts visuels -4/.. Chez les flamands du 17ème siècle

Le 17ème siècle dans les Pays-Bas méridionaux. est marqué par la Contre-Réforme et la domination espagnole, puis autrichienne. Contrairement aux Provinces-Unies (Pays-Bas du Nord), où la peinture de paysage reflète souvent une société protestante et marchande, la Flandre catholique reste sous influence aristocratique et ecclésiastique. Pourtant, le paysage y devient un genre à part entière, porté par une demande croissante de la bourgeoisie et de la noblesse.

Parmi les caractéristiques du paysage flamand , on relève la diversité des sujets : forêts, rivières, montagnes, les scènes hivernales, les paysages nocturnes. Les peintres utilisent la perspective atmosphérique, une palette contrastée entre ombres et lumières.

Les principaux maîtres du paysage flamand sont : Jan Brueghel l’Ancien dit de velours = Joos de Momper = Tobias Verhaecht = Lucas van Valckenborch = Gillis van Coninxloo = Peter Paul Rubens

Mais aussi Gysbrecht Leytens = Alexander Keirincx =Lodewijk de Vadder =Cornelis Huysmans =Jan Wildens =Peeter Gysels =Jacob Savery =Hendrick van Steenwijck le Jeune

Gillis_van_Coninxloo
Jan_Brueghel de velours
Joos_de_Momper
Pieter_Gysels
Tobias_Verhaecht
Peter Paul Rubens
Lucas_van_Valckenborch
Gijsbrecht Leytens
Lodewijk_de_Vadder
Alexander Keirincx
Cornelis_Huysmans
Hendrik_van_Steenwijk_II
Jan Wildens
Jacob_Savery

Le paysage et les arts visuels – 3/.. Chez des peintres néerlandais du 17ème siècle

Après la révolte contre l’Espagne et la fondation de la République hollandaise (1581), les Pays-Bas du Nord connaissent au 17ème siècle , appelé Siècle d’or, un essor économique, commercial et culturel sans précédent.

La bourgeoisie marchande, enrichie par le commerce maritime, devient la principale mécène des artistes. Le paysage incarne les valeurs protestantes (humilité, travail, harmonie avec la nature) et la nouvelle identité nationale. C’est l‘âge d’or de la peinture néerlandaise.

Les caractéristiques du paysage néerlandais sont la représentation fidèle des paysages locaux avec les dunes, les canaux, les moulins, les forêts. Les thèmes variés ,hivernaux, lunaires, fantastiques. Avec des symboles comme la tempête pour la colère divine et la temps calme la prospérité. Et l’utilisation de la perspective atmosphérique.

Parmi les grands paysagistes de cette époque sont Jacob van Ruisdael= . Meindert Hobbema, = Aelbert Cuyp = Philips Koninck = Jan van Goyen =Rembrandt van Rijn= Salomon van Ruysdael= Pieter de Molyn= Hendrick Avercamp= Esaias van de Velde= Hercules Seghers

Mais aussi un peu moins connus Nicolaes Berchem=Paulus Potter =Karel Dujardin=Philips Wouwerman =Jan van der Heyden = Gerrit Berckheyde.= Jan Porcellis =Jan van de Cappelle,=Abraham Storck= Allart van Everdingen = Anthonie Jansz = Aert van der Neer = Hendrick Cornelisz Vroom[= = Govaert Flinck = Hendrick Dubbels = Jan Wijnants = Joost Cornelisz Droochsloot = Pieter Jansz Saebredal = Simon de Vlieger =Willem van de Velde l’ancien = Willem Van de Velde le Jeune =Adriaen van de Velde

Jacob van Ruisdael
Jan van Goyen
Jan Both
Aelbert Cuyp
Meindert Hobbema
Philips Koninck
Salomon van Ruysdael
Adriaen-van-de-Velde
Hercules Seghers
Rembrandt – dessin
Rembrandt – paysage peint
Essayas van de Velde
Simon-de Vlieger
Jan Vermeer
Jan Vermeer

Le paysage et les arts visuels. 2/.. Pendant la Renaissance

Pendant la Renaissance, le paysage s’émancipe lentement du rôle secondaire qu’il occupait depuis le Moyen Âge. Dans les tableaux religieux ou mythologiques, il n’est plus seulement un décor : il devient un espace où s’expriment la lumière, la perspective et le sentiment du monde. Les artistes redécouvrent la nature comme un lieu d’harmonie, où l’ordre géométrique du regard humain rencontre la beauté de la création.

L’art du paysage pendant la Renaissance s’est construit autour d’histoires bibliques, mythologiques et historiques. À cette époque, très peu d’artistes font du paysage le sujet principal de leurs œuvres. Il est toujours en arrière-plan. Les avancées mathématiques de l’époque ont profondément touché la peinture de paysage. En effet, les multiples découvertes mathématiques et scientifiques ont apporté une meilleure compréhension de la perspective et de la proportion, ce qui a radicalement transformé les représentations de paysage .

La peinture de paysage a été reconnue officiellement comme genre artistique au 16e siècle, se plaçant aux côtés de la peinture d’histoire, du portrait, de la peinture de genre et de la nature morte. Malgré ce titre, le genre du paysage va encore rester insignifiant, jugé inférieur aux autres genres plus traditionnels et académiques. . Mais une fois encore, le paysage est au second plan, laissant le récit mythologique de Charon et les Enfers au premier plan.

En Italie, les innovations techniques changent tout. L’invention de la perspective linéaire au XVe siècle permet aux peintres d’organiser l’espace de façon cohérente : la profondeur du paysage devient un instrument de composition. Chez Piero della Francesca, Giorgione Léonard de Vinci ou le Pérugin, le ciel et les collines ne sont plus des motifs symboliques, mais des plans vivants où la lumière modèle le relief.

Mais la nature reste encore « idéale ». Elle reflète un équilibre mathématique, presque spirituel. On cherche moins à reproduire un lieu réel qu’à évoquer une perfection du monde — un ordre harmonieux entre l’homme et la terre.

Dans le Nord, la vision est différente. Les peintres flamands, attachés à la précision du détail, développent un regard empirique et concret. Joachim Patinir est souvent considéré comme le premier véritable « peintre de paysage » : ses tableaux, comme Le Repos pendant la fuite en Égypte, montrent des vallées et des rivières vues depuis un point de vue élevé, où la scène religieuse semble presque se perdre dans l’immensité du monde. Pour la première fois, le regard du spectateur est invité à se promener dans la nature. Il faut citer Pieter Bruegel l’Ancien, Jérôme Bosh sans oublier l’allemand Albrecht Dürer .

Albrecht Dürer – Etang
Albrecht Dürer – Paysage
, Joachim Patinir Fuitre en égypte
Joachin Patinir -Saint Jérôme
Pieter Breughel -Les chasseurs dans la neige
Pieter Breughel -La pie et le gibet
Le Pérugin
Léonard de Vinci
Piero della francesca – Nativité
Jérôme Bosch – Le jardin des délices
Giorgione